09/06/2009

Les carrières de meules de Cantadur à Saint Quentin la Poterie

 

Samuel Longepierre est présent au sein de l’association H.C.U depuis sa prime jeunesse.

Il a fait connaissance avec l’archéologie en suivant Albert Ratz sur les différents et nombreux chantiers de fouilles de sauvegarde dont celui-ci était chargé de rendre compte à la DRAC  Languedoc-Roussillon.

Il a découvert, avec lui, les belles carrières romaines de Cantadur, sur les hauteurs de Saint-Quentin-La-Poterie.

C’est donc tout naturellement qu’il s’est tourné vers ce gisement encore inexploré pour en faire sa thèse de doctorat en archéologie.

 

 

 

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Samuel Longepierre au coeur de la carrière de Cantadur

 

 

 

Les carrières de Cantadur à Saint Quentin la Poterie

Cet été s’est achevée la dernière campagne de fouille d’un projet débuté dès l’année 2004 et qui concerne la production de meules à grains d’époque romaine sur la commune de Saint-Quentin-la-Poterie. Nous proposons ici une synthèse des principaux résultats obtenus à l’issue de ce projet qui a été réalisé dans le cadre de l’association HCU.

Il est très fréquent de retrouver des fragments de meules lors de prospections pédestres menées en surface de sites antiques, ces objets, nécessaires à la fabrication de la farine, étant d’un usage très courant aux périodes anciennes. Il y a encore quelques années seulement, seuls trois centres de production de ces meules étaient connus pour l’époque romaine dans le Sud-Est de la France. Il s’agit de la meulière d’Agde dans la vallée de l’Hérault, et pour la Provence, de celle de l’arrière pays toulonnais et de celle du massif de l’Estérel au nord de Fréjus. La découverte récente d’une grande meulière d’époque romaine à Saint-Quentin-la-Poterie permet désormais de compléter la carte de répartition des meulières antiques recensées en Languedoc et en Provence.

Le village de Saint-Quentin-la-Poterie est situé au centre d’un bassin sédimentaire délimité au nord par une chaîne de massifs calcaires du Jurassique. Parmi ces collines se situe, et de manière très localisée sur une quarantaine d’hectares seulement, un massif de conglomérat et de grès d’époque Miocène affleurant aux alentours de la Tour de Cantadur. A la fois résistant et abrasif, le matériau particulier présent au sein de ce massif possède ainsi toutes les caractéristiques recherchées dans l’obtention d’une pierre meulière de qualité. Cette formation a été exploitée, de l’époque romaine au XIXe siècle, dans différentes carrières de meules. Loin d’être homogène, elle associe trois principaux gisements, chacun étant caractérisé par une texture de matériau spécifique. Le matériau le plus fin, issu du gisement de type A, n’a été exploité que durant l’Antiquité. En témoigne encore la présence de très importants vestiges d’une carrière de meules romaine qui a eu la chance de ne pas être détruite par les exploitations postérieures. Souvent en effet, les sites de meulières d’époque moderne, nombreux dans notre région, ont fait disparaître les traces d’exploitations plus anciennes.

 

 

 

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Exemple d’extraction des meules en tubes dans la meulière romaine

 

 

Lors de notre première visite sur le site en 2004, nous n’étions pas certains de l’origine romaine de la carrière évoquée. Après cinq années de recherche sur la thématique des meules menées en collaboration avec des géologues et des archéologues, l’attribution de ces vestiges à cette période est désormais avérée. Le déboisement par la commune de Saint-Quentin, il y a près de deux ans maintenant, du site de la meulière romaine, auparavant impénétrable, nous a permis d’apprécier la qualité des vestiges conservés, tant ils sont évocateurs de l’activité artisanale originale qui s’est déroulée en ce lieu.

 

En l’absence de plan réalisé pour les autres meulières romaines connues dans le Sud-Est de la France, ce plan présente un intérêt majeur. Il permet de mieux comprendre l’organisation de l’activité au sein de la carrière. La répartition des fronts de taille semble en effet indiquer l’existence d’une division parcellaire de la carrière en quatre concessions, trois étant de même taille et une quatrième faisant une fois et demie, précisément, la largeur des précédentes. Dans cette hypothèse, ces concessions auraient été attribuées à des exploitants différents, ces derniers résidant au sein d’établissements ruraux situés au pied de la meulière. Mentionnons que ce type de division parcellaire est bien attesté parmi la meulière romaine de Mayen, en Allemagne.

 

 

 

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Ebauche de meule manuelle abandonnée en cours d’extraction dans la meulière romaine

 

Des ateliers de taille situés au pied de la meulière

 

Une prospection pédestre menée de manière quasi systématique dans les champs situés au pied du massif de pierre meulière a permis de recenser une quinzaine d’établissements ruraux d’époque romaine. Sur quatre d’entre eux, de nombreux éclats de taille de meules, ainsi qu’une cinquantaine d’ébauches de meules manuelles ont été observés. Ces différents artefacts proviennent tous du gisement de type A exploité par la meulière antique précédemment évoquée. D’autre part, les ébauches de meules retrouvées sur ces sites ruraux sont à tous les stades de fabrication et contrastent ainsi avec celles, situées sur la meulière antique, qui sont brutes d’extraction, ou seulement sommairement dégrossies. Ces observations ont ainsi permis d’envisager l’existence d’ateliers de taille répartis au sein d’établissements ruraux antiques voués, parmi d’autres activités, au dégrossissage et à la finition de meules préalablement extraites dans un même site d’extraction.

 

 

 

 

 

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Etablissements ruraux du Bas-Empire recensés au pied des meulières, dont 4 liés à la production de meules

 

 

Texte et photos de Samuel LONGEPIERRE publiés dans le bulletin n° 110 d'Histoire et Civilisation de l'Uzège.

 

 

 

16/05/2009

Histoire d’hier, Combat de demain

Lycée d'Uzès 1974 – 1980

 La Convention de l’UNESCO de 2003 définit le patrimoine culturel immatériel ou patrimoine vivant comme  « les pratiques, représentations, expressions, ainsi que les connaissances et savoir-faire que des communautés, les groupes et, le cas échéant, les individus reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine culturel» et précise : « procure aux communautés et aux groupes un sentiment d’identité et de continuité »

 L’histoire du combat mené de 1970 – 1980 pour la sauvegarde du lycée d’Uzès s’inscrit tout à fait dans l’esprit de la convention et fait partie intégrante de notre patrimoine.  

 

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Sur ce sujet, les Editions « Champ Social » viennent de publier un livre intitulé : « Histoire d’hier, Combat de demain » écrit par Nicole BOUYALA et préfacé par Bernard PINGAUD.

 

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Dans cet ouvrage, il est question de la bataille menée, dans les années 1970, pour s’opposer à la fermeture décidée par le Rectorat du Lycée d’Uzès. La victoire a été obtenue après six années  grâce à l’audace, la persévérance, l’imagination et l’esprit citoyen qui ont marqué cette lutte exemplaire.

La plus spectaculaire des actions menées fut la création d’une « Terminale Sauvage ». Elle fut aussi déterminante. Deux ans après, le lycée obtint la création d’une terminale scientifique indispensable à sa survie, et fut réinscrit à la Carte Scolaire en 1980.   

 

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Carole BERTHELEMY - Martine BLANC - Philippe BOUYALA - Frédéric CHARMASSON - Ghislaine CHARMASSON - Philippe CORTICCHIATO – Guy DARBOUSSET – Olivier FERNANDEZ - Maria ROQUES - Martine ROURA - Elisabeth VACHIER.

 

Cette démarche est apparue intéressante pour permettre la compréhension de cette histoire ancienne et son rapport avec l’histoire d’aujourd’hui. Si on ne refait jamais l’Histoire avec un grand H, on peut en refaire une lecture qui montre à des élèves déjà confrontés à la difficile problématique de l’enseignement, comment on peut parfois influer sur des décisions venues d’en haut.

Il ne s’agit pas de faire la révolution, mais de prendre conscience que lorsque l’on s’engage dans une lutte, les paramètres sont nombreux, et que les décisions prises conduisent parfois beaucoup plus loin qu’on ne le pensait.

Les onze élèves de Première C et D (telles étaient les terminologies de l’époque) qui ont fait le choix en accord avec leurs parents de ne pas accepter de partir à Nîmes, Alès ou Bagnols pour effectuer leur Terminale n’ont sûrement pas réalisé, au départ, l’audace de cette décision. Les unes et les autres n’ont pas imaginé quand ils ont participé à cette « Terminale Sauvage » qui a marqué un tournant décisif dans le « sauvetage du Lycée », qu’ils étaient  en train de construire localement l’Histoire de demain. Ils ne voulaient pas quitter leur ville, se séparer de leurs copains, de leur milieu, ce n’était pas une conviction qui les animait c’était plutôt le refus d’aller ailleurs.

Au fil des jours, au fur et à mesure face à l’intérêt qu’un peu partout leur  démarche a provoqué, ils, elles ont pris conscience de l’importance de l’enjeu.

Le souci de la réussite au bac, primordial au départ s’est peu à peu effacé pour laisser place à la découverte de nombre de valeurs ignorées jusqu’alors :

La solidarité, la prise de conscience d’une lutte, les limites de l’autogestion etc.…

Ils se sont découverts comme acteurs d’une cause dont ils n’avaient pas mesuré l’ampleur et les conséquences sur le développement même de leur lieu de vie.

Peut-on en 2009 imaginer cette ville et cette petite région l’Uzége sans lycée ?

Combien de familles ne s’y seraient pas installées, combien d’autres l’auraient quittée ?

Les Onze « sauvages » n’avaient pas pensé à tout cela.

C’est dans ce lycée Charles Gide maintenant prospère avec ses 735 élèves (l’effectif était descendu jusqu’à 95 en 1975) que l’ouvrage sera présenté, en première, au public uzégeois avant de prendre son envol national.

 

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En collaboration avec le Proviseur, Jean Michel CABANIS et la communauté éducative du lycée Charles GIDE, une manifestation sera organisée le

                           Mardi 19 mai 2009.

Le programme proposé comprendra une première partie réservé aux élèves :

·        Une exposition conçue à partir d’articles de presse sera présentée au CDI à partir de vendredi 15 mai 2009.

·        Lycéens d’aujourd’hui et anciens feront revivre la contestataire "Classe Sauvage" à travers un dialogue animé par un enseignant d’hier (André AUBIN) et un d’aujourd’hui (Luc CHAREYRE). Cette  

·        Une conférence sur le thème : « La classe sauvage » introduira le livre « Histoire d’hier, Combat de demain »

La deuxième partie, composée de deux autres conférences : « L’Uzége rebelle » et « Une telle histoire pourrait elle être possible aujourd’hui ? », sera accessible au public. Elles se dérouleront à partir de 15 h 30 dans le foyer socioculturel du lycée. L’auteur, Nicole BOUYALA qui a été au cœur du combat et plusieurs autres personnes (élèves, enseignants, parents) qui l’ont accompagnées vous feront revivre cette lutte qui a permis à Uzès de reprendre vie.

L’exposition pourra être vue par le public à partir de 14h 30.

 

La signature de l’ouvrage clôturera cette manifestation.

 

La photo de la "Terminale Sauvage" a été gracieusement mis à notre disposition par Jacques ROUX

15/04/2009

Uzès dans les guides et les guides d’Uzès

Uzès dans les guides et les guides d’Uzès par Christian FELLER, illustrations de Gérard DEPRALON

Si, Histoire et Civilisation de l'Uzége n'est pas directement impliquée dans la publication de cet ouvrage, l'auteur est adhérent de l'association et c'est à ce titre que nous présentons son livre.

Il existe de nombreux ouvrages savants sur la Ville d'Uzès contant l'histoire de la cité ducale et de ses monuments. Par contre, la façon dont Uzès a été vu et vécu dans des passés lointains ou proches par différents voyageurs ou visiteurs n'a été que rarement rapportée. rauteur de cet ouvrage, à travers une promenade dans sa propre bibliothèque et dans les fonds de la médiathèque d'Uzès nous fait découvrir ces témoignages du passé.
Le deuxième objectif de l'auteur est de nous présenter ces guides ainsi que d'autres ouvrages (non historiques) traitant spécifiquement d'Uzès, comme des livres de souvenirs, des livres de photos, ou des livres d'art dont le point commun est toujours l'amour d'Uzès.
C'est ainsi que l'auteur nous entraîne d' «Uzès dans les guides» aux « guides d'Uzès ».
(Extrait 4ème de couverture)


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Dans la préface, Mireille OLMIERE, archiviste de la ville d'Uzès, précise :
"... En effet, ces textes nous renseignent sur le regard que nos prédécesseurs ont posé sur la ville. Souvenirs d’un vécu, d’une brève visite, d’un enchantement ou d’une déception, description administrative ou géographique, ils viennent par leurs récits, sommaires ou détaillés, combler un peu ce vide. A leur lecture, se dessinent les contours de la ville autrefois, sensation plus que perception pour les temps les plus reculés, esquisses à peine ébauchées pour des époques moins lointaines, images nettes et précises lorsque le texte guide le visiteur et oriente son regard... "

Illustration par Gérard Depralon.jpg
Illustration par Gérard Depralon.jpg

Cet ouvrage, édité par LUCIE EDITIONS - Collection Patrimoine, présente un intérêt certain pour tous ceux qui voudraient visiter Uzès à travers le temps. Vous le trouverez en vente dans les librairies d'Uzès ou sur le site : www.lucie-editions.com

06/04/2009

BULLETIN n° 110

Le numéro 110 de la revue d’Histoire et Civilisation de l’Uzège vient de paraître.

Samuel Longepierre est présent au sein de l'association H.C.U depuis sa prime jeunesse. Il a fait connaissance avec l'archéologie en suivant Albert Ratz sur les différents et nombreux chantiers de fouilles de sauvegarde dont celui-ci était chargé de rendre compte à la Drac L.R.
Il a découvert, avec lui, les belles carrières romaines de Cantadur, sur les hauteurs de Saint-Quentin-La-Poterie. C'est donc tout naturellement qu'il s'est tourné vers ce gisement encore inexploré pour en faire sa thèse de doctorat en archéologie. En complément de ces fouilles, le chantier archéologique de la villa gallo-romaine de Roquésis a permis de mettre en évidence le lien entre l'activité artisanale de cet établissement et l'extraction des meules de Cantadur.
Ces 5 années de recherches assidues ont débouché sur cette découverte majeure dont il nous rend compte dans ce bulletin qui lui est entièrement consacré.
Des extraits seront communiqués ultérieurement sur le blog.



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Adhèsion à l'association :
- individuel : 12 €
- couple : 19 €

28/02/2009

Les églises de Belvezet

Le village de Belvezet situé en Uzége possède deux églises. L'abbé Goiffon dans son « Dictionnaire du diocèse de Nîmes» nous en donne l'explication :
«... L'église paroissiale, située à l'une des extrémités de la paroisse, est fort ancienne; elle fut considérablement agrandie, vers 1820 ; mais cette réparation ne fut pas exécutée d'une manière intelligente et ébranla fortement l'édifice, dans les murs duquel se sont produites depuis des lézardes considérables. On s'occupe en ce moment (1) de la construction d'une nouvelle église en un point plus central...».
Peut être, est ce de cette situation qu'est née cette historiette que nous conte Jean Mignot (2) :

« Si Belvézet és sus vosté cami, anas ou véire, ai pas menti, dos gleysos y trouvarés ».
«Si Belvézet est sur votre chemin, allez voir, vous y trouverez deux églises ».
Les catholiques de Belvézet, se trouvaient à l’étroit dans leur église. Elle était basse et écrasée, « coum’ un four », comme un four ; comme une poule qui couve ses petits elle ne pouvait pas protéger tous ses petits sous ses ailes. « Ero pichoto dé tout lat » : petite de tous côtés.
Les habitants vont trouver le père curé et obtiennent sa permission pour surélever leur église. Et après s’il est d’accord, ils l’élargiraient. Lou Capelan leur dit : « vous avez peut-être bien raison » « Béléou avès rasou ».


Eglise romane Saint André.jpg


Eglise romane Saint André.jpg




Les braves gens se mettent à l’œuvre. Tout le monde se met à la tâche. Avec tombereaux et charrettes ils transportent… du fumier qu’ils versent au pied des murs tout autour de l’église. « Voulen la faïre mounta. Boutan à sous pès dé fén. Veires aquo dins quaouqué tén ». Lou Capelan pensait : ils ont devenus fous ! « Moun troupèl és vengu baou ».
Ils attendaient que le fumier produise son effet. Une grosse pluie intervint. Le fumier se tassa et on vit alors la trace qu’il avait laissé sur les murailles. Uno raillo que marcavo l’endré prumier : Un trait qui marquait le niveau atteint par le tas de fumier. Au moins cinq pans ! Tout heureux, ils vont vite chercher leur Capelan pour qu’ils viennent constater leur réussite. Nous avons bien travaillé. Maintenant il va falloir penser à l’élargir. « Vèné veire s’aven bién travailla. De cinq pans la gléyso a mounta. Perqué avén bién réussi fôou pénsa à l’éslarji »
Et ils se remettent au travail. Les Catholiques, les protestants, les dévôts et les moins dévôts, tous se mettent à la tâche. Comme il faisait très chaud ils enlèvent vestes et vestons et les déposent en tas devant la porte, puis entrent à l’intérieur et se mettent à pousser les murs. Non pas avec leurs bras tendus en avant mais en poussant avec leur postérieur : « lou quiou aou mur, lou cap de faço aou Priou, la tête face au Prieur, anén ! Couméssan. Atténciou ! Oh hisso ! un cop de quiou ! oh hisso ! a moun coumandamén oh hisso !
Pendant qu’ils étaient ainsi dans l’église, passe un pauvre chemineau (3) un fataire, voyant le tas de vestes et vestons, s’empare des vêtements. La bonne aubaine. Au moins cela il ne l’aurait pas volé. Merci grand saint Martin !
« Si sourtissian per véire sé lou traval és avança » Si nous allions voir si le travail a bien avancé. Ils sortent. Plus de vestes ! « Eh bien nous y avons fait ! l’église s’est bien élargie, la preuve c’est que nous ne voyons plus les vestes, elles sont cachées ! », « la gléyso s’és éscartado, a prouvo, las vestos sous catados ».
Lou Capelan les remercie et invite tous ses paroissiens à se retrouver le dimanche suivant pour une grand messe. « Mé aou prumié dimenché arriva, agérou pas dé péno per s’avisa, qué la gleyso éro coumo davan. ». Il fallu se rendre à l’évidence : rien n’avait bougé. L’église était comme avant !
Alors le brave curé s’adressa à ses paroissiens : « Mes enfants je vous remercie, vous êtes de bons travailleurs, mais je crois que ce serait mieux, si le travail ne vous fait pas peur, de nous mettre à bâtir une nouvelle église. » « Graméçis, mous éfans, sès dé bos travailladous, mè crésé qué sariè méillou sé l’obro vous fai pas pôou à faire dé nôou. »
Et voici nos braves habitants de ce charmant village qui se remirent à l’œuvre pour bâtir une nouvelle église bien adaptée à leurs besoins. Faisons du neuf ! Pour la cérémonie de bénédiction de la nouvelle église, une longue procession partit de la vieille église pour aller vers le nouveau bâtiment, en chantant ce refrain : « Tournarén à la Vieillo, richo dé souvéni. Anaren à la Novo, quo nous fara plasi » Nous retournerons à la Vieille, riche de souvenirs, nous irons à la neuve, ça nous fera plaisir !

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Eglise du fin XIXe siècle.jpg






Allez à Belvézet ce charmant village de l’Uzège, vous y trouverez avec sa vieille et belle église qui menace ruine malgré les efforts de quelques habitants et d’une association pour sa sauvegarde, et tout au bout de la traversée du village en allant vers le mont Bouquet, vous verrez la belle et grande église, la plus grande église de tout le secteur des Seynes, aujourd’hui bien trop grande pour les quelques rares paroissiens et pour les si rares messes que l’on peut y célébrer !
Cette histoire fait partie de la « tradition orale » locale et des histoires amusantes sur Belvézet. Il ne faut rien y voir de blessant pour ses habitants. On trouve ici et là dans la région des versions un peu différentes sur les mêmes thèmes, et sur d’autres lieux, avec des nuances et des fioritures que seule notre belle lengo nostro peut traduire.

Jean Mignot

Le texte que j’ai utilisé ici est celui du Chanoine Maurin, bien connu dans notre diocèse, dans son livre « Lous contes del Pacanard » paru en 1980 sur les presses de l’imprimerie Bené.

(1) Le "Dictionnaire du diocèse de Nîmes" est paru dans sa version initiale en 1881.
(2) Cette historiette est paru dans la revue « Clochers en Uzège » n°4 - Juin 2008
(3) Le mot chemineau', de chemin, était appliqué aux ouvriers agricoles qui se déplaçaient de ferme en ferme pour louer leurs services. C’est le vrai sens et la vraie traduction du « fataire » . Par extension le terme gagne une connotation péjorative de vagabond.

Photos de Jean Mignot

02/01/2009

Saint Hippolyte de Montaigu en Uzège

Après avoir fait éditer « Lou parage d'Usès - Le pays d'Uzès », de Jean Bernard Vazeille et Bernard Malzac, « Légendes, fantasmes et historiettes de l’Uzège et de la vallée de la Tave » d’Albert Ratz, Histoire et Civilisation de l'Uzège présente une nouvelle publication de Georges FABRICIUS intitulée Saint Hippolyte de Montaigu en Uzège:

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Ce livre nous raconte l’évolution de Saint-Hippolyte-de-Montaigu dès ses débuts moyenâgeux jusqu’à nos jours. Saint-Hippolyte-de- Montaigu, le plus petit village de l’Uzège, est en effet riche de dix siècles d’histoire.
Avec talent, ce récit évoque l’histoire de la paroisse, des bâtiments aux trésors parfois cachés, des grandes personnalités locales et des faits divers qui, en somme, constituent l'âme de ce charmant village au pied du Montaigu.
À travers des documents historiques et des interviews avec les anciens du village, on y retrouve l’atmosphère si particulière de notre campagne languedocienne.
L’auteur, habitant du village, est un passionné de la recherche historique.

Ce livre est édité par LUCIE EDITIONS - Collection Patrimoine. www.lucie-editions.com/

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BON DE COMMANDE


Nom – Prénom :

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Nombre d’exemplaires : ............ X 17 euros + frais d’envoi


Pour toute commande, écrivez à : georges.fabricius@wanadoo.fr ou à l'adresse du blog

29/12/2008

Meilleurs voeux pour l'année 2009

Bono annado, bèn granado, bèn acoumpagnado
Bòna annada, ben granada e ben acompanhada
Bonne année, bien prospère, et bien accompagnée



Au nom du Conseil d'administration d'Histoire et Civilisation de l'Uzége, j'adresse nos meilleurs voeux pour cette année 2009, qu'elle apporte à chaque lecteur santé, sérénité et solidarité (liste non exhaustive).
Pour illustrer cette année 2009, j'ai choisi ce poème publié par Albert Roux, il y a 100 ans. Certes, les préoccupations de l'auteur nous paraissent bien lointaines, mais son interrogation sur le devenir reste éternelle : ...l’aveni ; De que sera ?....


1909 (1)

Déjà traùco l’aùbo e fai pinchoun ;
Es jouino e ben pourtanto,
A la coulour fresco, bono façoun,
Es l’aveni que nous encanto.

Es l’aveni ; De que sera ?
Es l’esperenço ; mai, belèu,
Tout ensemblo foudra’ntera :
Aqueli dous mot soun trop bèu !

A ! de segu, s’ere lou mestre,
Ou dise doù foun doù cur :
Des-es-noù cent noù, qu’anan estre,
Seriè l’annado : BONUR ! (2)

Bonur per lou Gard à Paris. (3)
Aquel journal tant sincère,
Tant pouli e tant plasen,
Souhaite que toujour prouspere
E dure
La vido de Matieù Salem ! (4)

ALBERT ROUX
De Sanilha dou Gard

1909

L'aube fait son apparition.
Elle est jeune, elle est bien portante,
Fraîches couleurs, bonne façon,
Elle est l'avenir qui enchante.

Elle est l'avenir ; qu'en penser ?
Elle est l'espérance ; qui sait
S'il ne faudra pas enterrer
Ensemble ces deux mots trop gais ?

Ah, certes, si j'étais le maître,
Je le dis du fond de mon cœur,
L'an mil-neuf cent neuf qui va naître
Serait nommé l'année BONHEUR !

Bonheur pour le Gard à Paris,
Ce journal tellement sincère,
Si agréable et si joli,
Je souhaite que toujours prospère,
Il vive
Aussi vieux que Mathieu Salem !

(1) Ce poème est une adaptation de celui qui est paru dans la revue « Le Gard à Paris » le 1er janvier 1906. Cette variante a été présentée dans le « Journal d’Uzès » en janvier 1909. La version 1905 – 1906 a été publiée dans « Lou Parage d’Usès/ Le pays d’Uzès » (B. Malzac – J.B Vazeille Lucie Editions 2007)

(2) L’année 1909 sera effectivement une période de bonheur pour Albert Roux :

=> Par arrêté du 20 janvier 1909, il a été promu officier de l’Instruction publique. Cette distinction créée en 1808 était destinée au personnel de ce qui est devenu l’Education Nationale. En 1850 (décret du 9 décembre), la décoration devient indépendante du grade universitaire, le titre d’Officier de l’Instruction Publique remplace celui d’Officier de l’université. Sous le second empire, le décret du 27 décembre 1866 étendit l’attribution des Palmes aux savants, aux littérateurs ainsi qu’aux personnes ayant bien mérité de l’Instruction publique.
Le dossier transmis au Ministère par la Sous-préfet d’ Uzès nous donne des indications sur cette promotion :
Fonctions actuelles
- Poète - conférencier
Fonctions qu’il a remplies antérieurement
- Membre correspondant de l’Académie de Nîmes
- Lauréat des jeux floraux du Languedoc
- Auteur de divers petits fascicules et de conférences.

L’annonce de cette distinction fut faite lors de la séance de l’Académie de Nîmes du 6 février 1909.
=> Autre motif de satisfaction, la création du Muséon Uzétien dont il fut l’initiateur et la cheville ouvrière. Tout comme Frédéric Mistral à Arles (Muséum Arlaten), Albert Roux souhaitait que la ville d’Uzès possède un musée où seront exposés tous les objets qui ont fait l’histoire et la vie de l’Uzège. Dans un article du journal d’Uzès de mai 1909, il décrit ce que devrait être ce futur musée : « …Aquel muséon sera lou recate de tout aqueli poulido caouso que soun nascudo e que soun estade sensa l’estampia de nosti gous, de noste biaï, de noste caratèro, de nosti usage… »
« …Ce musée sera le lieu de recueil de toutes ces jolies choses qui sont nés et qui sont sensées garder l'image de nos goûts, de notre savoir faire, de nos coutumes… »

(3) La revue mensuelle « Le Gard à Paris » créée en 1905, est l’organe officiel de l’Association les Enfants du Gard, association Amicale, Philanthropique, Littéraire et Artistique qui regroupe les gardois exilés dans la capitale. Alfred Longuet, originaire de Vers Pont du Gard en fut le président pendant de nombreuses années. Albert Roux collabora dès sa création par l’envoi de textes ou de poèmes.

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(4) Le nom de Mathieu Salem est une interprétation de Mathusalem. Ce personnage est mentionné dans l’ancien testament (chapitre 5, verset 27 de la Genèse) sous le nom de Metuschélah :
« Tous les jours de Metuschélah furent de neuf cent soixante-neuf ans ; puis il mourut. » Son nom est devenu synonyme de longévité.



23/12/2008

La vigno de moussu d'Uzès / La vigne de Monsieur d'Uzès

En parcourant, l’Armana Prouvençau de 1893, j’ai trouvé ce texte de Louis Rochetin qui évoque un proverbe, aujourd’hui tombé en désuétude : « Avoir la vigne de l’évêque ». L’auteur nous en donne le sens communément expliqué tout en situant son origine dans notre ville d’Uzès.


« A Volon gagna la vigno (1) de moussu d'Uzès (2). »
« Ah, ils ont voulu gagner la vigno de monsieur d’Uzès. »



A passa-tèms, parèis, que se disié en Uzès, quand se parlavo di nóvi que creson
Autrefois, il parait qu’il se disait à Uzès, quand on parlait des nouveaux mariés qui croyaient
en se mandant de demoura toujour d'acord : « Volon gagna la vigno de moussu d'Uzès »(3).
de rester toujours d‘accord : « Ils veulent gagner la vigne de Monsieur d’Uzès ».
Vejeici l'óurigino d'aquéu prouvèrbi : Ai legi dins de vièi papié qu'un evesque d'Uzès,
Voici l’origine de ce proverbe : J’ai lu dans de vieux papiers qu’un évêque d’Uzès,
moussu d'Uzès, coume ié disien alor, poussedavo uno vigno dins soun parc, (4)
Monsieur d’Uzès, comme on disait alors, possédait une vigne dans son parc,
aquéu parc que s'espandis souto lou permenadou de nosto vilo e davalo enjusqu'à la ribiero.
ce parc qui s’étend sous la promenade de notre ville et descend jusqu’à la rivière.
Sus lou plan, se ié vesié de grandi lèio de platano magnifi, d'óume e de falabreguié espetaclous,
Sur la place, on voyait de grandes allées de platanes magnifiques, d'ormeaux et de micocouliers énormes
e sus l'apènd, uno vigno de clareto, plantado dintre la roucassiho,au mitan di roumanin, di lavando e di férigoulo.
et sur la pente, une vigne de clairettes plantée dans les cailloux, au milieu de romarin, de lavande et de thym.
Aquelo vigno èro talamen bello, que se n'en poudié pas vèire de pu bello :
était tellement belle qu’on ne pouvait en voir de plus belle :
bèn ramado. bèn fruchado, estalouiravo au soulèu si grapo vermeialo que fasien veni l'aigo à la bouco;
bien ramée , bien riche en fruits, elle étalait au soleil ses grappes vermeilles qui faisaient venir l’eau à la bouche
e lou vin que n'en raiavo, rous e linde, e dous coumo lou mèu, aurié fa reveni un mort.
et le vin qui en coulait roux et clair et doux comme le miel, aurait fait revenir un mort.
Pecaire, aquelo bello, vigno, tant drudo, tant sanitouso, es estado tuado emé tant d'autro pèr l'orro bestiolo (5),
Ah mon Dieu, cette belle vigne, si robuste, si saine, a été tuée avec tant d’autres par l’horrible bestiole
que li seco en li tétant, e aro se vèi plus à sa plaço, au mitan di roucassoun,
qui les sèche en les suçant et maintenant on ne voit plus à sa place, au milieu de la rocaille
que li mato de roumanin e li bouquet de ferigoulo.
que les touffes de romarin et les bouquets de thym.
Quand se parlo encaro en Uzès dóu vin d'aquelo vino, aco me rapello lou dóu felibre de Castèu-Nòu-dóu-Papo,
Quand on parle encore à Uzès du vin de cette vigne, cela me rappelle celui du doux félibre de Chateauneuf du Pape,
Ansèume Matiéu (6) , aquéu vin di Coumbo-Masco (7), qu'a tant bèn canta dins soun courous libre
Anselme Mathieu, ce vin des Combes-Masques qu’il a tant bien chanté dans son agréable livre
La farandoulo, ounte se legis aquesti vers galantoun :
La Farandole où on lit ces vers joyeux :

« Lou vin (8) que jito èi prefuma
« Le vin qui sort est parfumé
Coumo un bouquet de ferigoulo,
Comme un bouquet de thym
Es un baume pèr l'estouma,
C’est un baume pour l’estomac
Es un fléu d'or qu'au soulèu coulo. »
C’est un flot d’or qui coule au soleil »

Tambèn Moussu d'Uzès èro fier de sa vigno, e dins la vilo, ounte lou vin fasié,
Ainsi Monsieur d’Uzès était fier de sa vigne, et dans la ville, où le vin faisait,
en aquéu tèms, canta proun de cigalo, mai que d'un, en passant, espinchavo envejous
en ce temps là, chanter de cigales, plus d’un, en passant lorgnait envieux
aquéli bèu rasin que ié fasien lingueto.
ces beaux raisins qui leur faisaient envie.
Noste evesque, qu'èro bounias e benfasènt, e tambèn proun galejaire aguè la plasènto idèio
Notre évêque, qui était bon enfant, bienfaisant mais aussi un peu farceur a eu la plaisante idée
de faire assaupre dins la vilo que d'aro-en-la, pèr lou proumié de l'an, farié présent
de faire savoir dans la ville que dorénavant, pour le premier de l’an il ferait présent
d'un fiasco de soun vin blanc en tóuti li nóvi qu'aurien passa sa proumiero annado sènso se disputa.
d’une bouteilles on vin blanc à tous les nouveaux mariés qui auraient passé leur première année sans se disputer.
Sabe pas se se dounè forço fiasco (9), pamens crese pas que li novi agon vueja la croto de moussu d'Uzès.
Je ne sais pas s’il a donné beaucoup de bouteilles, pourtant je ne crois pas que les jeunes mariés aient vidé la cave de Monsieur d’Uzès.
D'aqui vèn que quand s'atrouvavo en Uzès de jóuini parèu que se proumetien de se jamai
De là vient que, quand il se trouvait dans Uzès des jeunes couples qui se promettaient de ne jamais
chamaia, d'èstre toujour d'acord : « Anen, disien en se trufant, aquésti d'eici volon gagna la vigno de moussu d'Uzès. »
se disputer et d’être toujours d’accord : « Allez, disait on, en se moquant, ceux là veulent gagner la vigne de Monsieur d’Uzès. »
Quand pièi nóstis amourous, contro soun espèro, avien sa proumiero disputo, se disié peréu :
Puis lorsque nos amoureux, contre toute attente, avaient leur première dispute, on disait alors :
« An perdu la vigno. »
« Ils ont perdu la vigne »

Uzès, lou 28 d'avoust 1892.(10)
Uzès, le 28 août 1892

L. Rochetin. (11)

Traduction Bernard MALZAC avec la collaboration d’André POTIN

(1) Dans les Inventaires des Archives de l’évêché d’Uzès en 1578 (Y. Chassin du Guerny et Jean Pellet) deux actes évoquent la vigne de l’évêque :
- « …de l'An 1328 et le 11 janvier signé par Me Bertrand Reinaud notaire que sur la question qu'estoit entre Messire Guilhaume évesque d'Uzès d'une part, et Messire Robert chevalier Sr d'Uzès et d'Eymargue, pour raison de la Condamine et de la vigne du Sr d'Uzès… »
- « …de l'An 1381 du 1er de février signé par Me Guilh. Thomas …Bertrand Servazant capitaine d'Uzès pour raison de la guerre avoit faict faire un fossé en la vigne épiscopale joignant les murs et maison dudit Seigneur évesque… ».


Plan du parc de l'Evêché d'Uzès 1795.jpg


Plan du parc de l'Evêché d'Uzès 1795.jpg





Archives Départementales du Gard - Côte Q 45
(2) L’origine de ce proverbe se perd dans la nuit des temps. Dans la littérature, les premières traces écrites apparaissent dans « Les aveux indiscrets » (1685) extrait des Contes et nouvelles de La Fontaine :
« … L'an révolu ce couple si charmant
Toujours d'accord, de plus en plus s’aimant
(Vous eussiez dit la première journée)
Se promettait la vigne de l’abbé… »
Le sens de ce proverbe est explicité dans le Dictionnaire des proverbes françois, et des façons de parler comiques, burlesques et familières d’André Joseph Panckoucke (1750) :
« On dit d’un mari et d’une femme qui passent la première année sans s’en repentir, qu’ils auront la vigne de l’évêque ».

(3) Au cours des siècles, la ville d’Uzès fut sous la dépendance de coseigneurs :
- Les évêques portèrent le titre de Comte d’Uzès et reçurent l’appellation de « Monsieur d’Uzès ». Mais suite à un procès contre le Duc Jean Charles de Crussol, un arrêt suprême du Parlement de Paris du 1er avril 1724, interdit à Michel Poncet de la Rivière alors évêque de prendre le titre de Comte.
- Les seigneurs laïcs, qui possédèrent successivement les titres de Baron, Vicomte, Comte et Duc. La famille de Crussol détint la seigneurie d’Uzès depuis le mariage de Simone d'Uzès avec Jacques de Crussol en 1486 (24 juin)
- Le Roi dont la présence fut symbolisée par l’élévation de deux tours, dont l’une se situait à la place qui porte aujourd’hui son nom (autrefois appelée : place du marché aux cochons) jusqu’à ce qu’il puisse acheter une des tours au centre de la ville, plus prestigieuse.

(4) Les premiers aménagements réalisés en 1667 sous l’épiscopat Michel de Poncet de la Rivière commencèrent par la création de la promenade des Ormeaux qui se situait entre le palais et la porte Saint Julien. En 1829, la destruction d’un bâtiment entre la sacristie et le pavillon Racine réunit les différents espaces (perron de la cathédrale et son esplanade plantée d’ormeaux, l’ancien jardin du Chapitre, la promenade des Ormeaux et les anciennes terrasses du Palais) pour former l’actuelle promenade des Marronniers.


Promenade des Marronniers 1911.jpg


Promenade des Marronniers 1911.jpg




(5) Il s’agit du phylloxéra, ou phylloxéra de la vigne. C’est une espèce de puceron ravageur de la vigne.
Il fit son apparition dans le Gard du côté de Pujaut en 1863. Il fallut attendre l’identification de cet insecte “phylloxéra vastarix”, par le botaniste Jules Planchon de la faculté de pharmacie de Montpellier en 1868 pour pouvoir lutter efficacement contre ce fléau.
Quand il évoque le phylloxéra, il se situe en 1892. A cette époque, l’évêché d’Uzès n’existe plus, a été supprimé à la révolution (1790) et la vigne a été remplacée par la promenade des Marronniers.

(6) Anselme Mathieu né en 1820 et mort en 1805 à Chateauneuf-du-Pape est un des sept premiers félibres, qui fondèrent le Félibrige (Joseph Roumanille, Frédéric Mistral, Théodore Aubanel, Paul Giera, Jean Brunet et Alphonse Tavan)
Anselme Mathieu ne publiera qu'un seul recueil de vers : La Farandole, qui sera préfacée par son ami Frédéric Mistral.

(7) Le vin récolté dans les vignes de Combes-Masques a été chanté par le félibre Irlandais, William C Bonaparte-Wyse :
« …E vous dise que lou flasco
Qu’amo mai lou galant diéu
Es aquéu di Coumbo-Masco
Es lou vin de Gènt Mathieu!... »
Ce poème écrit en 1866, intitulé Lou vin di felibre est extrait de son ouvrage Li Parpaioun
Le domaine Mathieu, cultivé par les descendants, vinifie encore aujourd’hui ce délicieux nectar. Un de ces vins est commercialisé sous l’appellation « Marquis Anselme Mathieu ».

(8) Coumbo Masco est un lieu dit, situé au nord-ouest du village à proximité du Rhône

(9) Fiasque. XVIe siècle. Emprunté, par l'intermédiaire de l'italien fiasco, du bas latin fiasco,
« bouteille ». Bouteille clissée (de claie : tressage d'osier ou de jonc) à long col et à panse rebondie.

(10) Le 28 août 1892 eurent lieu des Fêtes félibréennes d’Uzès en présence de nombreuse personnalités et notamment Frédéric Mistral qui présidait ces festivités. A cette occasion, un prix fut décerné Louis Rochetin pour son texte « Volon gagna la vigno de Moussu d'Uzès. »

(11) Rochetin Louis, ancien magistrat, a vécu à Arpaillargues dans le domaine qui porte son nom associé à celui de sa femme, Gabrielle, née Deleuze. Aujourd'hui, ses descendants exploitent la propriété et notamment le vignoble situé sur la commune. (Voir :
www.deleuzerochetin.com).
Il fut nommé Président de l'Académie de Vaucluse le 1er février 1890. Archéologue, il a écrit plusieurs ouvrages : " Étude sur la viabilité romaine dans le département de Vaucluse », « Le Pont du Gard », « Une inscription intéressante de la colonie d'Orange », « Les Baux dans l'antiquité »…Des articles sont publiés dans de nombreuses revues : « La Société scientifique et littéraire d'Alès », Académie du Vaucluse (Les premiers siècles du Christianisme à Uzès - Année 1898), le Journal d’Uzès ( Recherches historiques sur la ville d’Uzès –n° 13 du 29 mars 1868), l’Armana Prouvençau…

02/12/2008

La revue de presse

Les actions d'Histoire et Civilisation de l'Uzège sont régulièrement relayées par la presse écrite et maintenant électronique. Il semble intéressant pour les lecteurs du blog de faire connaître l'association à travers ces supports de communication, et présenter les différentes activités proposées qui ne sont pas forcément développées dans les textes mis en ligne.
Ces 10 derniers mois, les actions menées se sont déployées sur 3 axes :

Les bulletins et les visites

Blog Midi libre 24hactus du 14 avril 2008.jpg


Blog Midi libre 24hactus du 14 avril 2008.jpg



Républicain du 3 au 9 octobre 2008.jpg

Républicain du 3 au 9 octobre 2008.jpg



Blog Midi Libre uzes.24hactus 28 octobre 2008.jpg



Blog Midi Libre uzes.24hactus 28 octobre 2008.jpg






Le chantier archéologique sur une ville gallo-romaine à Saint Quentin la Poterie dirigé par Samuel Longepierre


Républicain du 1er au 21 août 2008.jpg


Républicain du 1er au 21 août 2008.jpg




Républicain du 22 au 28 août 2008.jpg



Républicain du 22 au 28 août 2008.jpg





La promotion des publications

Légendes, fantasmes et historiettes de l’Uzège et de la vallée de la Tave par Albert RATZ



Républicain du 2 au 8 mai 2008.jpg


Républicain du 2 au 8 mai 2008.jpg




Midi Libre du 13 mai 2008.jpg



Midi Libre du 13 mai 2008.jpg








Lou Parage d'Usès - Le Pays d'Uzès par Jean Bernard VAZEILLE et Bernard MALZAC




Prouvenço d'Aro Mars 2008.jpg

Prouvenço d'Aro Mars 2008.jpg



Extrait du Lien des chercheurs Cévenols.jpg



Extrait du Lien des chercheurs Cévenols.jpg




Blog Midi Libre uzes.24hactus 2 septembre 2008.jpg



Blog Midi Libre uzes.24hactus 2 septembre 2008.jpg




Midi Libre du jeudi 18 septembre 2008.jpg



Midi Libre du jeudi 18 septembre 2008.jpg






Républicain du 19 au 24 septembre 2008.jpg



Républicain du 19 au 24 septembre 2008.jpg




Blog Vivre à Uzès - Présentation du livre Sur Albert Roux à la Médiathèque d'Uzès.jpg



Blog Vivre à Uzès - Présentation du livre sur Albert Roux à la Médiathèque d'Uzès.jpg





Les livres sont disponibles :
- A Uzès : chez certains libraires et à l'office du Tourisme,
- A Nîmes : librairies Tessier, Siloë Biblica, Goyard
- A la librairie de Lucie Editions installée à St. Quentin la Poterie (Gard) dans les locaux d'ImagineCeramic.
- En commande : à l'Association et sur le site Web de Lucie Editions.

22/11/2008

VALLABRIX, un village en Uzège

Au pied de la colline du Brugas, au long de la dépression où coule l'Alzon qui file vers le val d'Eure, dominé par les hauteurs calcaires des garrigues, Vallabrix est un petit village de 350 habitants qui s'allonge au soleil avec ses deux visages : à l'est, le vieux village avec ses maisons serrées et les vestiges de son passé, à l'ouest, les nouvelles demeures, claires, entourées de terrains qui, fort heureusement, ont su conserver les murets à pierre sèche des anciennes « paran ». (1)
Son nom viendrait-il d'un nom d'homme gaulois Volo et de Briga: hauteur fortifiée ? (diction-naire des noms de lieux de France (Dauzat et Rostaing) ou du latin volutabrurn : auge, bourbier avec le suffixe icum comme le pense E. Negre ? Difficultés des noms de lieux !
Au Moyen-âge, il était l'un des 13 fiefs nobles du château d'Uzès. Raymond VI de Toulouse reçut, en 1209, de l'évêque, seigneur d'Uzès, le Castrum de Valabricio, après la réconciliation avec le pape.
Mais, dès la préhistoire, les premiers occupants s'étaient installés sur les pentes du Brugas (2). Ils y ont vécu, travaillé et laissé au fond des « baumo » leurs témoignages et leurs secrets.
L'exploitation industrielle moderne des ressources du Brugas (extraction de quartzite d'abord, pour la fabrication des aciers spéciaux et aujourd'hui, exploitation des sables sous-jacents) n'a pas laissé le temps aux archéologues de tout découvrir.
Pourtant, il y avait là, une dizaine d'abris sous roche et une longue implantation des peuples préhistoriques.
Dès 1974, un ouvrier de carrière, avait trouvé une belle hache polie qui fit naître de grands es-poirs. Un abri hâtivement fouillé fit apparaître des silex taillés d'âge moustérien.
L'abri n° 7 « joyau préhistorique de l'Uzège » (A .Ratz) fouillé en 1980, a révélé un travail remarquable de la céramique : tessons de vases carénés. Les motifs décorant leur col étaient uniques dans le chalcolithique du Midi, fragments de coupes polypodes rares ailleurs (brûle-parfums? objets de culte?) et aussi une trompe (3) qui reste marquée de l’empreinte des doigts du potier et sonne encore le « do » grave. Instrument des plus anciens connus et quasiment unique.

Dessin de la Trompe réalisé par Albert RATZ.jpg



Dessin de la Trompe réalisé par Albert RATZ.jpg





Mais les métaux étaient aussi travaillés au Brugas. En 1978, une oxydation colorant un os de mouton, révéla la présence de cuivre.
En 1979, une hache en cuivre et un mystérieux «burin» rare et au rôle inconnu ... outil ? étaient prometteurs .... La série des trouvailles était ouverte : épingles, poignards, perles, hache plate, alènes à section carrée ou alènes bi pointes plus rares, étaient tous de facture Fonbuxienne. Cette activité chalcolithique fut mise à jour par une fouille de sauvetage rapide avant l'avancée des bulldozers.
Le Brugas a t-il recélé une fonderie locale ? L'état des objets trouvés laisse supposer une avance technique en ce lieu.
L’exploitation industrielle moderne est elle un trait d’union avec la préhistoire ?

La civilisation gallo-romaine a marqué la plaine de son empreint : cols d'amphores et tessons ont souvent été remontés en surface par le labour des agriculteurs. Des urnes contenant des ossements ont été signalées çà et là. Une stèle du IIème siècle est exposée dans la salle du conseil de la Mairie.
La stèle présente, en particulier, un tonneau et plusieurs maillets ou marteaux : attributs d'un tonnelier. Cette belle pièce évoque, peut-être, la vocation vinicole de l'Uzège.

Stéle funéraire de tonnelier.jpg



Stéle funéraire de tonnelier.jpg






L'histoire de Vallabrix ne manque pas d'être liée aux invasions sarrasines par la mémoire popu-laire qui n'a cessé de signaler la présence, sur le terroir, d'une chapelle dédiée à Sainte Victoire et Sainte Brune, en reconnaissance d'une victoire remportée sur les Sarrazins qui avaient livré bataille, en 737, dans le quartier de Lussan à Vallabrix. Battus par les armées de Charles Mar-tel, ils se seraient réfugiés sous un rocher au-dessus duquel fut bâtie la chapelle.
Souvent recherchée ... jamais retrouvée, peut-être serait-ce autour d'elle que se serait construite l'église romane signalée dans les guides locaux comme monument du IXème et du XIème siècles.
Pour arriver à l'église, nous suivons la grand-rue et remarquons, entre les maisons François et Bonnaud, deux fragments de murs épais: Ce sont les vestiges du rempart démoli ici volontai-rement pour« ouvrir un chemin plus court pour se rendre à l'église » (délibération municipale du 4 février 1791).Car Vallabrix avait un rempart en 1791, « déjà démoli en plusieurs endroits ». C'était un quadrilatère d'énormes murailles dont il reste - presque entier- le mur Est limité par deux tours, dont l'une à moitié démolie. Au Sud, quelques traces entre le jardin public et la maison voisine. Ailleurs, les repères ne sont que des bribes, mais il est possible que deux autres tours aient été présentes à l'Ouest ? Où se trouvait l'entrée principale ? Ce rempart englobait la maison seigneuriale « Le Château » et ses dépendances : remises, magnanerie, et pigeonnier (devenu une maison d'habitation qui a conservé ce nom), un bâtiment du XVIème siècle, devenu école primaire publique, l'église, mais par contre, peu de maisons. Ce rempart était-il seulement une défense pour le château qui pouvait abriter les habitants en temps de crise ? Date-il du XIV ème siècle élevé contre les routiers qui, à cette époque- là ravagèrent Verfeuil, furent présents sous les murs d'Uzès et campèrent à St- Quentin ? Est-il plus ancien ? La question est posée.

Eglise de Vallabrix.jpg

Eglise de Vallabrix.jpg




Nous arrivons à l'église, dédiée à St Etienne. Ce bâtiment paraît immense pour un si petit village. Mais l'église romane du XI ème siècle était bien plus restreinte. Elle a presque doublée en 1856, le catholicisme progressant sous le second empire.
L'édifice roman avait une nef centrale et des bas cotés sur les voûtes desquels on peut encore voir les traces des doubleaux romans, disparus lors de l’agrandissement, ainsi que deux gros piliers centraux séparant les travées. A leur place s'étend, entre les 2 piliers restants (peut-être renforcés) un arc surbaissé très allongé et peu élégant.
Le chœur et les autels latéraux romans n'existent plus. Les fenêtres (sauf la première, coté Sud, près de l'entrée) et la rosace ont été agrandies. Le porche date de 1857, beau travail d'imitation. Le clocher est plus récent que l'église (XV ème ?). Il a été surélevé au XIX ème siècle pour pou-voir loger la grosse cloche dont Mme Foussat était la marraine. Comme elle, elle s'appelle Ursule et porte l'inscription « vox domini in virtute» (4)
Dans un campanile léger, sonne, aujourd'hui, la petite cloche.
A l'intérieur, quelques tableaux : une crucifixion, la lapidation de St-Etienne, le serpent d'airain, (copie du tableau de Rubens) et du mobilier du XVI ème sont aussi à voir.
Tout près de l'église la maison seigneuriale dont Mr Gouffet est l’actuel propriétaire. Sur la place, la porte d'entrée, surmontée du blason martelé à la révolution, s'ouvre sur une petite cour intérieure. A droite, un puits, source de toutes les légendes : veau d'or, chèvre d'or, souterrain reliant Uzès à Vallabrix !! Le village savait bien avoir les siennes ! Mais c'est la magnifique façade Renaissance (5) qui force notre admiration, avec ses fines sculptures. Rinceaux, feuillages, visages s'y succèdent autour des fenêtres transformées et du blason là aussi martelé. C'est, sans doute, du temps des Bargeton que ce beau travail a été commandé.
Façade de l'ancien château de Vallabrix.jpg


Façade de l' ancien château de Vallabrix.jpg




Après avoir eu dans le temps, de nombreux coseigneurs, la seigneurie de Vallabrix a été achetée, en 1536, par Mathieu de Bargeton. C'est l'une de ses descendantes qui, en 1732, épousera Gaspard d'Arnaud, fondant la famille d'Arnaud de Valabrix. Leur petit- fils, deviendra maire et sous-préfet d'Uzès sous la Terreur Blanche. C'est lui que la complainte populaire désignera comme : lou bregan de Vallabrix, parce qu'en observant, satisfait, des fenêtres de son hôtel (aujourd'hui hôtel de La Rochette), les fusillades sur l'esplanade, il se serait écrié « La Restauration est en marche ». Revenons à notre château, et jetons un coup d'œil sur la tour Nord Est bien conservée, certainement abaissée à la révolution, elle conserve en sa partie basse une archère canonnière.
Nous n'avons pas manqué d'aller jusqu'au lavoir qui reçoit une eau claire de la source condamine où, autrefois, on allait chercher l'eau fraîche et faire boire les chevaux. L'abreuvoir est encore là et le fronton triangulaire semble nous parler du XVIème siècle.
Le lavoir avec son grand bassin et ses bassins de rinçages, où coule une eau limpide, a été construit en 1858 et restauré récemment : pierres apparentes et belle charpente en bois, à l'image de l'ancienne. Il ne joue plus son rôle de lieu de rencontre et de papotage mais conserve sa fraîcheur et sa beauté.
La visite s'achève. Beaucoup de découvertes seraient encore à faire dans ce village.
A t-il voulu protéger son site et ses richesse ? On a toujours parlé du Castellas perché sur le Brugas. Pour les uns, un énorme rocher, mais des vieux .... vieux, y avaient découvert quelques rangs de gros blocs formant murets. Etait-elle là cette hauteur fortifiée ? D’où la vue communi-que avec les châteaux de Masmolène et de la Bastide d’Engras. Site stratégique !
Et quand à ses pieds on apprend que s'étend le quartier de la Gardiole : qui gardait quoi ? On peut se poser bien des questions !
Vallabrix, avec ses vieilles pierres, ses maisons rousses, quelques révélations et quelques hypothèses, un peu de légende, beaucoup de questions, nous a montré une partie des souvenirs de son passé.

Article rédigé par Odile Valette

(1) "La parra serait à l'origine une surface de parc, destinée à être fumée, et elle serait de ce fait temporairement improductive. Le mot appartiendrait au vieux fonds pastoral indo-européen. Il est d'ailleurs resté vivace dans les régions pastorales, comme le causse du Larzac, ainsi que nos exemples l'ont montré. La terre improductive est dite réservée et n'est donc pas soumise à la perception d'un droit sur les récoltes (le quint). Théoriquement, c'est un état provisoire de la terre, avant sa transformation en champ, pré, jardin, vigne ou chènevière. La parra se serait rapidement fixée, devenant alors productive, mais continuant de ne pas payer le droit sur les récoltes."
Extrait d’un article - La parra(n) - de Jean DELMAS Directeur des Archives départementales de l'Aveyron. Lien des Chercheurs Cévenols n°112 6- Janvier-mars 1998

(2) Quartier dont la toponymie est issue de l’occitan bruga : bruyère

(3) La trompe a mise en dépôt au musée d’Uzès par M. Vaton en janvier 1996 (Bulletin HCU n° de janvier 1996) et a été reprise en 1997 pour être vendue au musée des Antiquités nationales à Saint-Germain en Laye (Information communiquée par Mme Chimier, Conservatrice du Musée d’Uzès)
A lire : La mémoire du Montaigu - Archéologie d’une micro-région en Languedoc oriental par Albert Ratz
Voir la trompe sur le site de l'agence photographique de la Réunion des musées nationaux : http://www.photo.rmn.fr/cf/htm/CSearchZ.aspx?o=&Total=174...

(4) Cette citation latine, extraite du psaume 29 - 4ème alinéa, est complétée par : vox domini in magnificentia, ce qui peut se traduire par : La voix du Seigneur est puissante, la voix du Seigneur est majestueuse. En France, cette inscription est gravée sur plusieurs cloches d’édifices religieux.

(5) A l'origine, cette façade de l'ancien château se trouvait sur la place du village. Elle a été déplacée et remontée au fond de la cour à la fin du 19e ou au début du 20e siècle. Il s'agit d'une façade Renaissance de la fin du 16e siècle. Elle est composée d'un fronton avec des frises et corniches très ouvragées, de six pilastres surmontés de chapiteaux corinthiens.
Elle est inscrite à l’inventaire des Monuments Historiques par arrêté du 31 octobre 1997 (Inscription au Journal Officiel n°82 du 7 avril 1998 - page 5402)


La carte postale de l'église de Vallabrix est publiée avec l'aimable autorisation de Mr Jacques Roux, correspondant Midi Libre à Uzès

21/10/2008

BULLETIN N° 108

Le numéro 108 de la revue d’Histoire et Civilisation de l’Uzège a été adressé aux adhérents en cette mi-octobre 2008
En voici le sommaire :

- Le mot du Président
- Vallabrix : visite guidée
- La chapelle de Saint Jean d'Orgerolles à la Bastide d'Engras

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Couverture : chantier de fouilles à Saint Quentin la Poterie. Photo de Samuel Longepierre


Les articles sont signés par Odile Valette (Vallabrix), Marcel Paris (Saint Jean d'Orgerolles) et Serge Urbain Maurin (Le mot du Président)


Adhèsion à l'association :
- individuel : 12 €
- couple : 19 €

13/10/2008

Patrimoine rural : une visite de Saint-Hippolyte-de-Montaigu

Dimanche 28 septembre 2008, la sortie de H.C.U. à Saint-Hippolyte-de-Montaigu a été une première. Dans le passé, les (rares) excursions dans le plus petit village de l'Uzège (env. 220 hab.) s'étaient principalement contentées d'une visite de son église romane dont notamment l'abside présente quelques intéressants aspects d'histoire architecturale. Mais, jusqu'ici, en l'absence d'une documentation cohérente, aucune visite complète du village n'avait encore été entreprise.

Georges Fabricius, habitant du village et adhérent de H.C.U., a relevé le défi et a mené des recherches historiques approfondies sur Saint-Hippolyte-de-Montaigu qui paraîtront prochainement en forme de livre (avec le soutien de H.C.U.). Tout naturellement, H.C.U. a demandé à M. Fabricius d'organiser et d'animer une première visite intégrale du village.

Au départ du parking derrière la nouvelle mairie où on s'était rassemblé, le groupe d'une vingtaine de passionnés d'histoire a exploré le village. La paroisse et le village de Saint-Hippolyte-de-Montaigu sont en effet riches de dix siècles d'histoire.

Le ruisseau qui traverse le village, est aujourd'hui enjambé par le pont de la R.D. 982. En contrebas de celui-ci se trouve l'ancien passage à gué, un élément d'importance pour comprendre l'évolution du vieux centre-village : dans les temps peu sûrs, jusqu'à la fin du 17e siècle, son noyau historique fut en effet entièrement entouré d'un mur d'enceinte dont nous avons encore pu repérer quelques parties restantes en haut du passage à gué. Le village même n'était accessible que par deux portes, dont l'une à l'ouest (côté Uzès), l'autre à l'est (côté Bagnols). Le trafic de transit devait contourner le village au sud ; puis traverser, au passage à gué, le ruisseau qui, dans ces temps-là, avait le triple de son débit d'aujourd'hui ; pour ensuite regagner l'ancien "chemin des diligences" direction Bagnols-sur-Cèze. Ainsi, le village ne prévoyait pas de traversée rectiligne à l'intérieur de son enceinte. Par conséquent, les travaux sur la départementale dans l'agglomération furent un défi majeur, qui se terminait par l'achèvement du pont routier en 1762.

Un des buts de la visite ayant été de faire revivre la vie rurale d'antan, le tour comportait de nombreuses entrées dans des terrains privés, avec l'aimable autorisation des propriétaires.

La première halte fut au bâtiment de l'ancienne mairie, construit en 1880, et qui abritait également l'école communale de 1880 jusqu'en juillet 1961. S'il n'est pas inhabituel dans les petits villages de voir mairie et école communale dans un même bâtiment (de nos jours, on peut toujours voir cela à Flaux), la particularité de Saint-Hippolyte-de-Montaigu était que les deux se partageaient une même salle ! Elle était seulement divisée par une demi-cloison, peut-être pour permettre d'avoir un chauffage en commun. En entrant, à gauche, se trouvait la salle de classe avec les bancs des écoliers et le bureau de l'institutrice ; de l'autre côté de la demi-cloison, mais accessible par une entrée séparée à droite, se trouvait le local de mairie. Le premier étage comprenait le logement de l'institutrice ; l'agencement original du bâtiment présentait ainsi la particularité d'avoir une belle cheminée en pierre au premier étage mais aucune au rez-de-chaussée. La salle de classe / salle de mairie au rez-de-chaussée fut chauffée par un poêle en fonte rond qui se trouvait du côté de la salle de classe ; tous les matins, deux écoliers étaient chargés, à tour de rôle, d'allumer le poêle. Le tarif de l'éducation, au 19e siècle, était de 2 Frs par écolier ; et en hiver, ceux-ci devaient apporter des bûches de bois pour chauffer la classe.

De l'autre côté du pont déjà mentionné, se trouvait ce que M. Fabricius appelait en plaisantant "Saint-Hippolyte la commerçante". En effet, jusque dans les années 1930, tous les commerces si typiques de nos villages d'antan étaient présents : nous voyions ainsi l'ancienne forge ; le site de l'ancienne boulangerie/épicerie avec bureau de tabac ; et les deux anciens cafés, jadis véritables centres de la vie sociale villageoise. Ensuite, la cerise sur le gâteau : la visite de la ferme Mignon, dont l'agencement et même une partie du mobilier étaient à l'état authentique et inchangé de 1900. Plafond voûté, dallage original : quel régal … Les propriétaires, M. et Mme. Charles Mignon, nous ont même ouvert les portes de leur petit musée privé d'outils agricoles et d'ustensiles ménagers ; on y voyait entre autres une authentique baratte.
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Le tour du village fut complétée par la visite de deux puits, tous les deux en parfait état : le puits communal avec son mécanisme à manivelle et son abreuvoir, et le puits privé de M. Roger Guet qui est le puits le plus ancien du village et dont la silhouette rappelle la forme d'une capitelle. Pour la petite histoire, l'eau courante n'étant arrivée qu'en 1968 à Saint-Hippolyte-de-Montaigu, le puits communal était à usage commun mais les propriétaires avaient également des puits privés sur leurs terres.

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Enfin, l'église, de style roman tardif du 12e siècle, est certainement le principal joyau de l'histoire architecturale du village. Elle fut assez probablement, à l'origine, la chapelle d'un couvent. À première vue, elle se présente de façon assez sobre : une nef unique sans bas-côtés, de trois travées prolongées d'une abside en hémicycle. La nef, sur un axe général est-ouest, mesure 12,90 m de longueur et 5,40 m de largeur. Il n'y a pas de transept. Il faut regarder de plus près pour découvrir les beautés de cette petite église :

À l'extérieur d'abord, on note la façon très particulière d'exécution de la partie haute de l'abside : construite en hémicycle, sa toiture est supportée par une corniche couverte de lauzes ; la corniche s'appuie sur des corbelets ou modillons (pierres de support en saillie) sculptés.

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À l'intérieur ensuite, on note que la nef est couverte d'une voûte en berceau exécutée en pierres, et supportée par trois arcs doubleaux en plein cintre (dont deux sont visibles ; le troisième se "cache" sous la construction de la tribune). De telles voûtes en pierre furent introduites au 12e siècle, en premier lieu pour remplacer les toitures en bois et pour ainsi réduire les risques d'incendies. Une telle voûte étant considérablement plus lourde que les anciennes constructions en bois, les seuls murs latéraux, pourtant épais de 90 cm, auraient été trop faibles, ce qui nécessitait l'appui de quatre contreforts extérieurs (côté nord) pour compenser l'énorme descente de charge supplémentaire en verticale et en oblique qui en résultait. Tout ceci sont des éléments qui permettent à l'historien de dater l'église plus précisément.

L'église étant placée sous le vocable de Saint Hippolyte, on distingue, derrière le maître-autel, un grand tableau de Saint-Hippolyte. Notre guide nous apprenait que Saint-Hippolyte-de-Montaigu doit son nom à un martyr du 3e siècle, Hippolyte de Rome (170 - 235). Grand théologien, et un des premiers commentateurs chrétiens de la Bible, mais très conservateur, il entra en conflit avec les dirigeants de l'Église de l'époque et fonda une communauté dissidente. Enfin, au cours des persécutions systématiques des chrétiens dans ces premiers temps du christianisme, il fut déporté aux mines de Sardaigne, puis exécuté (écartelé par quatre chevaux).

Nous tiendrons à remercier les propriétaires des terrains privés, de leur aimable autorisation d'entrée et du gentil accueil qui nous a été réservé : Grands mercis chaleureux à Mme. Emma Pickles (propriétaire du bâtiment de l'Ancienne Mairie) ; à M. et Mme. Charles Mignon ; à M. et Mme. Josian Guet (propriétaires du terrain sur lequel se trouve l'extérieur de l'abside de l'église) ; et à M. Roger Guet.

La parution du livre de M. Georges Fabricius, "Saint-Hippolyte-de-Montaigu en Uzège", truffé de détails et d'anecdotes, est prévue pour décembre 2008. Il sera distribué par H.C.U., et il sera également disponible à la mairie de Saint-Hippolyte-de-Montaigu.

30/09/2008

Le Priape d’Aureilhac - Conférence d'Alain GAS

Samedi 20 septembre 2008, après la cérémonie de réception et du classement au titre des Monuments Historiques de la statue du Priape d’Aureilhac, Alain Gas (1) a proposé une conférence sur le thème : " Priape, des rituels ancestraux aux fantasmes intemporels "
Avec son aimable autorisation, nous vous présentons l’intégralité de son intervention :

1 - Cette exhumation d'une statue romaine à Aureilhac par Monsieur Mercier, cela faisait longtemps que mon ami Bernard Dortindeguey m'en avait parlé. Le fait qu'il s'agissait d'un "Priape" ne pouvait qu'exciter l'imagination. De fait, je m'attendais naïvement à voir une sculpture montrant un adolescent nu, exhibant un sexe surdimensionné, comme il y en a dans les boutiques de Grèce pour appâter les touristes. Surprise de découvrir une statue grandeur nature représentant un personnage aux allures de notable.
Les "notables" dignement vêtus étaient nombreux dans notre région romanisée. Ils habitaient Nemausus (Nîmes), ville majeure de la province Narbonnaise, transformée en copie de Rome à l'époque augustéenne, en même temps qu'Arelate (Arles), et, peut être (sur un mode plus mineur), qu'Uzetia (Uzès). Les riches gallo-romains occupaient aussi des domaines campagnards qui furent souvent à l'origine des villages qui se développèrent au lendemain de l'an Mil (ainsi d'Aureilhac et d'Arpaillargues).
Rejoignant Clermont où il allait être promu évêque, Sidoine Apollinaire traversa notre pays en 465, alors que l'empire déclinait. Il fit une description élogieuse des domaines de Vorocingus et de Prusianum où il fit étape : "Les collines qui s'élèvent au-dessus des maisons sont cultivées en vignes et en oliviers (...) L'une des demeures a vue sur un paysage plat et ouvert, l'autre sur les bois ; mais leurs sites n'en procurent pas moins un égal plaisir (...) La rivière coule à égale distance entre les deux maisons (...) elle coule sur un lit transparent, calme, plein de cailloux, non sans être pour autant riche en poissons délicieux". La rivière, c'était notre Gardon... sur les rives duquel les vestiges gallo-romains pullulent. Si aucun de ceux-ci n'attestent les villae dont Sidoine a parlées, il est possible de les situer du côté de Russan, de Brignon (dont l'oppidum, "Briginn", est attesté) ou de Maruéjols (dont le nom gaulois signifie "la grande clairière").
Aux lisières des garrigues, le bassin alluvionnaire de la Gardonnenque et celui de l’Uzège ressemblent à une "Terre promise" qui n'attendirent pas les Romains pour être exploités. Les fascinantes statues-menhirs que l'on a déterrées, en même temps que les céramiques ou les statues de l'Antiquité - à l'époque des premiers labours profonds - démontrent que des sociétés humaines se sont épanouies ici, depuis au moins cinq mille ans. Les Romains y sont arrivés au II° siècle avant notre ère. "Arrivés" plutôt qu'ils n'ont conquis : autant qu'en Campanie ou en Toscane, les Romains étaient ici chez eux, dans une "Gaule" typiquement méditerranéenne et déjà fortement hellénisée.
Ce territoire entre mer Méditerranée, vallée du Rhône et montagnes cévenoles a, de tous temps, était un espace de rencontres. Si la "renaissance" qui engendra la modernité occidentale a rimé chez nous avec une "réforme" qui s'est plus communément implantée dans l'Europe septentrionale (le calvinisme), les raisons en sont multiples. La première est sans doute à chercher dans une vocation multiséculaire de brassages culturels et intellectuels qui, très longtemps, s'est articulée autour de questions religieuses. Dans cet esprit, nous ne sommes nullement surpris de voir surgir près d'Aureilhac - hameau dont le nom atteste l'origine gallo-romaine, développé autour d'une admirable église romane anciennement fortifiée - une divinité païenne importée d'Asie mineure : Priape.

2 - Les Romains ont développé des capacités techniques exceptionnelles, en quoi ils sont nos ancêtres directs. Leur culture lettrée, leurs valeurs spirituelles, ils les devaient aux apports orientaux, grecs notamment. Priape est parvenu chez eux dans le sillage des divinités mythologiques et olympiennes, parmi lesquelles Zeus, le tout puissant, Dionysos - son fils, dieu des plaisirs - et Aphrodite - la déesse de l'amour -, romanisés en Jupiter, Bacchus et Vénus.
Priape aurait été le fils d'Aphrodite... Mais la trop belle déesse était frivole : qui fut donc le père ? Voici une question récurrente qui, jusqu'à l'invention de la pilule contraceptive et la détection de l'A.D.N., a continuellement tourmenté les hommes-mâles. Ne cherchez pas ailleurs le pourquoi de la soumission à laquelle furent maintenues les femmes depuis l'origine de l'Humanité ! Aphrodite - on s'en serait douté - ne put se soustraire aux étreintes de Zeus qui, pour trôner divinement sur un nuage, n'en devenait pas moins très viril dès qu'il mettait pied à terre. Aphrodite, aussi, fit une escapade - évidemment amoureuse - avec ce débauché de Dionysos. La question de savoir qui de Zeus ou de Dionysos fut le papa de Priape n'a jamais été tranchée. Et Priape ayant été pétrifié - comme on le vérifie à Aureilhac -, on ne le saura jamais : son A.D.N. est à jamais perdu (et les A.D.N. de Zeus et de Dionysos de même, à jamais évaporés dans les nuées) ! Ce qui est sûr, c'est que cet enfant naquit sous le signe d'une terrible malédiction. La cause, ici encore, est d'une banalité extrême : la jalousie. Héra, épouse perpétuellement trompée du surpuissant Zeus, aurait jeté un mauvais sort sur le divin bâtard : il apparut au grand jour laid et difforme. Si répulsif que la belle Aphrodite l'abandonna à des bergers.
Difforme, Priape l'était par la partie habituellement cachée du corps : le sexe qui, chez lui, prit des proportions considérables et ne tarda pas à se stabiliser dans un état qui chez l'homme-mâle normal n'est qu'éphémère - trop éphémère, hélas ! - : le pénis de Priape était en érection permanente.
Ainsi fut-il très naturellement promu dieu de la fécondité. Fécondité et fertilité : les qualités que les humains ont toujours privilégiées dans leurs requêtes aux divinités... Même les Chrétiens qui, avant de songer au Royaume du Très-haut, se souciaient d'abord de leurs intérêts terrestres, allant processionner au nom de tous les saints – ces saints qui n'étaient que les divinités païennes christianisées... ces saints que Calvin prit soin de renvoyer au rayon des superstitions.

3 - Dupliqué à l'infini par les sculpteurs, Priape - statufié - vint se poster en gardien et en fécondateur des jardins et des propriétés agricoles, aux quatre coins de l'empire romain, y compris à Arpaillargues et Aureilhac. Avec sa dégaine pas très catholique - et pas très olympienne, non plus -, ce Priape assumait, en vérité, une fonction noble entre toutes : "que vos récoltes soient bonnes”... ”Et vos épouses fécondes”, doit-on certainement comprendre, étant supposé que des statuettes de Priape devaient trôner dans les chambres nuptiales.
Priape se rattache donc à des cultes aussi primordiaux qu'archaïques. Pas si “archaïques” que cela puisqu’avec son phallus dressé, il appartenait à la deuxième génération des divinités. Quand le principe mâle prit le dessus par rapport au principe féminin qui, naturellement, semble avoir été premier. Priape a pris la relève des déesses-mères, garantes originelles de la fécondité. Ces déesses qui n'avaient plus leur place dans les sociétés terriblement machistes de
Moyen Orient et du bassin méditerranéen (côté gaulois et celte, les mâles ne devaient guère être plus tendres avec les femmes !). Déesses que, précédemment, on allait honorer près des sources et que des représentations tardives restituèrent de la même façon que le Priape d’Aureilhac : soulevant leur jupe pour dévoiler l’Origine du monde, ainsi de l’Égyptienne Isis. Ou, plus troublante encore, l’énigmatique Baubô qui aurait libéré Déméter de sa mélancolie en révélant un ventre-visage qu’elle aurait rendu expressif et souriant… en dansant (c’est l’origine de la danse du ventre).
Voilà une évocation qui peut inspirer quelques regrets : si les sociétés méditerranéennes avaient continué à privilégier des divinités féminines plutôt que de brandir leurs attributs virils, le monde assurément aurait un tout autre visage !
Les déesses, les peuples de la Protohistoire allaient les vénérer aux abords ou au sommet des montagnes sacrées. Comme on peut le vérifier chez nous à la "Fontaine" de Nemausus ou, plus spectaculairement, - en hautes Cévennes - sur la cham des Bondons, au cœur d’un paysage souverainement féminin où jaillissent les sources et qui touche le ciel. Mutation fondamentale, nos ancêtres plantèrent là des menhirs.
… Le menhir : simple borne signalétique ou effigie à la symbolique évidemment phallique.
Avec Priape - quelques vingt siècles plus tard -, la symbolique se précise et se radicalise : l'homme, désormais, se sent maître de son destin ; il met la Nature sous sa coupe... Le menhir devient phallus. Le Romain d'il y a deux mille ans préparait l'avènement de l'homme occidental qui mettra la Nature en coupe réglée.

4 - Cette représentation priapique restait cependant rustique, et même franchement grossière. Quand la civilisation s’affina, le message symbolique de Priape se révéla - passez-moi l'expression - un peu court ! L'histoire de sa naissance et celle de sa vie montrent qu'il s'agissait d'une divinité inaboutie, hybride. Plutôt que d'incarner la puissance, Priape en vint à signifier la maladresse, l'échec… mais d’abord la honte et cette sotte culpabilité que le christianisme généralisera !
Pour les Grecs, le sexe priapique semble s’être rattaché à la sauvagerie et à la barbarie… au grotesque. En effet, le pauvre Priape en était resté à un stade intermédiaire : moitié bête (il eut pour concurrent l'âne), moitié homme. Mais si le satyre affichait sa double identité par sa physionomie même, Priape, quant à lui, avait l'apparence humaine. Pour monstrueux qu’il fut, il était d’abord homme. Il est même possible d’affirmer que personne, mieux que lui, ne représenta aussi bien l’homme mâle, du moins dans sa dimension physique. Car c’est d’abord le sexe qui distingue l’homme de l’animal. Le sexe ou plutôt la sexualité… Le bonobo mis à part, les mâles d’espèce animale ont des sexualités intermittentes, cycliques et saisonnières ; au contraire, l’homme-mâle est soumis à des stimuli sexuels permanents. L’organe sexuel qu’il a de taille modeste, voire ridiculement petite, a des correspondances gigantesques dans le cerveau. Le premier drame de l’homme-mâle est d’être affublé d’un pénis de Petit Poucet aux érections épisodiques et volontiers capricieuses, mais d’être aux ordres d’un désir insatiable que seul Priape semblerait être en mesure de combler.
Mais s’il est un domaine où il ne faut surtout pas se fier aux apparences, c’est celui de la sexualité. Pour exhiber un phallus géant, Priape n’en était pas moins impuissant. Telle fut sa réelle malédiction. Tout bandant qu'il ait été, son membre viril ne procurait aucun plaisir à Priape ; et son sperme - si tant est qu'il y en ait eu - restait stérile. Vie calamiteuse que celle de Priape. Au point qu’il devint un sujet de moquerie et un exemple d'obscénité. Façon, peut-être, d'évacuer un problème sans solution rationnelle par la dérision : le sexe n'est pas honteux, il est rigolo !

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5 - Du jardin - dont Éden est la référence incontournable - à la chambre à coucher... De l'agriculture pratiquée au grand jour aux attouchements nocturnes qui tournent vite à la
cul-turomanie : voilà le vertigineux dilemme qui, de tout temps, a perturbé l'homme et que la figure de Priape a symbolisé de singulière façon. Quel mâle, en ce bas monde, n'a-t-il pas fantasmé d'être doté d'un membre priapique en rejoignant la chambre conjugale ? En serait-il doté qu'il en serait bien embarrassé. Transformé qu'il serait en machine à forniquer, tel que Fellini se plut à représenter Casanova : un robot condamné à répéter le même acte primitif... Acte bestial pour tout dire. C'aurait été le triomphe du féminin dont la capacité à jouir est infinie ; et la défaite du masculin réduit à une fonction mécanique.
La réalité, heureusement, fut toute autre - dommage, peut-être, pour les dames ! - : la puissance phallique des mâles n'est qu'épisodique ; plus couramment, les hommes mâles ont mieux à faire… Entre autre, séduire leurs partenaires femme : ce qui a donné l'amour. De l'éros à l'agapè, l'amour oblige les hommes à ouvrir les yeux et à cultiver leur sensibilité. Processus qui fait de lui un humain. Où l’affaire se compliqua : quand les Romains se firent chrétiens, Priape fut sans ménagement rangé dans le camp de Satan. Son phallus érigé rappelait trop l'origine animale de l'homme. Ce membre ordinairement à géométrie variable soulignait trop la vulnérabilité physique - et psychique - de l'homme-mâle. Priape ou le fantasme du mâle surpuissant : les chrétiens le nieront... Pour mieux en affirmer la diabolique démesure par le biais des techniques qu'ils mettront au point pour définitivement mettre la Terre-mère à leur merci.

6 – Alors ! Que des notables gallo-romains se soient fait représenter avec le sexe de Priape pour garantir la prospérité de leurs champs semble avoir été un épiphénomène courant, mais assez superficiel. De fait, vous chercherez en vain des développements sur Priape dans les ouvrages savants traitant de l'Antiquité. Récurrence superstitieuse : sans doute ; voire tradition que nous qualifierions aujourd'hui de folklorique : la statue de Priape comme un épouvantail pour effrayer les moineaux. "Le sexe et l'effroi", tel est le titre d'un maître-livre écrit par Pascal Quignard… Cette question était au cœur des préoccupations des hommes de l'Antiquité épris de "bonne vie" ; les chrétiens la résolurent abruptement. Le sexe fut maudit, et aussi la femme, cette tentatrice, depuis Ève, notre mère à tous.
Le membre du Priape d'Aureilhac - dont on devine la remarquable proportion - a été prestement brisé, sans doute quand son propriétaire se convertit au christianisme. "Cachez ce sexe que je ne saurais voir" a-t-il du s'écrier à sa façon. Mais on ne se débarrasse pas d'un tel dilemme d'un coup de marteau. Le sexe ne cessera d'empoissonner un christianisme si pudibond qu'il finira dans un moralisme étriqué, chez les protestants comme chez les catholiques. En refoulant ce problème jugé honteux, les chrétiens l'ont par conséquent transposé ailleurs. Se défendant de devenir une machine sexuelle, l'homme de la modernité occidentale va se vouer au culte de la mécanique. Ce phallus géant qu'exhibait Priape pour pouvoir en rire - et, dans la pénombre des chambres, en jouir à sa modeste mesure - se métamorphosa en machine infernale.

7 - L’enfer serait-il au sortir du jardin paradisiaque qui a été le nôtre, heureuse génération d’après Mai-68 ? C’est ce que des indices de plus en plus ténébreux semblent indiquer. La machine née de la technologie des XIX°-XX° siècles a eu maints effets bénéfiques : ceux dont nous avons bénéficié pour nous émanciper des conformismes d’antan. Les femmes, surtout, qui ont pu faire une révolution des mœurs qui vaut nouvelle Genèse. Êve en est sortie métamorphosée et rajeunie ; Adam, par contre, a pris un sacré coup de vieux ! Aux dernières nouvelles, le Nouvel Adam a mal à sa virilité. Cerné par les images qui ont fait passer l’érotisme à l’heure de la pornographie, il traîne son sexe, plus incertain et honteux que jamais. Pour tenir debout, il lui faut trouver des compensations. Le surdimensionnement priapique s’est porté sur les prothèses dont l’homme-consommateur se dote désormais pour affronter le monde.
La machine s’est faite robot… Et comment ne pas considérer que le robot s’impose comme l’aboutissement du fantasme “priapique” de cet homo que l’on a un peu hâtivement qualifié de sapiens ?!
S’agirait-il alors d’une victoire à la Pyrrhus ? Car où, hier, le phallus forniquait ; aujourd'hui, le robot formate. De l'un à l'autre, le progrès n'est donc pas allé dans le sens qu'on aurait pu croire : le phallus, tout bête qu'il fut, donnait la vie (il la donne encore, bien que l'humain, désormais, puisse se concevoir in vitro) ; le robot dévitalise tous ceux qui l'approchent.

8 - Jadis, les saillies du phallus étaient tant bien que mal contrôlées, disciplinées par la morale… sous la haute autorité des religions. Police si lourde que notre modernité s’évertua à la désarmer, puis à l’éliminer, sans lui trouver de supplétif. Voici qu’aujourd’hui, c’est le robot qui fait religion !
Rappelons que la religion consiste en une croyance commune qui permet à une communauté humaine de vivre ensemble et d'avancer... ou de reculer. La religion matérialiste de la postmodernité occidentale est régressive ; elle ramène l'humain à l'enfance en le gavant de ses marchandises. Cette religion consumériste est, elle aussi, priapique. Le désir ou, plus exactement, les envies des consommateurs sont perpétuellement en éveil, enchaînant (sic) les demandes et les frustrations. Don Juan, dernier seigneur à s’être mesuré au défi d’Éros, a accumulé les conquêtes, stimulé par un désir insatiable. Il a fini sa course dans un brasier… La société de consommation - qui obéit désormais aux dérégulations de l’hyper-libéralisme mondialisé - semble vouée à une fin apocalyptique. Elle réaliserait ainsi la prédiction des saintes
Écritures qui s’achèvent effectivement par l’Apocalypse... De Don Juan - héros de fiction - à la société de consommation, un aristocrate déchu fit lien à la fin du XVIII° siècle et inaugura le genre des anti-héros : le marquis de Sade. Pour cet antéchrist déclaré, pour ce prophète - ou imprécateur - de l'ère technologique, l'homme-mâle devient un Priape enfin libéré de sa malédiction qui se livre sans frein et sans vergogne à l’appétit de son sexe. Qui oublie que le désir ne rend humain que si on apprend à le sublimer.

9 - Alors ! Pour nous ressaisir, considérons le Priape d'Aureilhac. Admirons la noblesse du geste. La robe est soulevée pour laisser apparaître le membre fondateur. Apprécions et rions. Non pas du rire grossier qui est de règle pour les paillardises de fin de banquet, ni le rire gêné qui sert d'exutoire aux spectacles pornographiques. Rions d'un rire libéré, comme le fit Pier Paolo Pasolini mettant en film les contes érotiques du Moyen Age. Le sexe donne la vie ; mais l'amour est affaire de cœur ou, plus précisément, de tête. Mais, au fait, où est donc passée la tête du notable priapique d'Aureilhac ? Nos aïeux chrétiens l'auraient-ils également fracassée ? A bien regarder, cette statue semble avoir été fabriquée en quantité stéréotypée et conçue pour recevoir des têtes personnalisées. A nous, par conséquent, de lui attribuer la tête que nous souhaiterions aux amants sublimes, nos prochains.

Alain GAS, septembre 2008

(1) Alain Gas, cévenol de naissance, possède de nombreuses cordes à son arc : historien de formation, photographe de profession, et écrivain par passion.

Remerciements à Alain GAS et Philippe Tiébot

Voir le site : www.arpaillargues-aureilhac.fr/

13/09/2008

Manifestations

RENCONTRE A LA MEDIATHEQUE D'UZES

Vendredi 19 Septembre 2008 à 18h

Bernard MALZAC et Jean-Bernard VAZEILLE s’attachent à faire connaître à leurs contemporains les œuvres du poète félibre de Sanilhac, Albert Roux, (1871 – 1935).Quelques uns de ces écrits, qui font maintenant partie du patrimoine littéraire de l’Uzège, viennent d'être publiés dans un ouvrage intitulé "Lou parage d'Usès – Le pays d'Uzès".

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Après celle parue en 1985, cette publication marque une nouvelle étape dans la redécouverte d’une production abondante et variée. Les poèmes rassemblés ont été inspirés par ce « pays » qu’il a passionnément aimé. Grâce à A. Roux, le lecteur retrouvera l’animation de la foire de la Saint-Firmin. Il parcourra aussi le territoire uzégeois aux innombrables curiosités naturelles. Il fera connaissance avec, entre autres, Ulysse Dumas, l’archéologue de Baron, ou Louis Pautex qui participa aux Jeux Olympiques de Stockholm en 1912.
Une riche iconographie accompagne, éclaire et complète les textes. Les cartes postales de l’époque restituent les lieux et les gens tels qu’ils apparaissaient aux yeux du poète. Au-delà de leur intérêt littéraire ces écrits constituent des documents ethnographiques de première importance pour la compréhension de l’histoire locale.

Bernard MALZAC présentera cet ouvrage agrémenté de lecture de poèmes par André Potin et retracera la vie et l'œuvre d'Albert Roux.


AUTRE MANIFESTATION A NE PAS MANQUER

Samedi 20 septembre 2008 à 18h30

La municipalité d'Arpaillargues - Aureilhac procédera à l'inauguration officielle et au classement au titre des monuments historiques de la statue de Priape trouvée sur son territoire.
Suite à une sortie de l'association (juin 2008), un article a été consacré à cette oeuvre d'origine romaine. A voir ou revoir dans la rubrique "Activités de l'association".
N'hésitez à voir le site de la commune : arpaillargues-aureilhac.fr

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Programme de l'inauguration du Priape d'Aureilhac.jpg

29/07/2008

La chapelle Saint-Jean d'Orgerolles à La Bastide d'Engras

La sortie proposée en juin 2008 permettait de découvrir le secteur de la vallée de la Tave en passant par le dolmen de Coucouvèze située sur la commune de Saint Laurent la Vernède, la Chapelle de Saint Jean d’Orgerolles, le village de Pougnaderesse et la rencontre avec « la roche trouée » ( Voir livre d'Albert RATZ - "Légendes, fantasmes et historiettes de l’Uzège et de la vallée de la Tave".) pour terminer par la visite de Vallabrix.

Les richesses historique, patrimoniale et architecturale de tous ces lieux ne peuvent être décrites à travers cet article. L’église de Saint Jean d’Orgerolles en est le joyau, vous allez la découvrir à travers cette étude.

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A mi-distance entre les agglomérations voisines de La Bastide et Pougnadoresse, sur un promontoire rocheux dominant la rivière de Tave, se dresse une chapelle isolée quelque peu malmenée par les ans mais encore de fière allure : Saint Jean d'Orgerolles. Jusque dans la seconde partie du XVIIème siècle, elle servait aux offices religieux des deux lieux, ce qui laissait à croire, selon la tradition qu'elle avait été construite pour desservir ces deux agglomérations. Elle aurait appartenu aux Templiers puis aux Chevaliers de Malte.
Rien, aucun document, ne nous permet de l'attribuer aux Templiers ou aux chevaliers de Malte. La réalité semble plus simple. A la fin du Haut Moyen Age, la christianisation des campagnes est totalement achevée. Quantité de petites agglomérations ont proliféré, souvent sur l'emplacement d'anciennes villas gallo-romaines. Ces petites agglomérations, composées parfois de quelques maisons, se virent dotées chacune d'une chapelle aux alentours de l'an mil.
Sur le domaine actuel de La Bastide, deux habitats s'étaient développés. Sur la rive gauche de la Tave, en un lieu appelé Criders, l'ancienne villa gallo-romaine devenue Saint-Clément de Cadens, fut érigée une chapelle, dédiée à Saint-Blaise, complètement disparue de nos jours. Par contre Orgerolles, sur la rive droite, fut dotée d'une chapelle plus importante consacrée à Saint-Jean Baptiste.

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L'édification de cette chapelle, typiquement d'époque romane, peut être attribuée à la fin du XIème siècle, début du XIIème. Une prospection de surface a révélé un très grand nombre de tessons de poteries témoignant d'un habitat autour de la chapelle. La couleur grise de cette céramique, due à une cuisson réductrice dans des fours au tirage médiocre, la fait attribuer au XII ème siècle, donc contemporaine de la construction de la chapelle. Contrairement à Saint-Clément de Cadens, le lieu ne recèle aucun vestige d'époque gallo-romaine. Les relevés effectués lors de notre intervention au sein de l'Association des Amis de Saint-Jean d'Orgerolles, font apparaître en premier lieu une modeste construction. Elle était composée d'une abside en cul-de-four de dimension restreinte (4 mètres d'ouverture sur 2 mètres de profondeur.). La poussée de la voûte tendant à écarter les murs, on ne pouvait pas se permettre un trop grand rayon d'ouverture. Une seule travée constituait la nef ce qui impliquait une population relativement modeste.

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Saint Jean D'orgerolles - L'abside romane - 1993.jpg



Mais dès les siècles suivants et suite à l'expansion démographique qui caractérise cette période, on s'aperçut vite que la chapelle se révélait trop exiguë pour accueillir tous les fidèles en une époque où l'assistance aux offices était pratiquement obligatoire. C'est alors que l'on ajouta deux travées supplémentaires. Les murailles de la partie la plus ancienne du bâtiment, constituées par deux murs appareillés avec entre les deux un blocage central, témoignent d'un grand soin apporté à la construction de cet édifice. On ne peut pas en dire autant des ajouts postérieurs. De puissants contreforts maintiennent le mur nord. Vers le XVIème siècle, un clocher de 21 mètres fut ajouté à l'édifice ainsi que deux chapelles latérales que l'on ouvrit dans le mur méridional. La première consacrée à Saint-Michel aurait été affectée à Pougnadoresse. La seconde devait servir de sacristie éclairée à l'est par un curieux œil-de-bœuf que l'on pouvait voir encore il y a seulement deux décennies.

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Ce clocher dans le plus pur style roman, bien qu'élevé au début du XVIème siècle, est une véritable forteresse. Une tour hexagonale accolée contre le mur méridional extérieur abritait un escalier en colimaçon permettant d'accéder aux étages supérieurs. Il semblerait bien que ce clocher ait été construit dans un but défensif. Une légende voudrait que cette chapelle ait subi un siège, sans doute au temps des guerres de religion. Ce n'est pas impossible puisqu'il pouvait contrôler l'ancienne route d'Alès appelée dans cette portion « Chemin des Huguenots ». L'inscription que l'on peut déchiffrer sur le contrefort d'angle au nord-ouest «W le roy, W Bastide 1588 » semblerait conforter cette hypothèse.(1)
Si les bâtisseurs du clocher avaient bien respecté le style roman de l'ensemble, ils semblent avoir totalement ignoré les contraintes liées à cet art en construisant les deux chapelles latérales nécessitant pour leur accès la création de deux grandes ouvertures dans le mur méridional. Or, la poussée de la voûte en plein cintre n'étant plus supportée par l'épaisseur des murs et de puissants contreforts, la chapelle en fut d'autant fragilisée. En dépit de quelques travaux minimes, à l'aube du XXème siècle, les murs s'écartant, les voûtes et la toiture de deux travées s'effondrèrent réduites à un tas de gravats obstruant une partie de la nef. Seule la première travée, étayée par le clocher, échappa au désastre. Tel était l'état de la chapelle au cours des années 1970.

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Le territoire de La Bastide était inféodé depuis 1212 à l'Évêque d'Uzès par le comte de Toulouse (2). La chapelle fut consacrée aux cultes de Pougnadoresse et de La Bastide. Cette situation perdura jusqu'en 1678, date à laquelle ces deux agglomérations furent autorisées par l'évêque à construire et à posséder leur propre chapelle. Ce fut la chapelle Saint-Michel à Pougnaderesse dès 1679 et l'église Saint Jean-Baptiste élevée au rang de prieuré cure à La Bastide. Seule restriction que devaient respecter les deux villages, Pâques et les grandes fêtes religieuses devaient être célébrées à Saint-Jean d'Orgerolles. Il semble que cette tradition se perdit rapidement vu l'état de délabrement et de vétusté de l'édifice. Que s'était-il donc passé ? A une agglomération déclinante, Orgerolles, les deux bourgs voisins, profitant de l'expansion démographique et de leur situation dominante, avaient largement prospéré aux dépens de la localité d'origine. Les populations avaient dû se déplacer, montant vers les crêtes voisines, lieux plus sûrs et plus faciles à défendre. Ces mouvements s'étaient peut-être accélérés au cours de la guerre de Cent Ans mais sans doute plus tôt, dès le XIIIème siècle, à La Bastide, où se trouvait une place forte déjà citée au tout début de ce siècle et autour du château de Pougnadoresse.
Les offices, dès lors, furent célébrés à La Bastide par un prieur résident et à Pougnadoresse par son vicaire amovible. En 1754, succédant à Messire de Larnac, Messire Vignal est nommé prieur curé de La Bastide. Le prieur est un nanti avec 2400 livres (3) de dîme par an, reversant...100 livres (4) à son vicaire amovible de Pougnadoresse. Tout se passa bien au début de ce ministère. A partir de 1760 de nombreuses contestations surgirent entre le prieur et la population. Cette dernière reprochait au prieur d'avoir fait enlever des pierres de la démolition de Saint-Jean d'Orgerolles et de ses les être appropriées. Elle lui reprochait, en outre, ses réclamations incessantes, ses nombreuses absences, souvent de plus de huit jours et le fait de ne pas assister les malades. C'était la première fois que cette population pourtant entièrement catholique s'opposait à l'autorité ecclésiastique.
Faut-il y voir un signe des temps ? Il ne s'agissait certainement pas d'un mouvement antireligieux mais plutôt anticlérical contre le prieur. Ce dernier, apparaît comme son prédécesseur, un personnage autoritaire, exigeant, coléreux, vindicatif et qui se croit tout permis. Première représaille de sa part : les cloches ne sonneront plus les trois coups annonçant les offices mais seulement au moment de sa montée à l'autel (5). Deuxième représaille : Monsieur le prieur, affirmant qu'au cours de ces altercations, des paroissiens lui ayant manqué selon ses propres termes, considérant que sa véritable église était Saint-Jean d'Orgerolles pourtant ruinée, les offices s'y dérouleraient, obligeant la population de La Bastide à parcourir plus d'un kilomètre pour assister aux offices. Une décennie plus tard, la Révolution française sonnait le glas de toutes ces querelles et Saint-Jean d'Orgerolles retomba dans l'oubli jusqu'au jour où ...
En dépit des outrages du temps et de l'abandon total par les hommes, malgré les dégradations intérieures, le bâtiment demeurait dans son intégrité dressant fièrement son clocher au milieu d'un paysage quasi désertique et totalement ignoré. L'escalier extérieur en colimaçon aujourd'hui disparu et qui desservait les divers étages du clocher est encore visible sur un dessin des années 1880 (6). A cette date, les chapelles latérales sont déjà démolies et leurs ouvertures condamnées. Le clocher a perdu plus d'un mètre de sa flèche. La toiture et les voûtes centrales se sont effondrées. Plus tard, l'intérieur de la chapelle a été saccagé, souillé de graffiti. A l'extérieur le cimetière communal qui avait été utilisé par La Bastide jusqu'en 1908, date de là création d'un nouveau cimetière au sud-est du village, a été la victime de vandales qui n'ont respecté ni les tombes, ni la croix centrale.


Article rédigé par Marcel PARIS, Vice-président de l'Association Les Amis de Saint-Jean d'Orgerolles.

Carte postale et photos de B.MALZAC

Le prochain texte sera consacré aux actions ménées par l'Association des Amis de Saint-Jean d'Orgerolles

(1)- H- L. LABANDE, (d'après) Étude d'histoire et d'archéologie romane, Provence et Bas-Languedoc, T.I. Églises et chapelles de la région de Bagnols-sur-Cèze (Nord-est du Diocèse d'Uzès), Publication des notes et dessins de M. Léon Alègre, pp.133 à 136, F.Seguin, Avignon, A.Picard et Fils, Paris 1902.
(2)- Alors RAIMOND VI (1156-1222) ; Cette inféodation fut, sans doute, un des avatars de la Croisade des Albigeois, mais ceci est une autre histoire.
(3)- 2 400 livres = environ 72 000 francs soit 10 976 euros. Un instituteur touchait alors 120 livres annuellement équivalent à 3 600 francs soit 549 euros
(4)- 100 livres = environ 3 000 francs soit 457 euros.
(5)- Jusqu'à cette époque où cette population ne possédait pas de montres, les sonneries de cloches n'annonçaient pas seulement les offices mais elles étaient des repères dans le temps au cours de la journée.
(6)- Dessin de A.C PIGEON, Instituteur et Secrétaire de Mairie à La Bastide.

27/07/2008

BULLETIN N° 107

Le numéro 107 de la revue a été adressé aux adhérents en ce début juillet 2008. En voici le sommaire :

- Le mot du Président
- Le Rhône rend ses trésors à Arles la Romaine
- Le lieu dit : le mazet d'Arpaillargues
- Balade dans l'histoire, balade dans Montaren
- Une belle promenade sur le sentier des Conques à Arpaillargues
- Païolive : association Saint Eugéne en Païolive
- L'oignon Rocambole de Paulette

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Les articles sont signés par Christiane Chabert, Mireille Berthier et Serge Urbain Maurin.

Adhèsion à l'association :
- individuel : 12 €
- couple : 19 €

04/06/2008

La statue du Priape d'Arpaillargues

Le programme de mai proposait de découvrir la faune, la flore et le bâti rural situés sur le "Sentier des Conques" récemment aménagé par la commune d’Arpaillargues. Cette balade était agrémentée par les commentaires de Philippe Tiébault et Annie Auberlet. Cerise sur le gâteau, nos guides emmenèrent le groupe en mairie pour voir les vitrines présentant des objets archéologiques et admirer la statue du dieu Priape, trouvés à Aureilhac.

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La statue du dieu Priape

Cette statue en pierre calcaire a été trouvée en 1970 par M. Mercier sur ses terres, à Aureilhac, lors de travaux agricoles. Après la découverte du torse, des fouilles complémentaires par le Service régional d’Archéologie (Direction régionale des Affaires culturelles Languedoc-Roussillon) ont permis de retrouver d’autres fragments, à l’exception de la tête et du bras gauche.
M. Mercier a fait don de la statue à la commune d’Arpaillargues et Aureilhac en 2007.

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La posture de la statue (tunique retroussée, laissant apparaître le sexe) ne laisse aucun doute quant à l’identité du personnage : il s’agit du dieu Priape. Le culte de Priape, venu d’Asie Mineure, s’était répandu dans tout l’empire romain. Fils de Bacchus, Priape était à l’origine le dieu des jardins, protecteur des récoltes ; les Romains l’associèrent plus directement à la fécondité et à la sexualité. Ici Priape utilise sa tunique relevée comme un tablier pour porter des fruits. Il est représenté de la même manière sur une statue retrouvée à Ephèse (actuellement en Turquie) et datée du IIe siècle après Jésus-Christ. La tête de la statue d’Aureilhac a disparu (elle était amovible, comme pour beaucoup de statues romaines) ; Priape était habituellement figuré comme un homme barbu.

Les statues monumentales de Priape sont relativement rares. On plaçait souvent son effigie, grossièrement taillée dans un tronc d’arbre, dans les jardins, les vignes et les vergers, pour favoriser les récoltes. Ces statues de bois n’ont pas été conservées mais il existe beaucoup de statuettes ou d’amulettes en bronze, plutôt destinées à protéger leur possesseur contre le mauvais sort.
Dans la région, on connaît peu d’autres statues de Priape. Il existe un torse (très abîmé) au musée de Beaucaire, et une statue au musée de Narbonne (trouvée à Roquefort-les-Corbières). Datée du IIIe siècle, elle représente le dieu vêtu d’une tunique, portant une corbeille de fruits et un bébé et tenant un deuxième enfant par la main.

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Le Priape d’Aureilhac est donc une découverte exceptionnelle, qui s’ajoute aux nombreux vestiges archéologiques de la commune pour confirmer l’importance du site à l’époque romaine. On ignore quel était le contexte d’origine de la statue : installation en plein air dans les champs, dans un temple, ou associé à une villa ? aucun vestige de construction n’a été identifié dans le périmètre des fouilles réalisées.
La statue a été retrouvée cassée en nombreux fragments très dispersés, sa tête est restée introuvable. Cela laisse penser qu’elle ne s’est pas brisée par accident mais qu’on a volontairement voulu la détruire. D’après le Dr Drouot, cette destruction pourrait avoir été commise après la christianisation de l’Uzège : il fallait faire disparaître cette divinité païenne devenue scandaleuse aux yeux des chrétiens…

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Bibliographie
- Gallia, 1973, tome 51, fascicule 2, p. 498
- E. Drouot : procès-verbal de la séance du 10 mai 1974
- Bulletin de l’Académie de Nîmes, 1974, pp. 73-75
- E. Drouot : « Une découverte archéologique inédite : le Priape d’Aureilhac (Gard) »
- Mémoires de l’Académie de Nîmes, 1977, VIIe série, tome LIX, pp. 213-226.
- M. Provost (dir.) - Carte archéologique de la Gaule, 1999, p. 164

Texte publié avec l'autorisation de Brigitte Chimier, Conservatrice du Musée d'Uzès

Une découverte archéologique inédite : Le Priape d’Arpaillargues (Gard)

« ...A première vue, le dit objet paraît se rapporter à un buste humain auquel manquent la tête et la majeure partie des membres. L'attention est tout de suite attirée par la figuration du sexe masculin, très apparent, et en érection, mais en partie brisé. Nous entreprenons alors un examen méthodique de ce qui nous paraît effectivement appartenir à une statue antique...


...Au sommet du buste, une excavation hémisphérique, à l'emplacement du cou, remplace la tête absente et que l'on n'a pas retrouvée pour l'instant. Notre confrère M. Lassalle devait d'ailleurs nous apprendre qu'il n'était pas rare d'observer des statues antiques dont la tête avait été rapportée après coup, ayant été peut-être commandée à un atelier spécialisé. C'est ainsi que des statues d'empereurs avaient pu, à moindres frais, recevoir les traits du nouveau césar lorsque le précédent avait disparu : sic transit gloria mundi... C'est en tout cas ce système d'une tête rapportée qui avait été adopté ici.
Continuons notre investigation par le vêtement du personnage. C'est une longue tunique. Elle est plissée et la marque des plis se traduit sur la face dorsale par une série de cannelures verticales de facture plutôt raide. Cette tunique comporte de courtes manches qui s'arrêtent au-dessus du coude, Ces manches sont fendues latéralement, découvrant les bras, mais la fente principale est divisée en plusieurs petites ouvertures fusiformes grâce à quelques boutons. Cette forme de manches fendues, devait encore nous expliquer M. Lassalle, semble dénoter une mode vestimentaire d'origine grecque ou orientale.
Sur la face antérieure, le personnage a relevé haut sa tunique, jusqu'au dessus de la ceinture, découvrant ainsi son organe génital, avec un volumineux pénis en érection mais en partie brisé. Tout ce qu'une pareille attitude comporte d'insolemment impudique se trouve cependant assez curieusement atténué par le fait que le sujet a voulu utiliser le repli de son vêtement pour en faire une sorte de corbeille où s'accumulent des objets aujourd'hui difficiles à identifier, sauf l'un, bien visible. qui a la forme et la dimension d'un fruit arrondi, prune ou petite pomme.
Enfin la statue mutilée, telle qu'elle apparaissait avant les recherches ultérieures, avait perdu ses membres inférieurs à la racine des cuisses, ainsi que ses avant-bras et ses mains... »


Par le Docteur Edouard DROUOT membre résidant Président
Extrait des Mémoires de l’Académie de Nîmes Tome LIX 1974

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Le dieu Priape Fresque dans la villa des Vétii à Pompéi.jpg





LE DIEU DES JARDINS
"...Jeunes gens, c'est moi, dont vous voyez l'image de chêne grossièrement façonnée par la serpe d'un villageois, c'est moi qui a fertilisé cet enclos, qui ai fait prospérer de plus en plus chaque année cette rustique chaumière, couverte de glaïeuls et de joncs entrelacés. Les maîtres de cette pauvre demeure, le père comme le fils, me rendent un culte assidu, me révèrent comme leur dieu tutélaire: l'un a soin d'arracher constamment les herbes épineuses qui voudraient envahir mon petit sanctuaire ; l'autre, m'apporte sans cesse d'abondantes offrandes: ses jeunes mains ornent mon image, tantôt d'une couronne émaillée de fleurs, prémices du printemps; tantôt d'épis naissants aux pointes verdoyantes; tantôt de brunes violettes, ou de pavots dorés, de courges d'un vert pâle, ou de pommes au suave parfum; tantôt de raisins que la pourpre colore sous le pampre qui leur sert d'abri. Parfois même (mais gardez-vous d'en parler) le sang d'un jeune bouc à la barbe naissante ou celui d'une chèvre ont rougi cet autel. Pour prix des honneurs qu'ils me rendent, je dois protéger les maîtres de cette enceinte, et leur vigne et leur petit jardin. Gardez-vous donc, jeunes garçons, d'y porter une main furtive. Près d'ici demeure un riche voisin, dont le Priape est négligent. C'est là qu'il faut vous adresser: suivez ce sentier; il vous y conduira..."


"...Redoute donc, passant, la divinité protectrice de ces lieux, et garde-toi d'y porter la main. Il y va de ton intérêt ; sinon, ton châtiment est prêt : ce phallus rustique te l'infligera. Par Pollux! Dis-tu, de grand cour! Oui ; mais, par Pollux ! Voici venir le métayer : brandi par son bras vigoureux, ce phallus va, pour toi, se changer en massue..."


Textes extraits des Elégies de Catulle en l'honneur du dieu Priape communiqués par Philippe Thiébot

Voir le site : www.arpaillargues-aureilhac.fr/ et notamment le journal municipal n° 7 de Janvier 2008
Photos de Christiane Chabert, Philippe Tiébot, Bernard Malzac

26/05/2008

Balade dans l’histoire, balade dans Montaren

C’est par un dimanche ensoleillé d’avril (mois des balades) et à l’issue d’un délicieux et convivial repas pris à la ferme auberge de la Bruyerette que notre groupe d’une vingtaine de personnes se retrouve au pied de la Carcarie.
Voilà bien l’endroit idéal pour situer notre lieu de promenade qui s’étale entre la "montagne " de pierre et de forêt de chênes contre laquelle se presse le village et le confluent des Seynes et du minuscule mais parfois redoutable Rieu où se développent les cultures aujourd’hui " mangées " par les constructions de lotissements.

Montaren, la montagne de sable.
La colline qui culmine à 189 mètres d’altitude, est un reste de ces ondulations (les garrigues) formées lors du relèvement du Massif Central à l’ère Tertiaire (à la suite des soulèvements des Pyrénées et des Alpes).
Constituée de roches détritiques accumulées au fond des mers Secondaires et Tertiaires, la Carcarie a longtemps fourni aux habitants du village, la pierre calcaire et le sable destinés aux constructions.

Montaren, les origines du village.
En l’absence de fouilles archéologiques et de documents probants, il est évidemment difficile de décrire avec précision les origines du village. Situé au pays des Volques Arécomiques, cette peuplade celtique cumulait activités agricoles et commerce. On peut toutefois supposer que ce lieu offrait des atouts indispensables à cette activité et pourquoi ne pas imaginer que la Tour Sarrasine, posée sur un rocher culminant du village, est l’héritière (évidemment mille fois remaniée) de ces tours servant de greniers, d’abris pour les marchands et les animaux qui jalonnaient les voies de commerce reliant le Massif Central à la vallée du Rhône ?
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Propriété, au XXème siècle, de Jean Puget dont la famille possédait le château de Montaren, la tour garde les marques de cette appartenance : les étais qui consolident le bâtiment ont la forme du P de Puget. Jean Puget fit aussi ouvrir des fenêtres à meneaux pour éclairer la tour (on dit qu’elles proviennent de l’abbaye de Valbonne) et il fit placer, à l’angle de celle-ci, une magnifique borne romaine.

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La présence romaine est attestée de façon plus évidente (soubassement de la Tour Sarrasine, autel votif, fragments de statue découverts lors de la construction de la voie ferrée en 1880, tessons d’amphores, de dolia...). Les mas, comme tous ceux situés au nord d’Uzès se trouvent à une altitude d’environ 110 mètres et conservent la fière allure des anciennes villas gallo-romaines (la Mairie en particulier).

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(Il s’agit de l’ancienne mairie et donc pas d’une villa romaine : elle a été construite au XIXème siècle, par contre, la maison que l’on voit en face à droite est le reste d’une ancienne tour de défense à la limite du fort)

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Des invasions barbares au village médiéval.
Si les invasions barbares ont détruit la belle ordonnance de la civilisation romaine, il est évident que tout n’a pas disparu. A quelques kilomètres de Montaren, le prieuré de Saint Médiers continue à contrôler les voies de passage vers le Rhône et la tour Sarrasine à Montaren doit fièrement veiller sur les quelques habitations agglutinées autour des ses épaisses murailles.
Il faut toutefois attendre le XIIIème siècle pour voir apparaître vraiment un château et une famille des seigneurs de Montaren. A deux pas de la Tour Sarrasine, le château dresse une, puis deux tours massives et tout aussi austères. Le seigneur est alors le vassal de celui d’Uzès et aussi de l’évêque.
Très vite, la porte romane de l’Arcade, relie les deux minuscules villages (on compte moins de 7 feux (1) dans chacun) encore bien reconnaissables sur les plans. Le village entier s’entoure alors d’un rempart hérissé de tours (on les distingue dans la partie du Nord-Est du village) formant le fort.

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L’actuelle rue des Acacias (qui entoure ce fort) occupe l’emplacement des anciens fossés et, le long de la Rue Principale, le Barry est un reste de l’ancien rempart. On y marche encore sur les voûtes et au dessous, les garages actuels occupent les anciennes échoppes des artisans d’autrefois.
(1) Le " feu " est une unité d'imposition de base qui correspond au foyer fiscal. Au Moyen Âge, il était défini comme un ensemble de personnes "vivant au même pot et au même feu ", c'est-à-dire menant une vie commune.

Le village de l’ancien régime.
En dépit des guerres de religion, le village qui a très vite adopté la Réforme, se développe considérablement aux XVIème et XVIIème siècles :
A l’intérieur du Fort, on construit un temple (à l’emplacement de l’actuelle terrasse du château) les maisons à degrés se multiplient sur cet espace réduit. Chaque étage étant parfois occupé par des familles distinctes ainsi que le révèlent les compoix (l’espace dont dispose une famille ne dépassant rarement 15 mètres carrés). L’artisanat accompagne désormais les activités agricoles : celui de la laine et celui du chanvre car Montaren dispose de nombreuses canebières.

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Le Fort éclate donc et au Nord (la Roquette), puis à l’Est (les Amandiers) et au Sud (le Plan) se développent de nouveaux quartiers où se mêlent tenanciers du Seigneur, cardeurs, tisserands et aussi bourgeois (négociants, faiseurs de bas, notaires, chirurgiens, receveurs des tailles...). Chaque quartier semble replié sur lui-même, peu ouvert vers l’extérieur. Mais les maisons communiquent et les rues permettent de gagner rapidement le fort et de s’y mettre à l’abri (on est frappé par la ressemblance avec les bourgades à Uzès).

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C’est au sud du fort qu’est reconstruite, à la fin du XVIIème siècle, l’église de Montaren (la vieille église située à l’Est ayant été détruite au cours des dernières guerres de religion). Sévère et ouverte vers le Nord (vers le Fort), la nouvelle église domine le quartier dont il faudra renforcer les défenses au moment de la guerre des Camisards (ces fortifications sont encore visibles de la route Alès-Uzès). Mais si l’extérieur est austère, l’intérieur, refait au XIXème siècle, offre un bel exemple de l’art Saint Sulpicien.

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Les seigneurs de Montaren ont disparu depuis longtemps et une foule de coseigneurs (bourgeois enrichis qui ont racheté château, terres, droits de justice, de banalités, de censives...) se partagent le château et ses dépendances. Dans un souci de reconnaissance, aux yeux de la "vraie noblesse " et du Roi, ils copient ce qui se fait à Uzès, percent des fenêtres dans leurs demeures, entourent leurs portes de bossage en pointe de diamant et n’oublient pas de rehausser leur toit du pigeonnier qui affirme leur autorité. Là encore, comme à Uzès, les pigeonniers s’alignent du Nord au Sud du village, plaçant le pouvoir au cœur de celui-ci. Ils possèdent les bonnes terres, les terres à céréales qui s’étalent jusqu’aux Seynes. Mais à trop vouloir imiter les Grands, ils vont s’enfermer dans une routine destructrice et, bien avant la Révolution française, ils vont disparaître, ruinés ou dépossédés de leurs biens par la Révocation de l’Edit de Nantes. La destruction de leurs blasons sur les tours du château en 1790 signifie aussi la fin des Chapelier, des Folcher, des Lévêque, des Deroche... Seuls les d’Albon survivront quelques temps encore et leur nom subsiste avec le plus beau pigeonnier du village : la d’Albonne.

De nouveaux changements au XIXème siècle.
A force d’économie, quelques familles d’artisans vont réussir à acheter des terres. Beaucoup plus dynamiques que les anciens propriétaires, ils vont utiliser les engrais (le buis de la Carcarie sera abondamment exploité), multiplier les plantations de mûriers et l’élevage du ver à soie, développer les vignes...
Les quelques agriculteurs qui subsistent dans la commune aujourd’hui, sont souvent leurs descendants.
C’est vers 1830 que l’on reconstruit, au bout de l’aire des Amandiers, le Temple détruit en 1685. Les habitants du village vont payer de leur peine cette reconstruction, charriant depuis la Carcarie, pierres et sable destinés aux travaux. Soucieux de paix religieuse qui garantit le calme civil, le Roi Louis-Philippe, financera sur sa casette la fin des travaux.
Il reste des pierres et les familles protestantes vont en faire des murets entourant de petits jardins offrant les avantages des potagers arrosés avec l’eau des puits, souvent communs à deux jardins et celui de lieux de détente que la famille fréquente le dimanche après l’office.
Aujourd’hui, ces petits jardins, propriétés de particuliers ou de la commune, restaurés par l’Association "Citrouille et Compagnies" sont devenus des lieux de rencontres conviviales et festives.
Au cœur du village, artisans et commerçants ont disparu, les terres à blé ont laissé place à des lotissements. Au gré de ses ruelles, Montaren conserve cependant son charme un peu austère, un peu mystérieux.

Compte rendu réalisé par Mireille Berthier
Photos Mireille Berthier
Cartes postales Bernard Malzac

09/05/2008

Légendes, fantasmes et historiettes de l’Uzège et de la vallée de la Tave

Histoire et Civilisation de l'Uzège présente une nouvelle publication qui s’intitule :


Légendes, fantasmes et historiettes de l’Uzège et de la vallée de la Tave.

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L’Uzège, micro-région qui correspond approximativement au canton administratif d'Uzès, fut le berceau - comme toute région - de légendes, de fantasmes et d'anecdotes.
Ces "histoires" se transmettant de bouche à oreille, le soir à la veillée en un temps où n’existait ni le cinéma, ni la télévision, ni internet ...adaeb6a6b280d1adbfb074dc587a5442.jpg
Or, de nos jours, elles étaient condamnées à l'oubli, et à disparaître à tout jamais.
L'association Histoire et civilisation de l’Uzège en a recueilli le plus possible auprès des «anciens» qui, presque tous, nous ont quittés au moment de cette publication.
Si deux ou trois récits sont macabres, en revanche la plupart sont hilarants, mis en forme et présentés par Albert RATZ (Professeur d'Histoire- Géographie et archéologue) pour le plus grand plaisir du lecteur.

Ce livre est publié en collaboration avec LUCIE EDITIONS - Collection Patrimoine

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BON DE COMMANDE


Légendes, fantasmes et historiettes de l’Uzège et de la vallée de la Tave.

Nom – Prénom :

Adresse :


Nombre d’exemplaires : ............ X 10 euros =
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13/04/2008

Bulletin n°106

Le numéro 106 de la revue a été adressé aux adhérents en ce début avril 2008. En voici le sommaire :

- Le mot du Président
- Archéologie : les fouilles de l'équipe de Samuel Longepierre à Saint Quentin la Poterie
- La mosaïque de Penthée
- Petit patrimoine
- Le vieux Remoulins
- Histoire de l'Uzège : aspects du Protestantisme en basse Gardonnenque


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La publication de la revue est assurée par CHABERT Christiane, Vice Présidente.

Adhèsion à l'association :
- individuel : 12 €
- couple : 19 €

06/04/2008

Li merle d'Uzès / Les merles d'uzès

Le patrimoine écrit doit être protégé et valorisé au même titre que le bâti. C’est le sens de la démarche que met en oeuvre Histoire et Civilisation de l’Uzège en publiant les livres présentés dans ce blog :
- Lou parage d’Usès / Le pays d’Uzès, recueil de poèmes du félibre Albert Roux
- Légendes, fantasmes et historiettes de l’Uzège et de la vallée de la Tave recueillis par Albert Ratz (voir bulletin de souscription).
Cette action n’a pu se concrétiser que grâce au concours de Lucie Editions (Directeur Yannick Breton) qui a accepté d’éditer ces ouvrages dans la Collection Patrimoine.
D'autres auteurs comme Emile Brunet, Jules Couderc ou Alfred Méric qui ont écrit au début du XXème siècle, mériteraient d'être mieux connus du public. Le travail ne fait que commencer et doit se poursuivre avec toutes les bonnes volontés afin que le patrimoine littéraire de l'Uzège se perpétue dans le temps.

Pour illustrer à la fois, le félibrige (cher à Albert Roux), les historiettes (mémoire de l'imagination populaire) et Uzès (riche de son passé), je propose la lecture de ce récit de Frédéric Mistral intitulé :

LI MERLE D’UZES

Un matin, au marcat d'Uzès, la femo d'un aucelaire avié mes en vèndo un gabiado de merle.
Un matin au marché d’Uzès, la femme d’un oiseleur avait mis en vente tous les merles contenus dans une cage.
Moussu Bretoun, - un farceiaire, - venguè à passa davans la marchandiso :
Monsieur Breton – Un farceur – vint à passer devant cette marchandise :
- Tè! vaqui de bèu merle ! ... Quau saup quant li vènd !
- Tiens, voilà de beaux merles ! Qui sait combien elle les vend ?
- Quant li vènde, Moussu ? ... Oh! tenès, pas que vint sòu.
- Combien je les vends, Monsieur ? ...oh ! tenez, pas plus de vingt sous.
- Vint sòu ? aco 's pas car, diguè Moussu Bretoun, e subre-tout s'es de merle d'Uzès.
- Vingt sous ? ce n’est pas cher, dit Monsieur Breton et surtout si se sont des merles d’Uzès.
- Coume d'Uzès! adounc fai l'auceliero, de tout segur es de merle d'Uzès ...
- Comment d’Uzès ! alors donc fait l’oiselière, bien sûr, ce sont des merles d’Uzès...
- La femo, vès, fasès bèn atencioun : vous demande se soun d'Uzès ...
-La femme, faites bien attention : je vous demande s’ils sont bien d’Uzès ...
- Moussu, poudès coumta que soun d'Uzès. Moun ome, vous responde, lis a tòuti cassa dins lou terraire ...
- Monsieur, vous pouvez être sur qu’ils sont d’Uzès. Mon mari, je vous assure, il les a tous chassé dans la région.
- Oh ! dòu rèsto, se soun d'Uzès o noun, acò sara lèu vist. Vous n'en vau croumpa un ;
- Oh ! qu’ils soient d’Uzès ou non, ce sera vite vu. Je vais vous en acheter un ;
e, s'es d'aquéli que vourriéu, s'es un merle d'Uzès, ièu vous li croumpe tòuti ... Vaqui vint 'sòu.
et, c’est celui là que je voudrais, si c’est un merle d’Uzès je vous les achète tous... Voici vingt sous
E l'auceliero duerb la gàbi. Moussu Bretoun pren un di merle, e'm'acò, adrechamen, tout en lou masentant e fasènt semblant de rèn, fai avala à l'aucèu uno peceto d'or.
Et l’oiselière ouvre la cage. Monsieur Breton prend un des merles, alors, adroitement, tout en le maintenant et faisant semblant de rien, il lui fait avaler une piécette d’or.
- En efèt, dis, a bèn tout l’èr d'èstre d'Uzès... Mais 1'anan encaro miéus vèire.
- En effet, dit il, il a bien l’air d’être d’Uzès... Mais nous allons encore mieux le voir.
E jito au sòu lou pauvre merle. Quand l'a tua, lou duerb emé soun coutèu, e, - vesès lou cop de tèms, - dins lou gava ié trovo uno peceto de dès franc!
Et il jette au sol le pauvre merle. Quand il l’eut tué, il l’ouvre avec son couteau et, miracle, dans son estomac il trouve une piécette de dix francs !
- Aquéu es bèn d'Uzès, dis, vaqui lou louvidor.
- Celui là est bien d’Uzès, dit il, voilà un louis d’or.
E l'empocho... La marchando, councevès, èro aqui, esbalauvido.
Il l’empoche…La marchande, vous vous en doutez, en resta bouche bée.
- Eh ! bèn coumaire, parèis que soun d'Uzès...
- Eh bien, ma chère, il parait qu’ils sont d’Uzès...
An ! sias pas messourguiero. A vint sòu, vous li prendrai tòuti.
Allons, vous n’êtes pas menteuse. A vingt sous, je vous les prendrai tous.
Mai l'auceliero, alor :
Mais l’oisellière, alors :
- Escusas, noun ! ... Moussu, aro que ié sounge, me lis an retengu, pode pas n'en mai n’en vèndre... Nàni, vesès, vous n'en vènde plus gens...
- Excusez, non ! ... Monsieur, maintenant que j’y pense, on me les a retenu, je ne peux pas en vendre davantage...Non, voyez, je ne vous en vend plus....
- Sara coume voudrés, Moussu Bretoun respond.
- Ce sera comme vous voudrez, répond Monsieur Breton
Sèmblo, pamems, que quand avès fa 'n pache...
Il me semble tout de même, que nous avons passé un accord...
Mai sènso l'escouta, esperdudo, abrasamado, deja la femo avié pres la gàbi e vira lou cantoun.
Mais sans l’écouter, éperdue, embarrassée, déjà la femme avait pris la cage et s’était enfui du lieu.
A la proumiero androuno ounte se trouvè soulo, s'arrestè.
A la première ruelle où elle se trouva seule, elle s’arrêta.
- Un pau vèire, dis, se soun touti d'Uzès... E moun viedase d’ome que sabié pancaro acô ! ...
Je vais un peu voir s’ils sont tous d’Uzès...Et mon imbécile d’homme que ne savait pas encore cela !...
Afeciounado, aganto un di merle, 1'estrang1o vitamen, ié crèbo lou gava' mé si cisèu... Mai de peceto d'or, bernico !
Avec engouement, elle attrape un des merles, l’étrangle promptement, lui crève l’estomac avec ses ciseaux.... Mais de piécette d’or, rien !
- Tu, dis, siès pas d'Uzès, coudoun !
- Toi, dis moi, tu n’es pas d’Uzès, couillon !
Afiscado que mai, n'escano un autre, ié tranco lou peirié... Mai de peceto, bst ! pas mai que sus lou nas.
Plus empressée que jamais, elle en étrangla un autre, et lui trancha l’estomac...Mais des piécettes, bernique ! pas plus que sur le nez.
- Tu, siés mai pas d'Uzès, dis, au diable !
- Toi aussi, tu n’es pas d’Uzès, dit elle, va au diable !
Alucrido, zôu mai, estoufo un autre aucèu, i' esfato lou gresié... Mais de rousseto, nado! n'i'a pas cap !
Intéressé, à nouveau, elle éttouffe un autre oiseau, et lui met le gésier en morceaux...Mais des pièces d’or, aucune ! Il n’y en a point !
- Avalisco !
- Au diable !
E ansin, à-de-rèng, la bono femo aferounado tuè touti li merle, fin que d'un. E quand aguè tout mourfi e que veguè, doulènto, aquéu massacre d'aucelun :
Ainsi, au fur et à mesure, la bonne femme toute excitée tuait tous les merles jusqu’au dernier. Et quand elle eut tout tué et qu’elle vit, affligée, ce massacre d’oiseaux :
- Ai! Lasseto ! diguè, se fau pas èstre malurouso !
- Hélas ! Pauvrette ! dit elle, s’il ne faut pas être malheureux !
Sus touto la gabiado n'i’en avié qu'un d'Uzès, e vau lou vèndre per vint sòu ! !
Sur toute la cage, il n’y en avait qu’un d’Uzès et je vais le vendre pour vingt sous !!
Moussu Bretoun èro eilalin que se tenié li costo.
Monsieur Breton était là bas au loin qui se tenait les côtes.

Frédéric MISTRAL 4248d22ec2d414125d5f0c13f12a8afb.jpg

Ce récit a été publié dans l'Armana. Prouvençau de 1867. Il est extrait de l'ouvrage :
"Les contes provençaux : contes, récits, fabliaux, sornettes de ma mère l'oie, légendes, facéties, devis divers."
Cette œuvre de F. Mistral est disponible dans son intégralité sur le site Gallica (Bibliothèque nationale de France)

Frédéric Mistral est venu présider les fêtes félibréennes qui se sont déroulées à Uzès en août 1892.
Traduction Bernard MALZAC avec la collaboration d’André POTIN

29/03/2008

La Mosaïque de Penthée

Durant l'année 2007, les archéologues (1) de l'INRAP (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives) ont réalisé un chantier de fouilles situé sur le boulevard Jean Jaurès à Nîmes. Lors de cette intervention, ils ont mis au jour en juin, deux mosaïques datant du IIème siècle après JC. Compte tenu de leur grand intérêt, il a été décidé de permettre au public d’assister à la phase finale de la restauration de celle qui présente l' iconographie la plus élaborée et qui est la mieux conservée.
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C’est cette visite, commentée par Mme Raffaella Gafa-Piskorz, guide conférencière, qu’un groupe d’adhérents de l’association a effectuée le dimanche 9 mars 2008 (2).
Les premiers panneaux qui accompagnent l’exposition, sont consacrés à la présentation du contexte archéologique dans lequel a eu lieu cette découverte :
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Une première planche resitue l’évolution des limites de la ville (voir carte) à travers le temps et précise son importance à l’époque romaine. L’enceinte qui entourait la cité sur plus de 6 kms de longueur, englobait le site du chantier de fouilles.
Ensuite, une explication de l’environnement et de l’organisation architecturale des bâtiments mis au jour, permet de resituer la découverte des mosaïques dans deux pièces d'une même habitation, sans doute celle d'un riche notable romain.
Après cette phase très documentée, notre guide nous indique les différentes étapes et techniques (découpe de la mosaïque en 13 panneaux de 3 m2) qui ont été nécessaires pour déplacer les mosaïques de leur lieu d’origine jusqu’à cette présentation dans la chapelle des Jésuites. La restauration (3) a commencé par une séquence de nettoyage de surface avec consolidation des tesselles les plus fragiles. 9b432633119cc4944bd162dfaabcafc0.jpgPuis, un encollage composé de différentes strates de textiles (gaze de coton et toile de chanvre) fixées par un adhésif, a été mis en place afin de maintenir la cohésion de la surface du tessellatum (l'assemblage de tesselles de pierres uniformes) avant son retournement. Lors de la deuxième phase, il a été procédé au retrait du support de ciment armé et à son remplacement par un nouveau support en nid d’aluminium. La troisième et dernière phase consiste au retrait de l’encollage de surface, suivi d’un nettoyage fin, puis d’un long et méticuleux travail de réintégration des lacunes. L’objectif de cette restauration n’est pas de rendre quasi neuves les mosaïques comme cela pouvait se faire encore au siècle dernier où on les faisait briller, mais plutôt d’en conserver le plus possible l’authenticité avec les usures et la patine du temps. (4)
dca9b2044b033f923450cafe4ba55084.jpg La mosaïque présentée au public, jugée exceptionnelle, couvre environ 35 m2 et se compose d'une série complexe de médaillons accueillant chacun un personnage, et illustrant un épisode du cycle dionysiaque (présence de ménades - femmes qui se consacrent au culte de Dionysos- et de masques de théâtre).
L’iconographie générale de la mosaïque se rapporte au dieu Dionysos. Les masques de théâtre incarnent la tragédie et la comédie que préside le dieu aux fêtes. L’association des quatre saisons à Dionysos est un thème classique de la vie renaissante. Les Ménades ou Bacchantes chez les Romains, sont « les femmes possédées » du dieu entourent la scène principale. Des oiseaux (canards, perruches, perdrix et huppes) et les têtes de divinités Pan et Silène complètent la composition de cette mosaïque.
Pour ce qui concerne la scène centrale, la première interprétation était basée sur une illustration du combat des dieux contre les géants où Dionysos terrassait de son thyrse le géant Eurytos. Après une étude approfondie, un autre épisode de la légende de Dionysos a été retenu : le châtiment de Penthée et Agavé qui a été porté à la scène par Euripide dans « les Bacchantes ».

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Oiseaux, masques, saisons personnifiiées entourant la scène centrale.jpg
Dans la mythologie grecque, Penthée (en grec ancien « la douleur, le chagrin »), fils d'Échion et d'Agavé (fille de Cadmos), est roi de Thèbes. Successeur de Cadmos sur le trône de Thèbes, il s'oppose à l'introduction du culte dionysiaque dans son royaume. Il résiste au nouveau culte que le dieu, déguisé, lui propose, et le fait arrêter ainsi que son cortège. Dionysos se libère, entraîne les femmes de la cité à sa suite et les emmène dans la forêt sur les pentes du mont Cithéron, où elles se livrent au culte orgiaque de Dionysos. Parmi elles se trouve Agavé, la mère du roi Penthée tante de Dionysos. Penthée travesti, va espionner les femmes du haut d'un pin. Aveuglées par le dieu, les ménades le prennent pour un animal sauvage et sa propre mère Agavé le met en pièces et ramène sa tête au bout de son thyrse (5)croyant que c'est celle d'un lion.
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Le meutre de Penthée par Agavé, sa mère.jpg
La tragédie se termine sur l'effroi d'Agavé reconnaissant son fils mort, la fuite de Cadmos et la victoire de Dionysos.
La représentation du meurtre de Penthée en mosaïque est la seule connue à ce jour dans le monde romain, seule une peinture murale de Pompéi présente une scène similaire.
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Pompéi - Villa des Mystères - Meutre de Penthée.jpg
La mosaïque sera visible à la Chapelle des Jésuites jusqu’au 30 mars 2008, ensuite elle sera présentée dans la salle d'exposition temporaire du musée archéologique.
Une visite à faire absolument.

Compte rendu réalisé à partir des commentaires de Mme Raffaella Gafa-Piskorz.

(1) Sous la direction de Jean Yves Breuil
(2) Visite également ouverte au public qui était nombreux ce jour là.
(3) Atelier spécialisé "Mosaïques SARL" de Loupian sous la direction de Raymond Rogliano
(4) Propos de Dominique Darde, Conservateur du Musée Archéologique. Vivre Nîmes Février 2008.
(5) Bâton en bois de cornouiller, orné de feuilles de lierre et surmonté d'une pomme de pin. C’est l’attribut de Dionysos

17/03/2008

La revue de presse

La presse continue à s'intéresser à la publication de l'ouvrage consacré à Albert Roux : Lou parage d'Usès/Le pays d'Uzès, contrairement à certaines librairies ou autres dépositaires de presse d'Uzès qui ont refusé d'en assurer la diffusion...
L'association remercie tous ceux qui ont accepté de le présenter au public.

Li nouvello de Prouvènço a consacré une page à Albert Roux Lou pouèto dou parage d'Usès. Cette revue mensuelle est destinée à relayer l’action culturelle des Pays d’Oc et des Associations Parlaren. Les associations "Parlaren" sont les continuatrices du Mouvement Parlaren, fondé en 1975 par André Ariès. On dénombre actuellement vingt-deux associations qui regroupent 1700 adhérents et militants au niveau de communes, de pays ou de départements. Une fédération départementale ou une association départementale existent dans les Alpes (Alpes-de-Haute-Provence et Hautes-Alpes), les Bouches-du-Rhône, la Drôme, le Var et le Vaucluse. (Information extraite du site Lou pourtau de la culturo pouvençalo)

Remarque : les auteurs des articles se nomment respectivement Jean Claude Roux pour Li Nouvello de Prouvènço et Jacques Roux pour Midi Libre....



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Midi Libre du jeudi 28 février 2008.jpg





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Li nouvello de Pouvènço 25 février 2008.jpg





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01/03/2008

Ces monuments disparus

La Statue du Vice Amiral de Brueys

Des cartes postales du début du XXème siècle (patrimoine photographique) et un écrit en Langue d'oc de Léon Alègre, peintre archéologue de Bagnols sur Cèze, nous font revivre la statue du Vice-amiral BRUEYS qui trônait sur la promenade des Marronniers. Mais qui était donc ce personnage ?

L’AMIRAU BRUEYS

Lou 20 d’óutobre 1861, la poupulacioun d’Uzès a saluda de sis aclamacioun l’estatuo de brounze dóu Comte de Brueys, na en Uzès (1760)*, vice-amirau, coumandant de la floto que pourté l’armado franceso en Egito, tua au coumbat d’Aboukir (1798).
Sousprés pèr lis Anglés coumanda pèr Nelson, l’Amirau Brueys se bategué coume un lioun ; mourtalamen blessa, si cambarado lou voulien empourta foro dóu chaple : - « Un amirau francés, respondegué, déu mouri sus soun banc de quart !» E mourigué uno passado après, un boulet de canoun enlevè soun cadabre, e soun veisséu se préfoundé, au crid : Vivo la Republico !
M. lou Baroun de Fontarèche, pichot-nebout e eiritié de la véuso de Brueys, a paga largamen li frès de l’estatuo, qu’es de Duret (de l’Estitut) *; e l’estatuo, forço bello, rènd bèn l’entousiasme d’aquelo noble vèuso, quavans que de mouri disiè à l’estatuaire, en parlant de soun eros : « Fasès-me lou bèu coume un fièu d’Uzès, fér coumo un enfant dóu miejour. »

Bagnóu (Gard) LEON ALEGRE (1)


Traduction

L’AMIRAL BRUEYS

Le 20 octobre 1861, la population d’Uzès a salué de ses applaudissements la statue de bronze du Comte de Brueys, né à Uzès (1760), vice-amiral, commandant la flotte qui emmena l’armée française en Egypte, et tuait au combat d’Aboukir (1798).
Surpris par les Anglais commandés par Nelson, l’Amiral Brueys se battit comme un lion ; mortellement blessé, ses compagnons voulaient l’emporter loin du carnage : - « Un amiral français, répondit il, doit mourir sur son banc de quart ! » Et un instant après il mourut, un boulet de canon enleva son cadavre, et son vaisseau s’engloutit au cri de : Vive la République !
M. le Baron de Fontarèche, petit neveu et héritier de la veuve de Brueys, a amplement participé aux frais de la statue, qu’a réalisé Duret (de l’Institut) et la statue, fort belle, rend bien l’enthousiasme de cette noble veuve, qui avant de mourir disait au sculpteur, en parlant de son héro : « Faites moi le beau comme un fils d’Uzès, fier comme un enfant du Midi. »
Bagnols (Gard) LEON ALEGRE


Notes :
* Léon Allègre commet une erreur sur la date de naissance de Comte de Brueys mais peut être est ce une faute d’imprimerie ?
* Institut de France réunissant depuis 1795, cinq académies.

(1) Archéologue et peintre qui fut également, au XIXème siècle le fondateur et le conservateur de la Bibliothèque Musée de Bagnols-sur-Cèze (1869).

Texte extrait de l’Armana Prouvençau pèr lou bèl an de Diéu 1862
AD Gard 43 - J – 16/1 Fonds Gaussen
Traduction B.Malzac

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Statue Amiral de Brueys - 1909




François Paul de BRUEYS d'Aigaliers, Vice Amiral (1753 -1798)
Le Comte François Paul de BRUEYS d'Aigaliers est né le 12 février 1753 à Uzès (paroisse de Saint Julien). Il est le fils du Baron François Gabriel de BRUEYS d'Aigaliers, Capitaine au régiment de Forez, Chevalier de Saint-Louis et de Marie de VIVET de Servezan.
Il fit ses études à Beaucaire puis Uzès et s’engagea dans la Marine à l'âge de 13 ans. Il partit au Levant (Syrie, Liban, Iran) comme volontaire sur le vaisseau le Protecteur.
Le 29 mai 1785, il épousa à Port-Royal de la Martinique, Marie Anne AUBIN de Bellevue dont il eut 3 enfants.
Ensuite, il devint Lieutenant de la Marine royale sous l'Ancien Régime et participa à la guerre
d'indépendance des Etats-Unis.
Au commencement de la révolution, quoique noble, il n'émigra pas, et, fut promu Capitaine de vaisseau à la fin de 1792. Il eut le commandement d'un vaisseau qui fit partie de l'escadre conduite par le Contre-amiral Truguet (commande les forces navales de la Méditerranée) sur les côtes de Naples et de Sardaigne.
Frappé par la loi qui excluait les nobles des emplois civils et militaires, il est destitué en 1793. Il fut rappelé sous le ministère de Truguet. (Ministre de la Marine et des Colonies du Directoire du 4 novembre 1795 au 15 juillet 1797) et réintégré en 1795. Il est nommé Major Général sous le commandement de l’Amiral Justin Bonaventure Morard de Galles pendant l'expédition d'Irlande en 1796.
Promu Contre-amiral en novembre 1796, Truguet lui donna l'ordre d'aller croiser dans l'Adriatique, mais lorsqu'il arriva à Venise, la paix avec l’Autriche avait été conclue (Traité de paix de Campo Formio signé le 17 octobre 1797). De ce fait, il fit voile vers les îles Ioniennes, et fut obligé, pour y rester un certain temps, d'avoir recours à Ali Pacha de Janina (fut le gouverneur de la région de l'Épire pour le compte de l'Empire ottoman). Il s'empara des îles ioniennes et des navires vénitiens mouillés à Corfou puis retourna à Toulon.

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Statue Amiral de Brueys - 1913





Napoléon Bonaparte le remarqua et le nomma Commandant en chef de la flotte (194 navires et 19.000 hommes) destinée à transporter l'Expédition d'Égypte (de 1798 à 1801).
A la suite de la prise de Malte, il se dirigea vers Alexandrie et après avoir échappé presque par miracle à la poursuite de Nelson., il arriva dans la rade d'Aboukir le 2 juillet 1798 (baie située à 23 Kms au nord-est d'Alexandrie).
L’amiral Brueys, sachant qu’il allait être attaqué avait choisi cette position car il pensait que ses équipages réduits et peu expérimentés avaient de meilleures chances dans la rade qu’en pleine mer. Napoléon, avec son grand bon sens habituel, pressentant que Brueys ne pourrait résister à Nelson, lui avait dépêché une estafette avec l’ordre de se réfugier à Corfou. Hélas ! le capitaine porteur de la missive fut intercepté et tué en cours de route.
Horatio Nelson qui commandait la flotte britannique l'attaqua dans la rade d'Aboukir, le 1er août 1798. Le combat fut terrible, mais la victoire se décida pour les Anglais. Dès lors Brueys ne chercha plus que la mort. Atteint de deux blessures, il ne voulut pas descendre pour se faire soigner : Un amiral français, dit-il, doit mourir sur son banc de quart. Brueys est tué à sa troisième blessure avant que n’explose son grand vaisseau amiral, L’Orient (118 canons).

En tant que marin d'Empire, son nom figure sur l'arc de triomphe de l'Étoile, à Paris.

Sa veuve de l'amiral mourut à Saint Chaptes à l'âge de 92 ans le 26 mars 1859 laissant pour héritier le baron de Fontarèche petit-neveu de l'amiral son mari.

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Statue Amiral de Brueys - 1915





La Statue
La statue, aujourd’hui disparue, est l’œuvre du sculpteur Duret Francisque Joseph (La Force civile – La force militaire au Dôme et l’église Saint-Louis des Invalides). Elle était posée sur un socle en pierre mouluré à emmarchement de plan carré et implantée sur la promenade des Marronniers. Elle représentait le Vice amiral, Comte de Brueys, près d' une ancre de marine ; avec des palmes, des guirlandes, des vagues sculptées sur le socle, et d’une hauteur de 7 mètres.
L’inscription était une dédicace gravée sur la face principale du socle, ainsi résumé : Au Vice amiral comte de Brueys né à Uzès en 1753 mort à Aboukir en 1798
Ce monument a été érigé à l'initiative de Marie de VIVET de Servezan, veuve de Brueys et avec la proposition du conseil municipal d’Uzès de mai 1857. L’inauguration eut lieu le 20 octobre 1861.
C’est en mars 1942 que l’enlèvement de la statue fut ordonné par ordre préfectoral du 23 janvier 1942. Cette décision a été prise dans le cadre de la réquisition des métaux non ferreux : en 1941, le ministère de la Production et de l’Industrie réquisitionne et récupère les métaux non ferreux pour les besoins de l’industrie française. Ensuite, elle a été stockée Béziers, aux établissements Valette et Rouanet, avec sursis de quinze jours avant sa destruction afin que la ville d’Uzès puisse faire réaliser à ses frais un moulage.
Actuellement, la face principale du socle avec dédicace a été placée sur l’escalier monumental qui permet d'accéder à la Cathédrale.

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Inauguration de la statue le 20 octobre 1862 par M. Chabanon, maire d'Uzès

Sources :
- Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850 par Charles Mullié.
- Généalogie de Mike Morice.
- Service régional de l'inventaire Languedoc-Roussillon.

16/02/2008

CAHIER N° 1 - LES MASETS

Après avoir fait l'étude des lavoirs et des capitelles ( bulletin spécial et vidéo), Histoire et Civilisation de l'Uzège a entrepris, depuis 2005, l'étude des masets avec une équipe de la section « Petit Patrimoine» élargie. Pour le premier cahier que nous vous présentons ici, 70 masets ont été étudiés dans leur architecture, avec la plus grande attention.
Le but n'était pas de faire l'inventaire exhaustif de ce patrimoine. Cela semble difficile aujourd'hui: Trop de masets sont inclus dans des propriétés fermées la plus grande partie de l'année; trop de masets sont transformés en résidences secondaires, illisibles aujourd'hui en tant que masets, (sauf quelques heureuses exceptions que nous mentionnerons).
Enfin, depuis une dizaine d'années, trop de masets ont été entièrement démontés pour servir de matériau à des bâtiments neufs. L'inventaire 2007 ne serait alors qu'un bien pâle reflet de l'abondance de ces édifices ayant réellement existés!

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SOMMAIRE

Introduction
-Pourquoi cette étude.
-Les formes et les dimensions.

L'architecture des masets
- La toiture Les murs.
-Les ouvertures

Annexe 1
-Les inscriptions
-A l'intérieur du maset : Aménagements: niches, mangeoires pour les bêtes, cheminées ...
-L'environnement des masets : Puits, citernes, bassins
-Maset ou petite métairie?

Annexe2
-Rénover son maset soi-même: mode d'emploi

14/02/2008

Lou parage d'Usès - Le pays d'Uzès

Histoire et Civilisation de l'Uzège présente une publication consacrée au poète félibre de Sanilhac, Albert ROUX


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Albert Roux (1871 – 1935). Né à Sanilhac, il n’a quitté son village qu’entre 1915 et 1918. Tout au long de sa vie, il a écrit des œuvres qui font maintenant partie du patrimoine littéraire de l’Uzège.
Après celui paru en 1985, cet ouvrage marque une nouvelle étape dans la redécouverte d’une production abondante et variée. Les poèmes ici rassemblés ont été inspirés par ce « pays » qu’il a passionnément aimé. Grâce à A. Roux, le lecteur retrouvera l’animation de la foire de la Saint-Firmin. Il parcourra aussi le territoire uzégeois aux innombrables curiosités naturelles. Il fera connaissance avec, entre autres, Ulysse Dumas, l’archéologue de Baron, ou Louis Pautex qui participa aux Jeux Olympiques de Stockholm en 1912.
Une riche iconographie accompagne, éclaire et complète les textes. Les cartes postales de l’époque restituent les lieux et les gens tels qu’ils apparaissaient aux yeux du poète. Au-delà de leur intérêt littéraire ces écrits constituent des documents ethnographiques de première importance pour la compréhension de l’histoire locale.

Présentation, traduction, notes et commentaires de Bernard MALZAC et Jean-Bernard VAZEILLELivre publié avec la collaboration de LUCIE EDITIONS - Collection Patrimoine

Prix de livre : 10 € + frais d'envoi (1 ex : 2.60 € – 2 ou 3 ex : 3,40 € - jusqu’à 6 ex : 4,20 €)

Pour toute commande, écrivez à : malzac.bernard@libertysurf.fr

11/02/2008

La revue de presse

Cette semaine, Histoire et Civilisation de l'Uzège a eu les honneurs de la presse à travers deux événements : la sortie de la revue consacrée aux activités de l'association (voir article précédent) et la présentation du livre sur Albert Roux faite à Sanilhac en présence de Denis Bouad, Conseiller Général du canton, Président de la commission culturelle du département qui a participé à l'édition de l'ouvrage et Bernard Comte, maire de Sanilhac-Sagriès qui nous a accueilli dans sa commune.
Merci à la presse locale.

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Midi Libre du 5 février 2008.jpg

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Midi Libre du 7 février 2008.jpg






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Le Républicain du vendredi 8 février 2008.jpg

09/02/2008

LUCIE EDITIONS

Lucie Editions lance une nouvelle collection consacrée au Patrimoine avec la sortie d'un premier ouvrage sur les écrits du poète félibre Albert Roux : "Lou parage d'Usès - Le pays d'Uzès" que nous avons publié récemment. Cette collection devrait permettre à tous les passionnés de patrimoine (bâti, écrit....) de pouvoir faire connaître leurs recherches et leurs travaux. Cette jeune maison d'édition (voir article) dévelloppe plusieurs autres domaines : la céramique, l'architecture,etc. Midi Libre leur a consacré un article dans son édition du vendredi 1er février 2008.


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05/02/2008

Revue d'Histoire et Civilisation de l'Uzège

L'association édite pour ses adhérents une revue dans laquelle sont décrites les activités réalisées par les différentes sections : Archéologie (Albert Ratz et Samuel Longepierre), Petit patrimoine (Christiane Chabert, Nicole Jourdan et Paulette Carrique) et Eglises romanes (Bernard Malzac). Le rythme de publication est de 5 à 6 bulletins par an.

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Sommaire du n° 105
- Le mot du Président : hommage à Jean Chante
- Compte rendu de l'Assemblée Générale
- Archéologie : Bilan des fouilles de l'été 2007 par Samuel Longe-pierre. Du 2 juillet au 12 août 2007, les fouilles se sont poursui-vies sur l'établissement romain de Roquésis et Font Clarette (Saint Quentin la Poterie). L'été précédent, une première campa-gne de fouille menée sur ce site avait déjà fait l'objet d'un bilan dans le bulletin n °102 d' H.C.U, paru au mois d'avril 2007. Les recherches, rappelons le, ont pour objectif la connaissance d'un site lié à une importante production de meules à grains de la fin de l'Antiquité, qui ont été extraites à 1,4 km au nord de ce der-nier, à l'emplacement d'un massif de conglomérat dominé par la Tour de Cantadur.
- Le petit patrimoine : l'histoire des mazets (suite), un partenariat avec Arpaillargues

Adhèsion à l'association :
- individuel : 12 €
- couple : 19 €

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