29.07.2008
La chapelle Saint-Jean d'Orgerolles à La Bastide d'Engras
La sortie proposée en juin 2008 permettait de découvrir le secteur de la vallée de la Tave en passant par le dolmen de Coucouvèze située sur la commune de Saint Laurent la Vernède, la Chapelle de Saint Jean d’Orgerolles, le village de Pougnaderesse et la rencontre avec « la roche trouée » ( Voir livre d'Albert RATZ - "Légendes, fantasmes et historiettes de l’Uzège et de la vallée de la Tave".) pour terminer par la visite de Vallabrix.
Les richesses historique, patrimoniale et architecturale de tous ces lieux ne peuvent être décrites à travers cet article. L’église de Saint Jean d’Orgerolles en est le joyau, vous allez la découvrir à travers cette étude.
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A mi-distance entre les agglomérations voisines de La Bastide et Pougnadoresse, sur un promontoire rocheux dominant la rivière de Tave, se dresse une chapelle isolée quelque peu malmenée par les ans mais encore de fière allure : Saint Jean d'Orgerolles. Jusque dans la seconde partie du XVIIème siècle, elle servait aux offices religieux des deux lieux, ce qui laissait à croire, selon la tradition qu'elle avait été construite pour desservir ces deux agglomérations. Elle aurait appartenu aux Templiers puis aux Chevaliers de Malte.
Rien, aucun document, ne nous permet de l'attribuer aux Templiers ou aux chevaliers de Malte. La réalité semble plus simple. A la fin du Haut Moyen Age, la christianisation des campagnes est totalement achevée. Quantité de petites agglomérations ont proliféré, souvent sur l'emplacement d'anciennes villas gallo-romaines. Ces petites agglomérations, composées parfois de quelques maisons, se virent dotées chacune d'une chapelle aux alentours de l'an mil.
Sur le domaine actuel de La Bastide, deux habitats s'étaient développés. Sur la rive gauche de la Tave, en un lieu appelé Criders, l'ancienne villa gallo-romaine devenue Saint-Clément de Cadens, fut érigée une chapelle, dédiée à Saint-Blaise, complètement disparue de nos jours. Par contre Orgerolles, sur la rive droite, fut dotée d'une chapelle plus importante consacrée à Saint-Jean Baptiste.
Plan de Saint Jean d'Orgerolles.jpg
L'édification de cette chapelle, typiquement d'époque romane, peut être attribuée à la fin du XIème siècle, début du XIIème. Une prospection de surface a révélé un très grand nombre de tessons de poteries témoignant d'un habitat autour de la chapelle. La couleur grise de cette céramique, due à une cuisson réductrice dans des fours au tirage médiocre, la fait attribuer au XII ème siècle, donc contemporaine de la construction de la chapelle. Contrairement à Saint-Clément de Cadens, le lieu ne recèle aucun vestige d'époque gallo-romaine. Les relevés effectués lors de notre intervention au sein de l'Association des Amis de Saint-Jean d'Orgerolles, font apparaître en premier lieu une modeste construction. Elle était composée d'une abside en cul-de-four de dimension restreinte (4 mètres d'ouverture sur 2 mètres de profondeur.). La poussée de la voûte tendant à écarter les murs, on ne pouvait pas se permettre un trop grand rayon d'ouverture. Une seule travée constituait la nef ce qui impliquait une population relativement modeste.

Saint Jean D'orgerolles - L'abside romane - 1993.jpg
Mais dès les siècles suivants et suite à l'expansion démographique qui caractérise cette période, on s'aperçut vite que la chapelle se révélait trop exiguë pour accueillir tous les fidèles en une époque où l'assistance aux offices était pratiquement obligatoire. C'est alors que l'on ajouta deux travées supplémentaires. Les murailles de la partie la plus ancienne du bâtiment, constituées par deux murs appareillés avec entre les deux un blocage central, témoignent d'un grand soin apporté à la construction de cet édifice. On ne peut pas en dire autant des ajouts postérieurs. De puissants contreforts maintiennent le mur nord. Vers le XVIème siècle, un clocher de 21 mètres fut ajouté à l'édifice ainsi que deux chapelles latérales que l'on ouvrit dans le mur méridional. La première consacrée à Saint-Michel aurait été affectée à Pougnadoresse. La seconde devait servir de sacristie éclairée à l'est par un curieux œil-de-bœuf que l'on pouvait voir encore il y a seulement deux décennies.

Saint Jean D'orgerolles - Le Clocher.jpg
Ce clocher dans le plus pur style roman, bien qu'élevé au début du XVIème siècle, est une véritable forteresse. Une tour hexagonale accolée contre le mur méridional extérieur abritait un escalier en colimaçon permettant d'accéder aux étages supérieurs. Il semblerait bien que ce clocher ait été construit dans un but défensif. Une légende voudrait que cette chapelle ait subi un siège, sans doute au temps des guerres de religion. Ce n'est pas impossible puisqu'il pouvait contrôler l'ancienne route d'Alès appelée dans cette portion « Chemin des Huguenots ». L'inscription que l'on peut déchiffrer sur le contrefort d'angle au nord-ouest «W le roy, W Bastide 1588 » semblerait conforter cette hypothèse.(1)
Si les bâtisseurs du clocher avaient bien respecté le style roman de l'ensemble, ils semblent avoir totalement ignoré les contraintes liées à cet art en construisant les deux chapelles latérales nécessitant pour leur accès la création de deux grandes ouvertures dans le mur méridional. Or, la poussée de la voûte en plein cintre n'étant plus supportée par l'épaisseur des murs et de puissants contreforts, la chapelle en fut d'autant fragilisée. En dépit de quelques travaux minimes, à l'aube du XXème siècle, les murs s'écartant, les voûtes et la toiture de deux travées s'effondrèrent réduites à un tas de gravats obstruant une partie de la nef. Seule la première travée, étayée par le clocher, échappa au désastre. Tel était l'état de la chapelle au cours des années 1970.

Portail ouest - Archivolte polychrome - 1993.jpg
Le territoire de La Bastide était inféodé depuis 1212 à l'Évêque d'Uzès par le comte de Toulouse (2). La chapelle fut consacrée aux cultes de Pougnadoresse et de La Bastide. Cette situation perdura jusqu'en 1678, date à laquelle ces deux agglomérations furent autorisées par l'évêque à construire et à posséder leur propre chapelle. Ce fut la chapelle Saint-Michel à Pougnaderesse dès 1679 et l'église Saint Jean-Baptiste élevée au rang de prieuré cure à La Bastide. Seule restriction que devaient respecter les deux villages, Pâques et les grandes fêtes religieuses devaient être célébrées à Saint-Jean d'Orgerolles. Il semble que cette tradition se perdit rapidement vu l'état de délabrement et de vétusté de l'édifice. Que s'était-il donc passé ? A une agglomération déclinante, Orgerolles, les deux bourgs voisins, profitant de l'expansion démographique et de leur situation dominante, avaient largement prospéré aux dépens de la localité d'origine. Les populations avaient dû se déplacer, montant vers les crêtes voisines, lieux plus sûrs et plus faciles à défendre. Ces mouvements s'étaient peut-être accélérés au cours de la guerre de Cent Ans mais sans doute plus tôt, dès le XIIIème siècle, à La Bastide, où se trouvait une place forte déjà citée au tout début de ce siècle et autour du château de Pougnadoresse.
Les offices, dès lors, furent célébrés à La Bastide par un prieur résident et à Pougnadoresse par son vicaire amovible. En 1754, succédant à Messire de Larnac, Messire Vignal est nommé prieur curé de La Bastide. Le prieur est un nanti avec 2400 livres (3) de dîme par an, reversant...100 livres (4) à son vicaire amovible de Pougnadoresse. Tout se passa bien au début de ce ministère. A partir de 1760 de nombreuses contestations surgirent entre le prieur et la population. Cette dernière reprochait au prieur d'avoir fait enlever des pierres de la démolition de Saint-Jean d'Orgerolles et de ses les être appropriées. Elle lui reprochait, en outre, ses réclamations incessantes, ses nombreuses absences, souvent de plus de huit jours et le fait de ne pas assister les malades. C'était la première fois que cette population pourtant entièrement catholique s'opposait à l'autorité ecclésiastique.
Faut-il y voir un signe des temps ? Il ne s'agissait certainement pas d'un mouvement antireligieux mais plutôt anticlérical contre le prieur. Ce dernier, apparaît comme son prédécesseur, un personnage autoritaire, exigeant, coléreux, vindicatif et qui se croit tout permis. Première représaille de sa part : les cloches ne sonneront plus les trois coups annonçant les offices mais seulement au moment de sa montée à l'autel (5). Deuxième représaille : Monsieur le prieur, affirmant qu'au cours de ces altercations, des paroissiens lui ayant manqué selon ses propres termes, considérant que sa véritable église était Saint-Jean d'Orgerolles pourtant ruinée, les offices s'y dérouleraient, obligeant la population de La Bastide à parcourir plus d'un kilomètre pour assister aux offices. Une décennie plus tard, la Révolution française sonnait le glas de toutes ces querelles et Saint-Jean d'Orgerolles retomba dans l'oubli jusqu'au jour où ...
En dépit des outrages du temps et de l'abandon total par les hommes, malgré les dégradations intérieures, le bâtiment demeurait dans son intégrité dressant fièrement son clocher au milieu d'un paysage quasi désertique et totalement ignoré. L'escalier extérieur en colimaçon aujourd'hui disparu et qui desservait les divers étages du clocher est encore visible sur un dessin des années 1880 (6). A cette date, les chapelles latérales sont déjà démolies et leurs ouverture condamnées. Le clocher a perdu plus d'un mètre de sa flèche. La toiture et les voûtes centrales se sont effondrées. Plus tard, l'intérieur de la chapelle a été saccagé, souillé de graffiti. A l'extérieur le cimetière communal qui avait été utilisé par La Bastide jusqu'en 1908, date de là création d'un nouveau cimetière au sud-est du village, a été la victime de vandales qui n'ont respecté ni les tombes, ni la croix centrale.
Article rédigé par Marcel PARIS, Vice-président de l'Association Les Amis de Saint-Jean d'Orgerolles.
Carte postale et photos de B.MALZAC
Le prochain texte sera consacré aux actions ménées par l'Association des Amis de Saint-Jean d'Orgerolles
(1)- H- L. LABANDE, (d'après) Étude d'histoire et d'archéologie romane, Provence et Bas-Languedoc, T.I. Églises et chapelles de la région de Bagnols-sur-Cèze (Nord-est du Diocèse d'Uzès), Publication des notes et dessins de M. Léon Alègre, pp.133 à 136, F.Seguin, Avignon, A.Picard et Fils, Paris 1902.
(2)- Alors RAIMOND VI (1156-1222) ; Cette inféodation fut, sans doute, un des avatars de la Croisade des Albigeois, mais ceci est une autre histoire.
(3)- 2 400 livres = environ 72 000 francs soit 10 976 euros. Un instituteur touchait alors 120 livres annuellement équivalent à 3 600 francs soit 549 euros
(4)- 100 livres = environ 3 000 francs soit 457 euros.
(5)- Jusqu'à cette époque où cette population ne possédait pas de montres, les sonneries de cloches n'annonçaient pas seulement les offices mais elles étaient des repères dans le temps au cours de la journée.
(6)- Dessin de A.C PIGEON, Instituteur et Secrétaire de Mairie à La Bastide.
27.07.2008
BULLETIN N° 107
Le numéro 107 de la revue a été adressé aux adhérents en ce début juillet 2008. En voici le sommaire :
- Le mot du Président
- Le Rhône rend ses trésors à Arles la Romaine
- Le lieu dit : le mazet d'Arpaillargues
- Balade dans l'histoire, balade dans Montaren
- Une belle promenade sur le sentier des Conques à Arpaillargues
- Païolive : association Saint Eugéne en Païolive
- L'oignon Rocambole de Paulette
Les articles sont signés par Christiane Chabert, Mireille Berthier et Serge Urbain Maurin.
Adhèsion à l'association :
- individuel : 12 €
- couple : 19 €
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04.06.2008
La statue du Priape d'Arpaillargues
Le programme de mai proposait de découvrir la faune, la flore et le bâti rural situés sur le "Sentier des Conques" récemment aménagé par la commune d’Arpaillargues. Cette balade était agrémentée par les commentaires de Philippe Tiébault et Annie Auberlet. Cerise sur le gâteau, nos guides emmenèrent le groupe en mairie pour voir les vitrines présentant des objets archéologiques et admirer la statue du dieu Priape, trouvés à Aureilhac.

Une capitelle sur le sentier des Conques.jpg
La statue du dieu Priape
Cette statue en pierre calcaire a été trouvée en 1970 par M. Mercier sur ses terres, à Aureilhac, lors de travaux agricoles. Après la découverte du torse, des fouilles complémentaires par le Service régional d’Archéologie (Direction régionale des Affaires culturelles Languedoc-Roussillon) ont permis de retrouver d’autres fragments, à l’exception de la tête et du bras gauche.
M. Mercier a fait don de la statue à la commune d’Arpaillargues et Aureilhac en 2007.

Priape d'Arpaillargues chez son inventeur.jpg
La posture de la statue (tunique retroussée, laissant apparaître le sexe) ne laisse aucun doute quant à l’identité du personnage : il s’agit du dieu Priape. Le culte de Priape, venu d’Asie Mineure, s’était répandu dans tout l’empire romain. Fils de Bacchus, Priape était à l’origine le dieu des jardins, protecteur des récoltes ; les Romains l’associèrent plus directement à la fécondité et à la sexualité. Ici Priape utilise sa tunique relevée comme un tablier pour porter des fruits. Il est représenté de la même manière sur une statue retrouvée à Ephèse (actuellement en Turquie) et datée du IIe siècle après Jésus-Christ. La tête de la statue d’Aureilhac a disparu (elle était amovible, comme pour beaucoup de statues romaines) ; Priape était habituellement figuré comme un homme barbu.
Les statues monumentales de Priape sont relativement rares. On plaçait souvent son effigie, grossièrement taillée dans un tronc d’arbre, dans les jardins, les vignes et les vergers, pour favoriser les récoltes. Ces statues de bois n’ont pas été conservées mais il existe beaucoup de statuettes ou d’amulettes en bronze, plutôt destinées à protéger leur possesseur contre le mauvais sort.
Dans la région, on connaît peu d’autres statues de Priape. Il existe un torse (très abîmé) au musée de Beaucaire, et une statue au musée de Narbonne (trouvée à Roquefort-les-Corbières). Datée du IIIe siècle, elle représente le dieu vêtu d’une tunique, portant une corbeille de fruits et un bébé et tenant un deuxième enfant par la main.

Priape - Musée de Selçuk à Ephese - Turquie.jpg
Le Priape d’Aureilhac est donc une découverte exceptionnelle, qui s’ajoute aux nombreux vestiges archéologiques de la commune pour confirmer l’importance du site à l’époque romaine. On ignore quel était le contexte d’origine de la statue : installation en plein air dans les champs, dans un temple, ou associé à une villa ? aucun vestige de construction n’a été identifié dans le périmètre des fouilles réalisées.
La statue a été retrouvée cassée en nombreux fragments très dispersés, sa tête est restée introuvable. Cela laisse penser qu’elle ne s’est pas brisée par accident mais qu’on a volontairement voulu la détruire. D’après le Dr Drouot, cette destruction pourrait avoir été commise après la christianisation de l’Uzège : il fallait faire disparaître cette divinité païenne devenue scandaleuse aux yeux des chrétiens…

Explications devant le Priape.jpg
Bibliographie
- Gallia, 1973, tome 51, fascicule 2, p. 498
- E. Drouot : procès-verbal de la séance du 10 mai 1974
- Bulletin de l’Académie de Nîmes, 1974, pp. 73-75
- E. Drouot : « Une découverte archéologique inédite : le Priape d’Aureilhac (Gard) »
- Mémoires de l’Académie de Nîmes, 1977, VIIe série, tome LIX, pp. 213-226.
- M. Provost (dir.) - Carte archéologique de la Gaule, 1999, p. 164
Texte publié avec l'autorisation de Brigitte Chimier, Conservatrice du Musée d'Uzès
Une découverte archéologique inédite : Le Priape d’Arpaillargues (Gard)
« ...A première vue, le dit objet paraît se rapporter à un buste humain auquel manquent la tête et la majeure partie des membres. L'attention est tout de suite attirée par la figuration du sexe masculin, très apparent, et en érection, mais en partie brisé. Nous entreprenons alors un examen méthodique de ce qui nous paraît effectivement appartenir à une statue antique...
...Au sommet du buste, une excavation hémisphérique, à l'emplacement du cou, remplace la tête absente et que l'on n'a pas retrouvée pour l'instant. Notre confrère M. Lassalle devait d'ailleurs nous apprendre qu'il n'était pas rare d'observer des statues antiques dont la tête avait été rapportée après coup, ayant été peut-être commandée à un atelier spécialisé. C'est ainsi que des statues d'empereurs avaient pu, à moindres frais, recevoir les traits du nouveau césar lorsque le précédent avait disparu : sic transit gloria mundi... C'est en tout cas ce système d'une tête rapportée qui avait été adopté ici.
Continuons notre investigation par le vêtement du personnage. C'est une longue tunique. Elle est plissée et la marque des plis se traduit sur la face dorsale par une série de cannelures verticales de facture plutôt raide. Cette tunique comporte de courtes manches qui s'arrêtent au-dessus du coude, Ces manches sont fendues latéralement, découvrant les bras, mais la fente principale est divisée en plusieurs petites ouvertures fusiformes grâce à quelques boutons. Cette forme de manches fendues, devait encore nous expliquer M. Lassalle, semble dénoter une mode vestimentaire d'origine grecque ou orientale.
Sur la face antérieure, le personnage a relevé haut sa tunique, jusqu'au dessus de la ceinture, découvrant ainsi son organe génital, avec un volumineux pénis en érection mais en partie brisé. Tout ce qu'une pareille attitude comporte d'insolemment impudique se trouve cependant assez curieusement atténué par le fait que le sujet a voulu utiliser le repli de son vêtement pour en faire une sorte de corbeille où s'accumulent des objets aujourd'hui difficiles à identifier, sauf l'un, bien visible. qui a la forme et la dimension d'un fruit arrondi, prune ou petite pomme.
Enfin la statue mutilée, telle qu'elle apparaissait avant les recherches ultérieures, avait perdu ses membres inférieurs à la racine des cuisses, ainsi que ses avant-bras et ses mains... »
Par le Docteur Edouard DROUOT membre résidant Président
Extrait des Mémoires de l’Académie de Nîmes Tome LIX 1974

Le dieu Priape Fresque dans la villa des Vétii à Pompéi.jpg
LE DIEU DES JARDINS
"...Jeunes gens, c'est moi, dont vous voyez l'image de chêne grossièrement façonnée par la serpe d'un villageois, c'est moi qui a fertilisé cet enclos, qui ai fait prospérer de plus en plus chaque année cette rustique chaumière, couverte de glaïeuls et de joncs entrelacés. Les maîtres de cette pauvre demeure, le père comme le fils, me rendent un culte assidu, me révèrent comme leur dieu tutélaire: l'un a soin d'arracher constamment les herbes épineuses qui voudraient envahir mon petit sanctuaire ; l'autre, m'apporte sans cesse d'abondantes offrandes: ses jeunes mains ornent mon image, tantôt d'une couronne émaillée de fleurs, prémices du printemps; tantôt d'épis naissants aux pointes verdoyantes; tantôt de brunes violettes, ou de pavots dorés, de courges d'un vert pâle, ou de pommes au suave parfum; tantôt de raisins que la pourpre colore sous le pampre qui leur sert d'abri. Parfois même (mais gardez-vous d'en parler) le sang d'un jeune bouc à la barbe naissante ou celui d'une chèvre ont rougi cet autel. Pour prix des honneurs qu'ils me rendent, je dois protéger les maîtres de cette enceinte, et leur vigne et leur petit jardin. Gardez-vous donc, jeunes garçons, d'y porter une main furtive. Près d'ici demeure un riche voisin, dont le Priape est négligent. C'est là qu'il faut vous adresser: suivez ce sentier; il vous y conduira..."
"...Redoute donc, passant, la divinité protectrice de ces lieux, et garde-toi d'y porter la main. Il y va de ton intérêt ; sinon, ton châtiment est prêt : ce phallus rustique te l'infligera. Par Pollux! Dis-tu, de grand cour! Oui ; mais, par Pollux ! Voici venir le métayer : brandi par son bras vigoureux, ce phallus va, pour toi, se changer en massue..."
Textes extraits des Elégies de Catulle en l'honneur du dieu Priape communiqués par Philippe Thiébot
Voir le site : www.arpaillargues-aureilhac.fr/ et notamment le journal municipal n° 7 de Janvier 2008
Photos de Christiane Chabert, Philippe Tiébot, Bernard Malzac
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26.05.2008
Balade dans l’histoire, balade dans Montaren
C’est par un dimanche ensoleillé d’avril (mois des balades) et à l’issue d’un délicieux et convivial repas pris à la ferme auberge de la Bruyerette que notre groupe d’une vingtaine de personnes se retrouve au pied de la Carcarie.
Voilà bien l’endroit idéal pour situer notre lieu de promenade qui s’étale entre la "montagne " de pierre et de forêt de chênes contre laquelle se presse le village et le confluent des Seynes et du minuscule mais parfois redoutable Rieu où se développent les cultures aujourd’hui " mangées " par les constructions de lotissements.
Montaren, la montagne de sable.
La colline qui culmine à 189 mètres d’altitude, est un reste de ces ondulations (les garrigues) formées lors du relèvement du Massif Central à l’ère Tertiaire (à la suite des soulèvements des Pyrénées et des Alpes).
Constituée de roches détritiques accumulées au fond des mers Secondaires et Tertiaires, la Carcarie a longtemps fourni aux habitants du village, la pierre calcaire et le sable destinés aux constructions.
Montaren, les origines du village.
En l’absence de fouilles archéologiques et de documents probants, il est évidemment difficile de décrire avec précision les origines du village. Situé au pays des Volques Arécomiques, cette peuplade celtique cumulait activités agricoles et commerce. On peut toutefois supposer que ce lieu offrait des atouts indispensables à cette activité et pourquoi ne pas imaginer que la Tour Sarrasine, posée sur un rocher culminant du village, est l’héritière (évidemment mille fois remaniée) de ces tours servant de greniers, d’abris pour les marchands et les animaux qui jalonnaient les voies de commerce reliant le Massif Central à la vallée du Rhône ?

Montaren - Tour Sarrasine.jpg
Propriété, au XXème siècle, de Jean Puget dont la famille possédait le château de Montaren, la tour garde les marques de cette appartenance : les étais qui consolident le bâtiment ont la forme du P de Puget. Jean Puget fit aussi ouvrir des fenêtres à meneaux pour éclairer la tour (on dit qu’elles proviennent de l’abbaye de Valbonne) et il fit placer, à l’angle de celle-ci, une magnifique borne romaine.

Montaren - Le Château.jpg
La présence romaine est attestée de façon plus évidente (soubassement de la Tour Sarrasine, autel votif, fragments de statue découverts lors de la construction de la voie ferrée en 1880, tessons d’amphores, de dolia...). Les mas, comme tous ceux situés au nord d’Uzès se trouvent à une altitude d’environ 110 mètres et conservent la fière allure des anciennes villas gallo-romaines (la Mairie en particulier).

Ancienne Mairie Montaren.jpg
(Il s’agit de l’ancienne mairie et donc pas d’une villa romaine : elle a été construite au XIXème siècle, par contre, la maison que l’on voit en face à droite est le reste d’une ancienne tour de défense à la limite du fort)

Montaren - Cour de la Mairie.jpg
Des invasions barbares au village médiéval.
Si les invasions barbares ont détruit la belle ordonnance de la civilisation romaine, il est évident que tout n’a pas disparu. A quelques kilomètres de Montaren, le prieuré de Saint Médiers continue à contrôler les voies de passage vers le Rhône et la tour Sarrasine à Montaren doit fièrement veiller sur les quelques habitations agglutinées autour des ses épaisses murailles.
Il faut toutefois attendre le XIIIème siècle pour voir apparaître vraiment un château et une famille des seigneurs de Montaren. A deux pas de la Tour Sarrasine, le château dresse une, puis deux tours massives et tout aussi austères. Le seigneur est alors le vassal de celui d’Uzès et aussi de l’évêque.
Très vite, la porte romane de l’Arcade, relie les deux minuscules villages (on compte moins de 7 feux (1) dans chacun) encore bien reconnaissables sur les plans. Le village entier s’entoure alors d’un rempart hérissé de tours (on les distingue dans la partie du Nord-Est du village) formant le fort.

Montaren - Porte de l'Arcade.jpg
L’actuelle rue des Acacias (qui entoure ce fort) occupe l’emplacement des anciens fossés et, le long de la Rue Principale, le Barry est un reste de l’ancien rempart. On y marche encore sur les voûtes et au dessous, les garages actuels occupent les anciennes échoppes des artisans d’autrefois.
(1) Le " feu " est une unité d'imposition de base qui correspond au foyer fiscal. Au Moyen Âge, il était défini comme un ensemble de personnes "vivant au même pot et au même feu ", c'est-à-dire menant une vie commune.
Le village de l’ancien régime.
En dépit des guerres de religion, le village qui a très vite adopté la Réforme, se développe considérablement aux XVIème et XVIIème siècles :
A l’intérieur du Fort, on construit un temple (à l’emplacement de l’actuelle terrasse du château) les maisons à degrés se multiplient sur cet espace réduit. Chaque étage étant parfois occupé par des familles distinctes ainsi que le révèlent les compoix (l’espace dont dispose une famille ne dépassant rarement 15 mètres carrés). L’artisanat accompagne désormais les activités agricoles : celui de la laine et celui du chanvre car Montaren dispose de nombreuses canebières.

Montaren - Avenue d'Uzès - Activité pastorale.jpg
Le Fort éclate donc et au Nord (la Roquette), puis à l’Est (les Amandiers) et au Sud (le Plan) se développent de nouveaux quartiers où se mêlent tenanciers du Seigneur, cardeurs, tisserands et aussi bourgeois (négociants, faiseurs de bas, notaires, chirurgiens, receveurs des tailles...). Chaque quartier semble replié sur lui-même, peu ouvert vers l’extérieur. Mais les maisons communiquent et les rues permettent de gagner rapidement le fort et de s’y mettre à l’abri (on est frappé par la ressemblance avec les bourgades à Uzès).

Montaren - Quartier du Plan.jpg
C’est au sud du fort qu’est reconstruite, à la fin du XVIIème siècle, l’église de Montaren (la vieille église située à l’Est ayant été détruite au cours des dernières guerres de religion). Sévère et ouverte vers le Nord (vers le Fort), la nouvelle église domine le quartier dont il faudra renforcer les défenses au moment de la guerre des Camisards (ces fortifications sont encore visibles de la route Alès-Uzès). Mais si l’extérieur est austère, l’intérieur, refait au XIXème siècle, offre un bel exemple de l’art Saint Sulpicien.

Montaren - L'église.jpg
Les seigneurs de Montaren ont disparu depuis longtemps et une foule de coseigneurs (bourgeois enrichis qui ont racheté château, terres, droits de justice, de banalités, de censives...) se partagent le château et ses dépendances. Dans un souci de reconnaissance, aux yeux de la "vraie noblesse " et du Roi, ils copient ce qui se fait à Uzès, percent des fenêtres dans leurs demeures, entourent leurs portes de bossage en pointe de diamant et n’oublient pas de rehausser leur toit du pigeonnier qui affirme leur autorité. Là encore, comme à Uzès, les pigeonniers s’alignent du Nord au Sud du village, plaçant le pouvoir au cœur de celui-ci. Ils possèdent les bonnes terres, les terres à céréales qui s’étalent jusqu’aux Seynes. Mais à trop vouloir imiter les Grands, ils vont s’enfermer dans une routine destructrice et, bien avant la Révolution française, ils vont disparaître, ruinés ou dépossédés de leurs biens par la Révocation de l’Edit de Nantes. La destruction de leurs blasons sur les tours du château en 1790 signifie aussi la fin des Chapelier, des Folcher, des Lévêque, des Deroche... Seuls les d’Albon survivront quelques temps encore et leur nom subsiste avec le plus beau pigeonnier du village : la d’Albonne.
De nouveaux changements au XIXème siècle.
A force d’économie, quelques familles d’artisans vont réussir à acheter des terres. Beaucoup plus dynamiques que les anciens propriétaires, ils vont utiliser les engrais (le buis de la Carcarie sera abondamment exploité), multiplier les plantations de mûriers et l’élevage du ver à soie, développer les vignes...
Les quelques agriculteurs qui subsistent dans la commune aujourd’hui, sont souvent leurs descendants.
C’est vers 1830 que l’on reconstruit, au bout de l’aire des Amandiers, le Temple détruit en 1685. Les habitants du village vont payer de leur peine cette reconstruction, charriant depuis la Carcarie, pierres et sable destinés aux travaux. Soucieux de paix religieuse qui garantit le calme civil, le Roi Louis-Philippe, financera sur sa casette la fin des travaux.
Il reste des pierres et les familles protestantes vont en faire des murets entourant de petits jardins offrant les avantages des potagers arrosés avec l’eau des puits, souvent communs à deux jardins et celui de lieux de détente que la famille fréquente le dimanche après l’office.
Aujourd’hui, ces petits jardins, propriétés de particuliers ou de la commune, restaurés par l’Association "Citrouille et Compagnies" sont devenus des lieux de rencontres conviviales et festives.
Au cœur du village, artisans et commerçants ont disparu, les terres à blé ont laissé place à des lotissements. Au gré de ses ruelles, Montaren conserve cependant son charme un peu austère, un peu mystérieux.
Compte rendu réalisé par Mireille Berthier
Photos Mireille Berthier
Cartes postales Bernard Malzac
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09.05.2008
Légendes, fantasmes et historiettes de l’Uzège et de la vallée de la Tave
Histoire et Civilisation de l'Uzège présente une nouvelle publication qui s’intitule :
Légendes, fantasmes et historiettes de l’Uzège et de la vallée de la Tave.
L’Uzège, micro-région qui correspond approximativement au canton administratif d'Uzès, fut le berceau - comme toute région - de légendes, de fantasmes et d'anecdotes.
Ces "histoires" se transmettant de bouche à oreille, le soir à la veillée en un temps où n’existait ni le cinéma, ni la télévision, ni internet ...

Or, de nos jours, elles étaient condamnées à l'oubli, et à disparaître à tout jamais.
L'association Histoire et civilisation de l’Uzège en a recueilli le plus possible auprès des «anciens» qui, presque tous, nous ont quittés au moment de cette publication.
Si deux ou trois récits sont macabres, en revanche la plupart sont hilarants, mis en forme et présentés par Albert RATZ (Professeur d'Histoire- Géographie et archéologue) pour le plus grand plaisir du lecteur.
Ce livre est publié en collaboration avec LUCIE EDITIONS - Collection Patrimoine
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BON DE COMMANDE
Légendes, fantasmes et historiettes de l’Uzège et de la vallée de la Tave.
Nom – Prénom :
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Nombre d’exemplaires : ............ X 10 euros =
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13.04.2008
Bulletin n°106
Le numéro 106 de la revue a été adressé aux adhérents en ce début avril 2008. En voici le sommaire :
- Le mot du Président
- Archéologie : les fouilles de l'équipe de Samuel Longepierre à Saint Quentin la Poterie
- La mosaïque de Penthée
- Petit patrimoine
- Le vieux Remoulins
- Histoire de l'Uzège : aspects du Protestantisme en basse Gardonnenque
La publication de la revue est assurée par CHABERT Christiane, Vice Présidente.
Adhèsion à l'association :
- individuel : 12 €
- couple : 19 €
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06.04.2008
Li merle d'Uzès / Les merles d'uzès
Le patrimoine écrit doit être protégé et valorisé au même titre que le bâti. C’est le sens de la démarche que met en oeuvre Histoire et Civilisation de l’Uzège en publiant les livres présentés dans ce blog :
- Lou parage d’Usès / Le pays d’Uzès, recueil de poèmes du félibre Albert Roux
- Légendes, fantasmes et historiettes de l’Uzège et de la vallée de la Tave recueillis par Albert Ratz (voir bulletin de souscription).
Cette action n’a pu se concrétiser que grâce au concours de Lucie Editions (Directeur Yannick Breton) qui a accepté d’éditer ces ouvrages dans la Collection Patrimoine.
D'autres auteurs comme Emile Brunet, Jules Couderc ou Alfred Méric qui ont écrit au début du XXème siècle, mériteraient d'être mieux connus du public. Le travail ne fait que commencer et doit se poursuivre avec toutes les bonnes volontés afin que le patrimoine littéraire de l'Uzège se perpétue dans le temps.
Pour illustrer à la fois, le félibrige (cher à Albert Roux), les historiettes (mémoire de l'imagination populaire) et Uzès (riche de son passé), je propose la lecture de ce récit de Frédéric Mistral intitulé :
LI MERLE D’UZES
Un matin, au marcat d'Uzès, la femo d'un aucelaire avié mes en vèndo un gabiado de merle.
Un matin au marché d’Uzès, la femme d’un oiseleur avait mis en vente tous les merles contenus dans une cage.
Moussu Bretoun, - un farceiaire, - venguè à passa davans la marchandiso :
Monsieur Breton – Un farceur – vint à passer devant cette marchandise :
- Tè! vaqui de bèu merle ! ... Quau saup quant li vènd !
- Tiens, voilà de beaux merles ! Qui sait combien elle les vend ?
- Quant li vènde, Moussu ? ... Oh! tenès, pas que vint sòu.
- Combien je les vends, Monsieur ? ...oh ! tenez, pas plus de vingt sous.
- Vint sòu ? aco 's pas car, diguè Moussu Bretoun, e subre-tout s'es de merle d'Uzès.
- Vingt sous ? ce n’est pas cher, dit Monsieur Breton et surtout si se sont des merles d’Uzès.
- Coume d'Uzès! adounc fai l'auceliero, de tout segur es de merle d'Uzès ...
- Comment d’Uzès ! alors donc fait l’oiselière, bien sûr, ce sont des merles d’Uzès...
- La femo, vès, fasès bèn atencioun : vous demande se soun d'Uzès ...
-La femme, faites bien attention : je vous demande s’ils sont bien d’Uzès ...
- Moussu, poudès coumta que soun d'Uzès. Moun ome, vous responde, lis a tòuti cassa dins lou terraire ...
- Monsieur, vous pouvez être sur qu’ils sont d’Uzès. Mon mari, je vous assure, il les a tous chassé dans la région.
- Oh ! dòu rèsto, se soun d'Uzès o noun, acò sara lèu vist. Vous n'en vau croumpa un ;
- Oh ! qu’ils soient d’Uzès ou non, ce sera vite vu. Je vais vous en acheter un ;
e, s'es d'aquéli que vourriéu, s'es un merle d'Uzès, ièu vous li croumpe tòuti ... Vaqui vint 'sòu.
et, c’est celui là que je voudrais, si c’est un merle d’Uzès je vous les achète tous... Voici vingt sous
E l'auceliero duerb la gàbi. Moussu Bretoun pren un di merle, e'm'acò, adrechamen, tout en lou masentant e fasènt semblant de rèn, fai avala à l'aucèu uno peceto d'or.
Et l’oiselière ouvre la cage. Monsieur Breton prend un des merles, alors, adroitement, tout en le maintenant et faisant semblant de rien, il lui fait avaler une piécette d’or.
- En efèt, dis, a bèn tout l’èr d'èstre d'Uzès... Mais 1'anan encaro miéus vèire.
- En effet, dit il, il a bien l’air d’être d’Uzès... Mais nous allons encore mieux le voir.
E jito au sòu lou pauvre merle. Quand l'a tua, lou duerb emé soun coutèu, e, - vesès lou cop de tèms, - dins lou gava ié trovo uno peceto de dès franc!
Et il jette au sol le pauvre merle. Quand il l’eut tué, il l’ouvre avec son couteau et, miracle, dans son estomac il trouve une piécette de dix francs !
- Aquéu es bèn d'Uzès, dis, vaqui lou louvidor.
- Celui là est bien d’Uzès, dit il, voilà un louis d’or.
E l'empocho... La marchando, councevès, èro aqui, esbalauvido.
Il l’empoche…La marchande, vous vous en doutez, en resta bouche bée.
- Eh ! bèn coumaire, parèis que soun d'Uzès...
- Eh bien, ma chère, il parait qu’ils sont d’Uzès...
An ! sias pas messourguiero. A vint sòu, vous li prendrai tòuti.
Allons, vous n’êtes pas menteuse. A vingt sous, je vous les prendrai tous.
Mai l'auceliero, alor :
Mais l’oisellière, alors :
- Escusas, noun ! ... Moussu, aro que ié sounge, me lis an retengu, pode pas n'en mai n’en vèndre... Nàni, vesès, vous n'en vènde plus gens...
- Excusez, non ! ... Monsieur, maintenant que j’y pense, on me les a retenu, je ne peux pas en vendre davantage...Non, voyez, je ne vous en vend plus....
- Sara coume voudrés, Moussu Bretoun respond.
- Ce sera comme vous voudrez, répond Monsieur Breton
Sèmblo, pamems, que quand avès fa 'n pache...
Il me semble tout de même, que nous avons passé un accord...
Mai sènso l'escouta, esperdudo, abrasamado, deja la femo avié pres la gàbi e vira lou cantoun.
Mais sans l’écouter, éperdue, embarrassée, déjà la femme avait pris la cage et s’était enfui du lieu.
A la proumiero androuno ounte se trouvè soulo, s'arrestè.
A la première ruelle où elle se trouva seule, elle s’arrêta.
- Un pau vèire, dis, se soun touti d'Uzès... E moun viedase d’ome que sabié pancaro acô ! ...
Je vais un peu voir s’ils sont tous d’Uzès...Et mon imbécile d’homme que ne savait pas encore cela !...
Afeciounado, aganto un di merle, 1'estrang1o vitamen, ié crèbo lou gava' mé si cisèu... Mai de peceto d'or, bernico !
Avec engouement, elle attrape un des merles, l’étrangle promptement, lui crève l’estomac avec ses ciseaux.... Mais de piécette d’or, rien !
- Tu, dis, siès pas d'Uzès, coudoun !
- Toi, dis moi, tu n’es pas d’Uzès, couillon !
Afiscado que mai, n'escano un autre, ié tranco lou peirié... Mai de peceto, bst ! pas mai que sus lou nas.
Plus empressée que jamais, elle en étrangla un autre, et lui trancha l’estomac...Mais des piécettes, bernique ! pas plus que sur le nez.
- Tu, siés mai pas d'Uzès, dis, au diable !
- Toi aussi, tu n’es pas d’Uzès, dit elle, va au diable !
Alucrido, zôu mai, estoufo un autre aucèu, i' esfato lou gresié... Mais de rousseto, nado! n'i'a pas cap !
Intéressé, à nouveau, elle éttouffe un autre oiseau, et lui met le gésier en morceaux...Mais des pièces d’or, aucune ! Il n’y en a point !
- Avalisco !
- Au diable !
E ansin, à-de-rèng, la bono femo aferounado tuè touti li merle, fin que d'un. E quand aguè tout mourfi e que veguè, doulènto, aquéu massacre d'aucelun :
Ainsi, au fur et à mesure, la bonne femme toute excitée tuait tous les merles jusqu’au dernier. Et quand elle eut tout tué et qu’elle vit, affligée, ce massacre d’oiseaux :
- Ai! Lasseto ! diguè, se fau pas èstre malurouso !
- Hélas ! Pauvrette ! dit elle, s’il ne faut pas être malheureux !
Sus touto la gabiado n'i’en avié qu'un d'Uzès, e vau lou vèndre per vint sòu ! !
Sur toute la cage, il n’y en avait qu’un d’Uzès et je vais le vendre pour vingt sous !!
Moussu Bretoun èro eilalin que se tenié li costo.
Monsieur Breton était là bas au loin qui se tenait les côtes.
Frédéric MISTRAL 
Ce récit a été publié dans l'Armana. Prouvençau de 1867. Il est extrait de l'ouvrage :
"Les contes provençaux : contes, récits, fabliaux, sornettes de ma mère l'oie, légendes, facéties, devis divers."
Cette œuvre de F. Mistral est disponible dans son intégralité sur le site Gallica (Bibliothèque nationale de France)
Frédéric Mistral est venu présider les fêtes félibréennes qui se sont déroulées à Uzès en août 1892.
Traduction Bernard MALZAC avec la collaboration d’André POTIN
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29.03.2008
La Mosaïque de Penthée
Durant l'année 2007, les archéologues (1) de l'INRAP (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives) ont réalisé un chantier de fouilles situé sur le boulevard Jean Jaurès à Nîmes. Lors de cette intervention, ils ont mis au jour en juin, deux mosaïques datant du IIème siècle après JC. Compte tenu de leur grand intérêt, il a été décidé de permettre au public d’assister à la phase finale de la restauration de celle qui présente l' iconographie la plus élaborée et qui est la mieux conservée.

Vue d'ensemble de la mosaïque.jpg
C’est cette visite, commentée par Mme Raffaella Gafa-Piskorz, guide conférencière, qu’un groupe d’adhérents de l’association a effectuée le dimanche 9 mars 2008 (2).
Les premiers panneaux qui accompagnent l’exposition, sont consacrés à la présentation du contexte archéologique dans lequel a eu lieu cette découverte :

Une première planche resitue l’évolution des limites de la ville (voir carte) à travers le temps et précise son importance à l’époque romaine. L’enceinte qui entourait la cité sur plus de 6 kms de longueur, englobait le site du chantier de fouilles.
Ensuite, une explication de l’environnement et de l’organisation architecturale des bâtiments mis au jour, permet de resituer la découverte des mosaïques dans deux pièces d'une même habitation, sans doute celle d'un riche notable romain.
Après cette phase très documentée, notre guide nous indique les différentes étapes et techniques (découpe de la mosaïque en 13 panneaux de 3 m2) qui ont été nécessaires pour déplacer les mosaïques de leur lieu d’origine jusqu’à cette présentation dans la chapelle des Jésuites. La restauration (3) a commencé par une séquence de nettoyage de surface avec consolidation des tesselles les plus fragiles.
Puis, un encollage composé de différentes strates de textiles (gaze de coton et toile de chanvre) fixées par un adhésif, a été mis en place afin de maintenir la cohésion de la surface du tessellatum (l'assemblage de tesselles de pierres uniformes) avant son retournement. Lors de la deuxième phase, il a été procédé au retrait du support de ciment armé et à son remplacement par un nouveau support en nid d’aluminium. La troisième et dernière phase consiste au retrait de l’encollage de surface, suivi d’un nettoyage fin, puis d’un long et méticuleux travail de réintégration des lacunes. L’objectif de cette restauration n’est pas de rendre quasi neuves les mosaïques comme cela pouvait se faire encore au siècle dernier où on les faisait briller, mais plutôt d’en conserver le plus possible l’authenticité avec les usures et la patine du temps. (4)
La mosaïque présentée au public, jugée exceptionnelle, couvre environ 35 m2 et se compose d'une série complexe de médaillons accueillant chacun un personnage, et illustrant un épisode du cycle dionysiaque (présence de ménades - femmes qui se consacrent au culte de Dionysos- et de masques de théâtre).
L’iconographie générale de la mosaïque se rapporte au dieu Dionysos. Les masques de théâtre incarnent la tragédie et la comédie que préside le dieu aux fêtes. L’association des quatre saisons à Dionysos est un thème classique de la vie renaissante. Les Ménades ou Bacchantes chez les Romains, sont « les femmes possédées » du dieu entourent la scène principale. Des oiseaux (canards, perruches, perdrix et huppes) et les têtes de divinités Pan et Silène complètent la composition de cette mosaïque.
Pour ce qui concerne la scène centrale, la première interprétation était basée sur une illustration du combat des dieux contre les géants où Dionysos terrassait de son thyrse le géant Eurytos. Après une étude approfondie, un autre épisode de la légende de Dionysos a été retenu : le châtiment de Penthée et Agavé qui a été porté à la scène par Euripide dans « les Bacchantes ».

Dans la mythologie grecque, Penthée (en grec ancien « la douleur, le chagrin »), fils d'Échion et d'Agavé (fille de Cadmos), est roi de Thèbes. Successeur de Cadmos sur le trône de Thèbes, il s'oppose à l'introduction du culte dionysiaque dans son royaume. Il résiste au nouveau culte que le dieu, déguisé, lui propose, et le fait arrêter ainsi que son cortège. Dionysos se libère, entraîne les femmes de la cité à sa suite et les emmène dans la forêt sur les pentes du mont Cithéron, où elles se livrent au culte orgiaque de Dionysos. Parmi elles se trouve Agavé, la mère du roi Penthée tante de Dionysos. Penthée travesti, va espionner les femmes du haut d'un pin. Aveuglées par le dieu, les ménades le prennent pour un animal sauvage et sa propre mère Agavé le met en pièces et ramène sa tête au bout de son thyrse (5)croyant que c'est celle d'un lion. Le meutre de Penthée par Agavé, sa mère.jpg
La tragédie se termine sur l'effroi d'Agavé reconnaissant son fils mort, la fuite de Cadmos et la victoire de Dionysos.
La représentation du meurtre de Penthée en mosaïque est la seule connue à ce jour dans le monde romain, seule une peinture murale de Pompéi présente une scène similaire.
Pompéi - Villa des Mystères - Meutre de Penthée.jpg
La mosaïque sera visible à la Chapelle des Jésuites jusqu’au 30 mars 2008, ensuite elle sera présentée dans la salle d'exposition temporaire du musée archéologique.
Une visite à faire absolument.
Compte rendu réalisé à partir des commentaires de Mme Raffaella Gafa-Piskorz.
(1) Sous la direction de Jean Yves Breuil
(2) Visite également ouverte au public qui était nombreux ce jour là.
(3) Atelier spécialisé "Mosaïques SARL" de Loupian sous la direction de Raymond Rogliano
(4) Propos de Dominique Darde, Conservateur du Musée Archéologique. Vivre Nîmes Février 2008.
(5) Bâton en bois de cornouiller, orné de feuilles de lierre et surmonté d'une pomme de pin. C’est l’attribut de Dionysos
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17.03.2008
La revue de presse
La presse continue à s'intéresser à la publication de l'ouvrage consacré à Albert Roux : Lou parage d'Usès/Le pays d'Uzès, contrairement à certaines librairies ou autres dépositaires de presse d'Uzès qui ont refusé d'en assurer la diffusion...
L'association remercie tous ceux qui ont accepté de le présenter au public.
Li nouvello de Prouvènço a consacré une page à Albert Roux Lou pouèto dou parage d'Usès. Cette revue mensuelle est destinée à relayer l’action culturelle des Pays d’Oc et des Associations Parlaren. Les associations "Parlaren" sont les continuatrices du Mouvement Parlaren, fondé en 1975 par André Ariès. On dénombre actuellement vingt-deux associations qui regroupent 1700 adhérents et militants au niveau de communes, de pays ou de départements. Une fédération départementale ou une association départementale existent dans les Alpes (Alpes-de-Haute-Provence et Hautes-Alpes), les Bouches-du-Rhône, la Drôme, le Var et le Vaucluse. (Information extraite du site Lou pourtau de la culturo pouvençalo)
Remarque : les auteurs des articles se nomment respectivement Jean Claude Roux pour Li Nouvello de Prouvènço et Jacques Roux pour Midi Libre....

Midi Libre du jeudi 28 février 2008.jpg

Li nouvello de Pouvènço 25 février 2008.jpg

Midi Libre du samedi 15 mars 2008.jpg
22:24 Publié dans Presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
01.03.2008
Ces monuments disparus
La Statue du Vice Amiral de Brueys
Des cartes postales du début du XXème siècle (patrimoine photographique) et un écrit en Langue d'oc de Léon Alègre, peintre archéologue de Bagnols sur Cèze, nous font revivre la statue du Vice-amiral BRUEYS qui trônait sur la promenade des Marronniers. Mais qui était donc ce personnage ?
L’AMIRAU BRUEYS
Lou 20 d’óutobre 1861, la poupulacioun d’Uzès a saluda de sis aclamacioun l’estatuo de brounze dóu Comte de Brueys, na en Uzès (1760)*, vice-amirau, coumandant de la floto que pourté l’armado franceso en Egito, tua au coumbat d’Aboukir (1798).
Sousprés pèr lis Anglés coumanda pèr Nelson, l’Amirau Brueys se bategué coume un lioun ; mourtalamen blessa, si cambarado lou voulien empourta foro dóu chaple : - « Un amirau francés, respondegué, déu mouri sus soun banc de quart !» E mourigué uno passado après, un boulet de canoun enlevè soun cadabre, e soun veisséu se préfoundé, au crid : Vivo la Republico !
M. lou Baroun de Fontarèche, pichot-nebout e eiritié de la véuso de Brueys, a paga largamen li frès de l’estatuo, qu’es de Duret (de l’Estitut) *; e l’estatuo, forço bello, rènd bèn l’entousiasme d’aquelo noble vèuso, quavans que de mouri disiè à l’estatuaire, en parlant de soun eros : « Fasès-me lou bèu coume un fièu d’Uzès, fér coumo un enfant dóu miejour. »
Bagnóu (Gard) LEON ALEGRE (1)
Traduction
L’AMIRAL BRUEYS
Le 20 octobre 1861, la population d’Uzès a salué de ses applaudissements la statue de bronze du Comte de Brueys, né à Uzès (1760), vice-amiral, commandant la flotte qui emmena l’armée française en Egypte, et tuait au combat d’Aboukir (1798).
Surpris par les Anglais commandés par Nelson, l’Amiral Brueys se battit comme un lion ; mortellement blessé, ses compagnons voulaient l’emporter loin du carnage : - « Un amiral français, répondit il, doit mourir sur son banc de quart ! » Et un instant après il mourut, un boulet de canon enleva son cadavre, et son vaisseau s’engloutit au cri de : Vive la République !
M. le Baron de Fontarèche, petit neveu et héritier de la veuve de Brueys, a amplement participé aux frais de la statue, qu’a réalisé Duret (de l’Institut) et la statue, fort belle, rend bien l’enthousiasme de cette noble veuve, qui avant de mourir disait au sculpteur, en parlant de son héro : « Faites moi le beau comme un fils d’Uzès, fier comme un enfant du Midi. »
Bagnols (Gard) LEON ALEGRE
Notes :
* Léon Allègre commet une erreur sur la date de naissance de Comte de Brueys mais peut être est ce une faute d’imprimerie ?
* Institut de France réunissant depuis 1795, cinq académies.
(1) Archéologue et peintre qui fut également, au XIXème siècle le fondateur et le conservateur de la Bibliothèque Musée de Bagnols-sur-Cèze (1869).
Texte extrait de l’Armana Prouvençau pèr lou bèl an de Diéu 1862
AD Gard 43 - J – 16/1 Fonds Gaussen
Traduction B.Malzac
Statue Amiral de Brueys - 1909
François Paul de BRUEYS d'Aigaliers, Vice Amiral (1753 -1798)
Le Comte François Paul de BRUEYS d'Aigaliers est né le 12 février 1753 à Uzès (paroisse de Saint Julien). Il est le fils du Baron François Gabriel de BRUEYS d'Aigaliers, Capitaine au régiment de Forez, Chevalier de Saint-Louis et de Marie de VIVET de Servezan.
Il fit ses études à Beaucaire puis Uzès et s’engagea dans la Marine à l'âge de 13 ans. Il partit au Levant (Syrie, Liban, Iran) comme volontaire sur le vaisseau le Protecteur.
Le 29 mai 1785, il épousa à Port-Royal de la Martinique, Marie Anne AUBIN de Bellevue dont il eut 3 enfants.
Ensuite, il devint Lieutenant de la Marine royale sous l'Ancien Régime et participa à la guerre
d'indépendance des Etats-Unis.
Au commencement de la révolution, quoique noble, il n'émigra pas, et, fut promu Capitaine de vaisseau à la fin de 1792. Il eut le commandement d'un vaisseau qui fit partie de l'escadre conduite par le Contre-amiral Truguet (commande les forces navales de la Méditerranée) sur les côtes de Naples et de Sardaigne.
Frappé par la loi qui excluait les nobles des emplois civils et militaires, il est destitué en 1793. Il fut rappelé sous le ministère de Truguet. (Ministre de la Marine et des Colonies du Directoire du 4 novembre 1795 au 15 juillet 1797) et réintégré en 1795. Il est nommé Major Général sous le commandement de l’Amiral Justin Bonaventure Morard de Galles pendant l'expédition d'Irlande en 1796.
Promu Contre-amiral en novembre 1796, Truguet lui donna l'ordre d'aller croiser dans l'Adriatique, mais lorsqu'il arriva à Venise, la paix avec l’Autriche avait été conclue (Traité de paix de Campo Formio signé le 17 octobre 1797). De ce fait, il fit voile vers les îles Ioniennes, et fut obligé, pour y rester un certain temps, d'avoir recours à Ali Pacha de Janina (fut le gouverneur de la région de l'Épire pour le compte de l'Empire ottoman). Il s'empara des îles ioniennes et des navires vénitiens mouillés à Corfou puis retourna à Toulon.

Statue Amiral de Brueys - 1913
Napoléon Bonaparte le remarqua et le nomma Commandant en chef de la flotte (194 navires et 19.000 hommes) destinée à transporter l'Expédition d'Égypte (de 1798 à 1801).
A la suite de la prise de Malte, il se dirigea vers Alexandrie et après avoir échappé presque par miracle à la poursuite de Nelson., il arriva dans la rade d'Aboukir le 2 juillet 1798 (baie située à 23 Kms au nord-est d'Alexandrie).
L’amiral Brueys, sachant qu’il allait être attaqué avait choisi cette position car il pensait que ses équipages réduits et peu expérimentés avaient de meilleures chances dans la rade qu’en pleine mer. Napoléon, avec son grand bon sens habituel, pressentant que Brueys ne pourrait résister à Nelson, lui avait dépêché une estafette avec l’ordre de se réfugier à Corfou. Hélas ! le capitaine porteur de la missive fut intercepté et tué en cours de route.
Horatio Nelson qui commandait la flotte britannique l'attaqua dans la rade d'Aboukir, le 1er août 1798. Le combat fut terrible, mais la victoire se décida pour les Anglais. Dès lors Brueys ne chercha plus que la mort. Atteint de deux blessures, il ne voulut pas descendre pour se faire soigner : Un amiral français, dit-il, doit mourir sur son banc de quart. Brueys est tué à sa troisième blessure avant que n’explose son grand vaisseau amiral, L’Orient (118 canons).
En tant que marin d'Empire, son nom figure sur l'arc de triomphe de l'Étoile, à Paris.
Sa veuve de l'amiral mourut à Saint Chaptes à l'âge de 92 ans le 26 mars 1859 laissant pour héritier le baron de Fontarèche petit-neveu de l'amiral son mari.

Statue Amiral de Brueys - 1915
La Statue
La statue, aujourd’hui disparue, est l’œuvre du sculpteur Duret Francisque Joseph (La Force civile – La force militaire au Dôme et l’église Saint-Louis des Invalides). Elle était posée sur un socle en pierre mouluré à emmarchement de plan carré et implantée sur la promenade des Marronniers. Elle représentait le Vice amiral, Comte de Brueys, près d' une ancre de marine ; avec des palmes, des guirlandes, des vagues sculptées sur le socle, et d’une hauteur de 7 mètres.
L’inscription était une dédicace gravée sur la face principale du socle, ainsi résumé : Au Vice amiral comte de Brueys né à Uzès en 1753 mort à Aboukir en 1798
Ce monument a été érigé à l'initiative de Marie de VIVET de Servezan, veuve de Brueys et avec la proposition du conseil municipal d’Uzès de mai 1857. L’inauguration eut lieu le 20 octobre 1861.
C’est en mars 1942 que l’enlèvement de la statue fut ordonné par ordre préfectoral du 23 janvier 1942. Cette décision a été prise dans le cadre de la réquisition des métaux non ferreux : en 1941, le ministère de la Production et de l’Industrie réquisitionne et récupère les métaux non ferreux pour les besoins de l’industrie française. Ensuite, elle a été stockée Béziers, aux établissements Valette et Rouanet, avec sursis de quinze jours avant sa destruction afin que la ville d’Uzès puisse faire réaliser à ses frais un moulage.
Actuellement, la face principale du socle avec dédicace a été placée sur l’escalier monumental qui permet d'accéder à la Cathédrale.
Inauguration de la statue le 20 octobre 1862 par M. Chabanon, maire d'Uzès
Sources :
- Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850 par Charles Mullié.
- Généalogie de Mike Morice.
- Service régional de l'inventaire Languedoc-Roussillon.
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